CHAPITRE TROISIÈME
et installé avant d'être aimanté et la balance est exactement équilibrée. Puis, lorsqu'il est rendu solidaire du fléau, le barreau d'acier est aimanté sur place au nioyen de deux solénoïdes parcourus par un courant électrique et que Ton place de part et d'autre du point neutre de Taimant qui coïncide sensiblenaent avec le couteau C (fig. 149). On procède alors à la mesure du n^oment magnétique et, cette mesure faite, on installe l'ensemble sur le support C des couteaux, de manière que le plan déterminé par le fléau et le barreau AB, coïncide avec le
Fig. 149
méridien magnétique. On constate alors que l'équilibre est rompu et qu'il faut ajouter des poids dans Tun des plateaux pour le rétablir. Soit p la valeur de ces poids ; / la longueur du bras de levier DC ; Jb le moment magnétique du barreau et h l'intensité de la composante horizontale du magnétisme terrestre. On a, lorsque l'équilibre est établi,
pi == M)h (i'oii
3^} étant connu ainsi que p et /, on en déduit h.
Pour déterminer la composante verticale, le même procédé est applicable ; il suffit de modifier la position du barreau AB et de le placer horizontalement.
284. — Cette méthode qui convient lorsqu'on ne veut faire que des observations isolées, ne se prêterait pas à l'enregistrement photographique ; pour parer à cet inconvénient de légères modifications suffisent. Les deux composantes ne varient, pendant le cours d'une
année, que de quelques centièmes de leur valeur ; il en résulte que la variation du poids nécessaire pour établir Téquilibre rigoureux est, en valeur absolue, de quelques milligrammes. On peut dès lors se dispenser de rétablir l'équilibre chaque fois qu'il est rompu ; il suffit de profiter de la propriété que possèdent les balances de se transformer en peson lorsque le centre de gravité du fléau et des pièces qui en sont solidaires est situé au-dessous du couteau C. Le fléau prend alors des positions d'équilibre qui dépendent de l'excès, positif ou négatif, du couple développé par l'aimant, sur le couple pour lequel l'équilibre a été primitivement établi et, dans ces positions, il fait avec l'horizontale des angles proportionnels à cet excès. Il suffit donc d'enregistrer avec un miroir les angles dont il dévie pour en conclure les variations de la composante horizontale.
285. — Nous remarquerons, en terminant l'énumération des procédés employés pour mesurer l'intensité du magnétisme terrestre, que, dans tous, on s^appuie sur la valeur, supposée connue et invariable, du moment magnétique d'un aimant. Or^ il est certain que cet élément éprouve des changements fréquents dus à des causes insignifiantes comme : un choc, l'approche momentanée d'une masse de fer ; il vaudrait donc mieux, suivant nous, renoncer pour cet objet à l'emploi des aimants permanents et se servir d'électro-aimants qui auraient l'avantage d'être beaucoup plus puissants et dont le moment magnétique pourrait être très facilement rendu absolument constant. Nous reviendrons d'ailleurs sur ce sujet dans le chapitre relatif h TElectro-magnétisme.
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