CHAPITRE PREMIER
une consommation d'énergie, qui, n'étant pas potentielle, apparaît sous forme de chaleur développée dans le plomb : et cette chaleur, sans qu'il soit besoin de faire aucune hypothèse sur sa nature intime, représente exactement l'énergie cinétique primitive du poids p ; c'est du moins la conséquence logique à laquelle on est amené en admettant le principe de la conservation de l'énergie. Or la chaleur, n'étant pas une des formes de l'énergie potentielle, nous ne pouvons la concevoir que comme affectant elle-même la forme de l'énergie cinétique. Ce qui revient à dire, que les molécules d'un corps chaud doivent être animées de vitesses croissantes avec la température du corps, et que l'accroissement de force vive des molécules de ce corps, animées ainsi de vitesses qu'il nous est impossible de mesurer et môme de constater, représente exactement la destruction apparente de la force vive du poids p,
16. — Equivalent mécanique de la chaleur. — Les recherches expérimentales, très nombreuses, qui ont été faites pour établir une relation numérique entre la chaleur et l'énergie, ont montré que, toutes les fois qu'un phénomène quelconque donne lieu à une destruction apparente d'une quantité d'énergie égale à 425 kilogrammètres, il y a production d'une unité de chaleur ou calorie. Cette unité de chaleur est celle qui est nécessaire pour élever de un degré centigrade, la température de un décimètre cube d'eau prise à la température de 4**.
On donne souvent à cette unité le nom de grande calorie^ par opposition à l'unité mille fois plus petite appelée petite calorie, et dans laquelle l'unité de masse est le centimètre cube d'eau.
Remarquons en passant, que la température n'a pu jusqu'à présent, être ramenée aux unités fondamentales (espace, tem^)s, masse), et qu'elle constitue une unité sin generis^ absolument empirique; tandis que la quantité de chaleur, grâce à la découverte de l'équivalence entre la chaleur et le travail, peut être ramenée aux unités fondamentales.
17. — Nous pouvons maintenant évaluer une petite calorie en unité de travail C.G.S.
Nous venons de dire (16) qu'une petite calorie équivaut à la millième partie d'une grande calorie ou à
425 kilogrammètres lÔÔÔ
Or un kilogrammètre vaut 98 100 000 ergs ; donc une petite calorie
a pour valeur les j^ de 98 100 000, c'est-à-dire 41 692 500 ergs.
Inversement un erg exprimé en petite calorie a pour valeur :
wmm = «•'««« ««« '-'' 9«-
18. — Exemple des applications du principe de la conservation de l'énergie. — Nous avons dit plus haut que ce principe dominait toutes les sciences physiques ; il permet en effet de prévoir une foule de phénomènes dont un certain nombre peuvent être vérifiés par l'expérience ; et dans ce cas, le principe n a jamais été mis en défaut. Dans d'autres cas, au contraire, l'expérience est impossible à faire, et cependant, on peut affirmer qu'elle ne saurait contredire les déductions tirées de ce principe.
Prenons, par exemple, une lame d'acier primitivement droite, et à laquelle on donne la forme d'un arc dont les deux extrémités sont maintenues au moyen- d'un fil inexteusihlp. Pour courber cette lame, il aura fallu dépenser une certaine quantité cte-lravail qui va rester emmagasiné dans la lame d'acier sous forme d'énei^^ie potentielle.
Portons maintenant le métal à une température ^capable de ramollir la lame d acier et de lui faire perdre toute tendanc^ reprendre la forme rcctiligne. (Le fil étant supposé inaltérable sous Vaclion de la chaleur.)
Pour porter la lame à une température capable de la ramo\lir- il faut dépenser une certaine quantité de chaleur qui dépend de c\ qi^e Ton appelle la chaleur spécifique du métal considéré. Cette quailtîté de chaleur, étant équivalente à une certaine quantité d'énergie, Aela revient à dire que, pour chauffer notre lame à la température voulue» il faut lui fournir une certaine quantité d'énergie. Or elle conlen#ît avant d'être chauffée une quantité d'énergie potentielle équivalence au travail dépensé pour lui donner la formQ courbe ; cette énerg
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