CHAPITRE QUATRIÈME
lorsque la position du levier HK est invariable, et Ton s'arrange alors de manière que Teffort constant auquel est soumis le plateau a soit dirigé de bas en haut. Pour déterminer cet effort constant, on met dans a des poids tarés p, en quantité suffisante pour amener l'index J devant le repère, position dans laquelle le plan inférieur du plateau a coïncide exactement avec le plan de Tanneau de garde. Si on enlève le poids, le levier HK se relève d'une petite quantité et vient buter contre un arrêt. Il est évident que si on soumet ensuite le plateau a à l'action d'une force quelconque qui le ramène dans la position réglementaire, cette force sera exactement égale à p somme des poids tarés. L'instrument constitue donc un électromètre à force constante et le potentiel se détermine, par la formule donnée plus haut, en faisant varier la distance des plateaux AA, BB, au moyen de la vis micrométrique dont le pas, dans les instruments cités plus
haut, est de ^ millimètre; la tête de la vis est divisée en 100 parties, de
sorte qu'on peut évaluer la distance des deux plateaux avec une
approximation de ^rrrrr de millimètre.
150. — Pour montrer la nécessité absolue d'employer un potentiel auxiliaire, comme nous Tavons indiqué dans le numéro précédent, lorsqu'on veut mesurer en unités électro-statiques les potentiels faibles tels que ceux des piles, cherchons l'attraction exercée sur un disque de 5 centimètres de diamètre, à 1 millimètre de distance, par l'armature inférieure BB, en supposant que les deux armatures soient mises en communication avec les pôles d'un couple Daniell. Les mesures faites par William Thomson ont donné pour valeur de la différence de potentiel de cette pile, à circuit ouvert, le nombre 0,00374 d'unité électro-statique.
L'attraction calculée par la formule
serait donc égale à
a *' , K* J /ivnr
soit environ
1 milligr.
Ainsi le poids taré, capable de ramener le plateau a dans sa position
réglementaire, serait d'environ jïnïâ ^^ milligramme. La formule
précédente peut, en supposant r = r', se mettre sous la forme
qui va nous permettre de calculer ce que doit être le poids taré dans les instruments dont nous parlions plus haut (149) et dans lesquels une variation de distance des deux plateaux égale à 1 millimètre, correspondait à une variation de potentiel de 200 Daniell, soit 0,748 unité électro-stalique. On tire de là
2,25 ou 36 milligrammes.
151. — On voit en résumé, que les attractions développées dans les
électromètres par des différences de potentiel telles que celles qui
sont employées dans l'industrie (dont le maximum est de 10000 volts
ou 33,3 unités C.G.S., tandis que la valeur ordinaire est de 100 volts
ou ^ d'unité) , sont toujours très petites et qu'elles deviennent
presque immesurables, au moins par la méthode idiostatique, lorsque la. différence de potentiel est de quelques volts. Les électromètres sont donc nécessairement des instruments très délicats, dont la construction exige beaucoup de précision et le maniement beaucoup de précautions. Cependant ils présentent, au point de vue théorique, des avantages si marqués sur les appareils nommés voltmètres et basés sur l'emploi des courants électriques, que Ton a fait de grands efforts pour les rendre d'un emploi facile, et on peut dire que ces efforts ont été en partie couronnés de succès, du moins lorsqu'il s'agit de potentiels d'au moins 100 volts.
152. — Nous venons de voir que l'emploi d'un potentiel auxiliaire élevé augmente beaucoup Texactilude de la mesure d'un potentiel faible auquel on l'ajoute; mais cet artifice n'est pas toujours possible.