CHAPITRE PREMIER
potentielle n'existe plus après le ramollissement de la lame sous Taction de la chaleur, puisque le métal perd, sous celte action, ses propriétés élastiques. Mais comme cette énergie potentielle est indestructible, elle a nécessairement dû se transformer en chaleur au moment où la lame a perdu son élasticité sous Faction de la température. 11 aura donc fallu fournir au métal pour Tamener à cette température, une quantité de chaleur moindre que s'il n'avait pas été courbé à froid.
Nous voyons par cet exemple que la chaleur spécifique d'une lame d'acier courbée d'avance, doit être, enapparencCy plus petite que celle d'une lame d'acier à l'état naturel.
Cet exemple peut être généralisé d'une foule de manières ; c'est ainsi qu'un morceau d'acier aimanté, c'est-à-dire capable de produire du travail par son attraction sur un morceau de fer, doit exiger moins de chaleur pour être porté à la température du rouge, à laquelle il perd son aimantation (sans la recouvrer après par un refroidissement), que s'il n'était pas aimanté avant d'être chauffé.
19. — Il y a beaucoup de formes de l'énergie potentielle : la gravité qui permet de restituer à un corps pesant le travail dépensé pour rélever à un certain niveau ; l'élasticité des solides, des liquides et des gaz, qui permet de leur faire emmagasiner du travail en les déformant ou en diminuant leur volume ; les corps explosifs au moyen desquels on peut imprimer à un projectile une force vive qui représente une fraction de l'énergie potentielle qu'ils renferment; en général toutes les actions chimiques dans lesquelles il y a à la fois production de chaleur et emmagasinement d'énergie.
On pourrait même dire que la chaleur elle-même, est une des formes de l'énergie potentielle, puisque, si un corps pouvait être maintenu chaud sans déperdition, on pourrait à un instant quelconque, s'en servir comme d'une source de travail ; mais qui ne pourrait, à la vérité, restituer qu'une petite partie de l'énergie totale sous forme de travail mécanique, ainsi que nous l'apprend la théorie mécanique de la chaleur.
20. — Disons en terminant, que dans toute transformation d'éner-
DBPBGC, ÉLECTR. IXDUSTn. — T. I, FASC. 1 2
gie, il est impossible de transformer intégralement un travail mécanique en énergie cinétique ou potentielle et qu'il y a toujours une partie de ce travail qui se transforme en chaleur. II résulte de là que la chaleur est la forme ultime vers laquelle tendent les transformations de l'énergie qui s'accomplissent dans un système matériel.
Nous verrons dans la suite de ce cours que le principe sur lequel nous venons de nous étendre est d'une application constante, et que beaucoup de problèmes ne pourraient être résolus sans lui.
§ 5. — POTENTIEL GRAVIFIQUE.
21. — Potentiel. — Le Potentiel est une quantité qui joue un rôle considérable en électricité, mais dont les applications ne sont pas limitées à cette science. Nous allons faire voir qu'il n'est pas nécessaire de connaître l'existence des phénomènes électriques pour être amené à la notion du potentiel.
On sait que les lois de la gravitation universelle, découvertes par Newton, peuvent se résumer dans la formule suivante : Si on désigne par m et m' la quantité de matière contenue dans deux masses matérielles supposées très petites par rapport à la distance x qui les sépare ; par / une force dont nous allons préciser la valeur dkns un instant, et par F l'effort attractif mutuel des deux masses mm' dirigé suivant la droite qui les joint, on a :
Faisons dans cette équation
on aura : F = /.
Donc / est la valeur de Teffort attractif développé entre deux
masses égales chacune à l'unité et dont les dimensions sont supposées
ti'ès petites par rapport à la distance x qui les sépare ; cette distance
étant égale à l'unité.
Comme nous le verrons dans la suite (lois de Coulomb), cette loi