CHAPITRE QUATRIÈME
servant d'électromètres à haut potentiel, tandis qu'il semblerait bien plus naturel d*employer directement les bas potentiels fournis directement par les piles. Il n'est pas inutile de retracer en peu de mots les motifs qui nous. ont déterminé à adopter la méthode dont la représentation figurative se trouve au numéro 146.
1° On ne connaît, dans Tétat actuel de la science, aucuu moyen direct et simple de mesurer un potentiel en unités absolues électromagnétiques. La valeur du Volt, unité industrielle adoptée dans le monde des électriciens, n'est représentée que par des piles-étalons dont la force électro-motrice dépend de tant de conditions et varie avec tant de causes, comme nous le verrons dans la suite, que personne ne peut assurer aujourd'hui que les Voltmètres donnent des indications exactes à 2 7o près.
2° Le potentiel électro-statique peut, au contraire, être mesuré à chaque instant au moyen d'une simple pesée dont l'exactitude peut ôtre aussi grande que l'on veut à la condition que le potentiel soit élevé et que les dimensions géométriques de Télectromètre soient bien connues.
3° Ce potentiel élevé est très facile à obtenir au moyen d'une machine électro-statique de très petites dimensions. C'est ainsi que les machines à influence (du genre de celle de Varley), qui sont enfermées dans la poignée des allumoirs à gaz dont nous avons déjà parlé (139), permettent d'obtenir facilement une différence de potentiel de 3000 volts au moins et de la maintenir absolument fixe pendant plusieurs minutes, à la condition de se servir comme réservoirrégulateur d'un condensateur Bouty formé d'une feuille de mica argentée de moins de 100 centimètres carrés de surface.
4° Enfin le potentiel élevé, connu en unités absolues avec toute l'exactitude désirable, peut servir à la graduation d'instruments destinés à la mesure de potentiels beaucoup plus faibles, et par les procédés que nous avons exposés dans ce paragraphe et par d'autres que nous ne pourrons décrire que plus tard. On peut même, comme nous le verrons, graduer directement des voltmètres électro-magnétiques à bas potentiel, en partant de la mesure directe d'un haut potentiel, au moyen de l'électromètre absolu.
Tout ce que nous venons de dire suppose bien entendu que le rapport de Tunité C. G. S. de potentiel électro-slatique à Tunité G. G. S. de potentiel électro-magnétique est connu avec précision. Or les recherches théoriques de Maxwell ont montré que ce rapport doit être égal, à la vitesse de la lumière exprimée également en unités C. G. S., c'est-à-dire en centimètres par seconde; il doit donc différer très peu de trente billions, mais comme le Volt^ unité industrielle adoptée par le congrès des électriciens en 1881, a été pris égal à cent millions d'unités C. G. S. électro-magnétiques, il en résulte finalement que l'unité de potentiel électro-statique équivaut à
très peu près à ^^100000000^ = ^^" ''°"'-
Les recherches expérimentales faites par de nombreux savants pour déterminer la valeur exacte de ce rapport, recherches dont nous ne pourrons faire connaître le principe que lorsque nous traiterons de Télectro-magnétisme, ont confirmé complètement les déductions théoriques de Maxwell et on peut considérer le nombre de 300 volts
comme représentant, avec une erreur relative probablement moindre
que T^çTf. ' la valeur de Tunité de potentiel électro-statique.
On voit combien la précision des mesures électriques laisse encore à désirer et combien elle est inférieure à celle des mesures de longueur, de temps, et de masse, dont les étalons les pins grossiers sont certainement reproduits avec une erreur relative moindre
que