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CHAPITRE QUATRIÈME ÉLECTROMÉTRIE

§ 1. — ËLECTROMËTRES ABSOLUS.

441. - Les grandeurs que l'on peut avoir à mesurer en Electrostatique sont : le Potentiel, la Quantité d'électricité, la Capacité électrique d'un Conducteur, le Pouvoir inducteur spécifique d'un diélectrique. Nous passerons successivement en revue les divers procédés qui servent à effectuer ces mesures.

Les instruments destinés à la mesure du Potentiel électro-statique sont généralement connus sous le nom d'Electromètres. Le plus ancien de tous est l 'électromètre à pendule composé d'un fil auquel est suspendue une boule de sureau. En plaçant l'appareil sur un corps électrisé, la boule de sureau, se chargeant d'électricité de même signe que le corps, est repoussée, et de l'angle que fait avec la verticale le fil de suspension, on pourrait déduire le potentiel. Mais ce serait là un procédé peu exact, et ce genre d'électromètre n'est guère employé que pour montrer le degré plus ou moins grand de charge des batteries destinées aux expériences de fusion et de volatilisation des fils métalliques.

142. — Balance de torsion de Coulomb. — Nous avons vu (74) que la balance de torsion de Coulomb (fig. 59) peut servir à mesurer le potentiel ou la différence de potentiel de deux corps électrisés, et qu'elle constitue même un appareil que l'on pourrait qua-

Fig. 59. — Balance de lorsioD de Coulomb.

iifier d'absolu, puisqu'il suffit de mesurer l'effort attractif ou répulsif de deux sphères dont le rayon et la distance sont connus, pour en déduire la différence de potentiel cherchée. Nous avons déjà indiqué (74) la manière de se servir de cet appareil ; quant à sa description, les lecteurs la trouveront dans tous les traités de physique. Nous avons également expliqué les motifs pour lesquels son usage ne s'est pas répandu et pourquoi on a dû chercher des appareils plus sensibles, plus faciles à manier, en un mot plus pratiques. Il en existe de deux sortes : les instruments dits absolus parce qu'on peut calculer d'avance, en fonction de leurs dimensions, l'effort développé sur les pièces mobiles par une différence de potentiel donnée ; et les instruments usuels gradués par comparaison avec les premiers. Nous allons décrire d'abord les Electromêtres absolus,

143. — Electromètre absolu de 'William Thomson. — Principe, — Nous avons vu (123) que l'effort attractif exercé par l'armature d'un condensateur, supposée indéfinie, sur une portion de l'autre armature est représenté par l'expression

dans laquelle F est l'effort en dynes mesuré perpendiculairement au plan des armatures ; a la surface en centimètres carrés de la portion d'armature considérée ; V la différence de potentiel des deux armatures, exprimée en unités électro-statiques; x la distance des deux armatures en centimètres. On en tire

Si bn prend F constant, on voit que V est propo/^tionnel à x.

La figure schématique 60 fait voir les dispositions principales de l'appareil. La partie électrique, se compose d'un condensateur plan de forme circulaire A A, BB, à lame d'air, dont le plateau inférieur peut être rapproché ou éloigné du plateau supérieur fixe AA, au moyen d'une vis micrométrique CD. Le plateau supérieur est percé d'une ouverture circulaire dans laquelle peut se mouvoir un disque a

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