‹ Traité d'électricitéChapitre 42 sur 57 · II · texte numérisé non relu

II

liU2 ÉLSCTRicrrÉ dynamique.

résultats confirment Texactitude de cette dernière déduction de la théorie mécanique de la chaleur.

L'électromoteur employé était composé de cinq couples zinc amalgamé et platine platiné plongés dans de l'acide sulfurique étendu d'eau. Le courant mettait en mouvement un électro-aimant, qui, à son tour, servait à soulever un poids. La pile et Télectro-aimant, placés dans deux calorimètres différents, communiquaient à Taide de fils de cuivre recouverts de gutta-percha d'un diamètre tel que leur résistance était négligeable. Des poulies placées en dehors des calorimètres transmettaient le mouvement de l'électro-aimant au poids à soulever.

Lorsque l'électro-aimant n'était pas en communication avec le système des poulies, c'est-à-dire lorsque tout le travail du courant restait localisé dans les calorimètres, la somme des quantités de chaleur recueillies dans les deux calorimètres représentait exactement la quantité de clialeur développée par la dissolution du zinc dans la pile de cinq couples.

Mais, lorsque l'électro-aimant communiquait avec le système des poulies, le courant produisait hors des calorimètres un travail mécanique représenté par un poids élevé à une certaine hauteur. Dans ce cas, la somme des quantités de chaleur recueillies dans les calorimètres était toujours inférieure à la quantité de chaleur correspondante à la dissolution du zinc dans la pile de cinq couples. 11 y avait donc une certaine quantité de chaleur perdue^ qui, d'après les principes de la théorie mécanique de la chaleur, devait être V équivalent du travail mécanique accompli en dehors des calorimètres.

EFFSTS CALORIFIQUES. 463

Prenons, pour unité de chaleur, la quantité de chaleur nécessaire pour élever d*un degré centigrade la température d un kilogramme d'eau, et, pour unité de travail mécanique, le travail nécessaire pour élever un kilogramme à un mètre de hauteur ou le kilogrammètre. Si nous divisons le travail mécanique accompli hors des calorimètres par la quantité de chaleur perdue, le quotient doit représenter \ équivalent mécanique delà chaleur, c'est-à-dire le nombre de kilogrammètres que peut produire «ne unité de chaleur.

Il résulte des expériences de M. Favre que Véguivalent mécaniquedelachaleurest compris entre 626 et 666 kilogrammètres, et s'élève moyennement à 666.

Pour faire comprendre toute Timportanco des recherches de M. Favre, il suflit de rapproclier ce dernier résultat des diverses évaluations de ^équivalent mécanique de la chaleur données par M. Joule (1).

i 452 kilogrammètres.

Éqoivatcnll Au moyea de la dilatation des

mécaQi - ] gaz , i41 ^

que de la /Au moyen du frottement de

chaleur ] Teau contre Teau 430,36

détermi-lAu moyen du frottement du

né f mercure contre le mercure. . 432,40

Au moyen du frottement de la^ .o» mo fonte de fer contre la fonte de > . ' ' ^ ffer ) ^^^*^^

Moyenne générale. . . . 437,32

(1) Ann. de chim. et de phy$., 3' série, 1852, t. XXXV, p. 118 et saîTantes.

l\(\tl ÉLECTKICrrÊ DYNAMIQUE.

Ainsi, tandis que les expériences de M. Joule fixent à /i37 kilogrammètres l'équivalent mécanique de la chaleur, les recherches de M. Favre donnent IM kilogrammètres pour valeur moyenne de cet équivalent.

Les travaux de M. Favre démontrent donc d'une manière incontestable l'exactitude des principes suivants :

!• La totalité du travail dépensé dans la pile pour donner naissance au courant est représentée par la somme des actions chimiques accomplies dans les éléments voltaïques.

2° Quand le courant produit n'exerce et ne supporte aucune action extérieure, son intensité est toujoufô assez grande pour que la chaleur dégagée dans le circuit soit Yéquivalent du travail dépensé dans Télectromoteur.

3*» Quand le courant exerce une action extérieure, son intensité s'affaiblit, mais reste toujours assez grande pour que le travail dépensé dans l'électroraoteur soit égal à la somme du travail extérieur et du travail que représente la quantité de chaleur développée dans le circuit voltaïque.

Les reclierches de M. Favre lui ont permis de faire des rapprochements très importants entre l'action chimique accomplie dans le couple hydro-électrique et la quantité de chaleur que le courant développé peut produire sur son trajet ; cette partie de son travail jette un jour nouvonu sur la théorie des piles hydro-électriques. Les physiciens savent que le couple de Wollaston,

zinc amalgamé — cuivre

acide sulfuriquc étenrlu

EPFBTS CALORIFIQUBS. tik5

et le couple de Danieîl,

zinc amalgamé — cuivre acide sulfurique élcDdu — sulfate de cuivre'

sont, l'un et l'autre, insuffisants pour opérer la décomposition de Veau, tandis que le courant fourni par un seul couple de Grove,

zinc amalgamé — platiue

acide sulfurique étendu — acide azotique*

décompose l'eau. Des résultats de M. Favre découle une explication très simple de cotte supériorité du couple de Grove sur celui de Wollaston et sur celui de Daniell.

La combinaison d'un équivalent d'hydrogène avec un équivalent d'oxygène produit 34^62 unités de chaleur ; quel que soit le moyen employé pour l'opérer, la décomposition d'i/rt équivalent d'eau entraîne donc. nécessairement une perte de ^liU62 calories. D'ailleurs, les lois de l'action électrolytique définie montrent (tome I, p. 529) que, pour un équivalent d'eau décomposée dans le voltamètre interpolaire, il y a toujours un équivalent de zinc dissous dans chacun des couples de l'électromoteur.

Dans le couple de Wollaston, l'action chimique génératrice du courant est la dissolution du zinc amalgamé dans l'acide sulfurique étendu. Nous savons, d'autre part, que la dissolution d'wn équivalent de zinc amalgamé produit 1Ô796 calories. Par conséquent, le courant fourni par un seul couple de Wollaston ne peut développer, en un point quelconque de son trajet, que 18796 unités de chaleur, c'est-à-dire à peu près la moitié de la quantité de

Uiiù ÉLECTEICITÉ DYNAMIQUE.

chaleur nécessaire pour opérer la décomposition d'un équivalent d'eau. Il n'est donc pas étonnant qu'avec un seul couple de Wollaston , on ne puisse pas décomposer Teau.

Dans le couple de Daniell, Faction chimique génératrice du courant se compose (tome I, p. 565) d'une action positive, la dissolution du zinc amalgamé dans l'acide sulfurique étendu, et d'une action négative^ la réduction du sulfate de cuivre. Or la sulfatation d'wn équivalent de zinc amalgamé produit 53258 calories, tandis que la réduction d'un équivalent de sulfate de cuivre, d'après les déterminations de M. Favre, absorbe 29605 calories. Par conséquent, le courant fourni par un seul couple de Daniell ne peut développer, en un point quelconque de son trajet, que 53258 — - 29605 = 23653 unités de chaleur ; il est donc tout simple que ce courant ne puisse pas opérer la décomposition de l'eau.

Dans le couple de Grove, l'action chimique génératrice du courant se compose (tome I, p. 565) d'une action /)o«tive, la sulfatation du zinc qui produit toujours 53258 calories, et d'une action négative, la réduction de l'acide azotique. On peut admettre que l'acide azotique AzO^ est transformé en Az02+ 0^, auquel cas sa réduction, d'après les déterminations de M. Favre, absorberait 6885 calories pour la mise en liberté d'wn équivalent d'oxygène; on peut admettre aussi que l'acide azotique AzO^ est transformé en AzO^ + 0^, auquel cas sa réduction absorberait i^6^k calories pour la mise en liberté d'un équivalent d*oxygène. Il est probable que cesdeux réactions s'accomplissent à la fois dans le couple de Grove, mais il serait difficile de déter-

EFFBTS CALORIIPIQUES. UUl

miner laquelle des deux est prédominante. Dans tous les cas, les considérations précédentes fournissent deux limites, entre lesquelles est comprise la quantité de chaleur produite par l'action chimique génératrice du courant dans le couple de Grave. Cette quantité de chaleur ne saurait dépasser 53258 — 6885 = UG*S1Z calories, et ne saurait être moindre que 53258 — 1363^ = 3962^ calories. Ainsi donc le courant fourni par un seul couple de Grove peut développer, en un point quelconque de son trajet, une quantité de chaleur comprise entre 3962ii et /46373 calories ; ce résultat explique très bien pourquoi ce courant est capable d'opérer la décomposition deTeau.

Après ce que nous venons de dire, il est facile de comprendre pourquoi il suftit d'ajouter de l'acide azotique à l'acide sulfurique étendu qui compose le liquide actif de la pile de WoUaston, pour rendre l'action chimique du courant plus intense. Cette addition a évidemment pour effet de rendre plus considérable la quantité de chaleur que produit la dissolution du zinc, et que le courant peut utiliser en un point quelconque du circuit pour opérer la décomposition des électrolytes qu'il traverse.

M. J. Regnauld (1) a pris pour point de départ les travaux de M. Favre, et a présenté sous un jour nouveau l'étude des rapports qui existent entre l'action chimique génératrice et la force électromotrice d'un courant. Il a pris la quantité de chaleur dégagée dans une action chimique quelconque pour mesure de l'affinité des éléments " en présence, et il a cherché si les rapports des forces élec-

(!) R&cherehes iurlet forces électromotrices. Paris, 1855, p. 53.

hUS ÉLECTRICITÉ DYNAMIQUE.

tromotrices des divers couples ne sont pas les mêmes que les rapports 'des quantités de chaleur développées ou des affinités mises en jeu dans Fintérieur de ces couples. Or, diaprés ce que nous avons vu plus haut :

Le rapport des quantités de chaleur développées dans le couple deGrove et dans le couple de Daniellest compris entre

et

tandis que le rapport des forceis électronaotrices de ces deux couples est , page 139, d'après les mesures de M. J. Regnauld:

Ce résultat nous conduit naturellement à cette conclusion, que:

Si Ton prend la quantité de chaleur développée dans une action chimique pour mesure de Taffinité des éléments en présence, la force électromotrice d'un couple est proportionnelle à la somme des affinités mises en jeu dans l'action chimique génératrice du courant.

Mais, avant d'admettre un semblable principe comme général, il serait nécessaire, ainsi que le fait très judicieusement observer M. J. Regnauld, de comparer un grand nombre de couples dans lesquels des métaux très différents pris pour éléments positifs seraient attaqués par

EFFBTS CALORIFIQITBS. Uk9

divers liquides actifs. Malheureusement, cette comparaison n'est pas possible dans Tétat actuel de la science, parce que la chaleur d'oxydation de ces métaux n'est pas encore connue.

InSnence de l'amalgamation dn métal positif du eovpie. — Il résulte des observations de M. J. Regnauld (1) que la force électromotrice des couples dont le métslposih'fesi du zinc amalgamé l'emporte sur celle des mêmes combinaisons voltaïques dont le métal poseVi/ est du zinc pur. L'explication qu'il a donnée de cette supériorité du zinc amalgamé rentre dans l'ordre d'idées que nous venons de développer. — Quand le zinc pur solide se dissout dans l'acide sulfurique, il y a une certaine quantité de chaleur employée à opérer la liquéfaction du métal^ et complètement p^rdwe pour l'intensité de la force électromotrice. — Au contraire, avec le zinc amalgamé y le métal est déjà liquéfié par sa combinaison avec le mercure, et n'a pas besoin de changer d'état ou iVabsorber de la chaleur pour s'unira l'acide sulfurique. — Ladissolution du zinc amalgamé dems l'acide sulfurique doit donc donner plus de chaleur et, par suite, une force électromotrice plus intense que la dissolution du zinc pur.

Cette manière de voir est confirmée par les résultats des recherches thermo-chimiques de M. Favre. Il résulte, en effet, de ses déterminations que la dissolution du zinc amalgamé dsius l'acide sulfurique produit 18796 calories, tandis que la dissolution du zinc pur n'en produit que 18^^/i. L'excès en faveur du zinc amalgamé est donc de 18796—184^4 = 352 unités de chaleur.

( I ) Recherches sur les forces électrômotrices, Paris, i 8î45, p. 45, 5 f.

A50 ÉLECTRicrré dynamique.

Cependant, si Tamalgamation du zinc, en ramenant le métal à Fétat liquide, favorise le développement de chaleur, il faut considérer que ce zinc amalgamé, pour s'unir à Tacide sulfurique, doit se séparer du mercure. Or, quelque &ible qu'on la suppose, cette combinaison du zinc et du mercure exige une certaine quantité de chaleur pour être détruite. Par conséquent, les 352 calories trouvées en faveur du zinc amalgamé ne traduisent, comme le fait observer M. J. Regnauld, que la différence de ces deux actions de sens inverses. Si donc la dissolution du zinc amalgamé dégage plus de chaleur et fournit une force électromotrice plus intense que la dissolution du zinc pur, c'est uniquement parce que la liquéfaction du zinc absorbe plus de chaleur que n'en dégage son amalgamatim ordinaire.

Du moment que l'effet produit par l'amalgamation du métal positif du couple est la résultante de deux forces de signes contraires, il est facile de comprendre comment M. Gaugain (i), en opérant sur des métaux amalgamés de nature différente et sur des amalgames du même métal contenant des proportions différentes de mercure, a trouvé que : « l'amalgamation peut avoir pour résultat » d'augmenter, de diminuer ou de ne pas modifier du » tout la force électromotrice du couple dont lès métaux » amalgamés font partie. » En effet, suivant les valeurs relatives des deux forces de signes contraires mises en jeu, leur résultante, qui seule commande l'effet final, peut être positive, négative ou nulle.

* (i j Comptes rendus de VAcad. des sciences, 1856, t. XLII, p. 430.

Inenee du mlllen ambiant sar réchauffement des tta métalU^ncs traversés par on courant voltaïque.

— On doit à Davy des expériences très intéressantes sur réchaufTement des fils métalliques traversés par les courants électriques. Dans un circuit voltaïque, on place un fil de platine très fin, et un appareil destiné à mesurer rintensité du courant. Le fil exposé à Tair libi'e s'échauffe et rougit; si alors on le plonge dans Teau ou dans un liquide quelconque qui le refroidisse, le fil cesse d'être rouge, et, à mesure que sa température s'abaisse, l'intensité du courant augmente. L'explication de ce résultat se présente d'elle-même : nous savons, en effet, que la résis» tance des fils métalliques est d'autant plus faible que leur température est plus basse.

Prenons un fil de platine rougi par le passage d'un courant voltaïque, et refroidissons une portion du fil en appliquant dessus un morceau de glace ; immédiatement les portions qui ne sont pas en contact avec la glace prennent une température plus élevée, passent au rouge blanc ^ et peuvent même être fondues si le fil a été refroidi dans une grande étendue. Ce phénomène, fort singulier au premier abord, tient à ce que la résistance du circuit est diminuée, et par suite l'intensité du courant augmentée par le refroidissement d'une portion du fil. Dès lors les parties du fil non refi:*oidies, étant traversées par un courant plus intense, doivent s'échauffer davantage.

Le travail de M. Harris (1) sur les effets de la décharge contient une expérience très intéressante. L'électricité

(1) Bibliolh. univ. de Genève, 1838, t. XVII, p. 175.

Zi52 ÉLECTRICITÉ DYNAMIQUE.

étaifr transmise par un fil de fer très fin, tendu dans un vase de verre qui permettait de faire le vide autour du fil. — L*air étant fortement raréfié, on pouvait décharger une forte batterie à travers ce fil sans Véchaufier assez pour le rendre lumineux ; ce fil se détachait en noir dans Taxe d'une auréole de lumière qui Tenveloppait dans toute son étendue. — Lorsque l'air de l'intérieur du vase reprenait sa tension ordinaire, la décharge d'une batterie, dont la surface n'était pas le cinquième de celle de la précédente, suffisait pour rougir et fondre le fil. — Dans le premier cas, la résistance de l'air raréfié était moindre que celle du fil métallique, la majeure partie de la décharge passait à travers le gaz sous forme de gerbe lumineuse, et, par suite, la quantité d'électricité transmise par le fil et la quantité der chaleur développée étaient faibles. Mais, quand Tair était à la pression ordinaire, réchauffement du fil était considérable, parce que la résistance du gaz ambiant forçait la décharge tout entière à traverser le fil métallique.

M. Grove (1) a publié une étude très complète de l'influence des gaz environnants sur le degré d'échauffement que prennent les fils métalliques traversés par les courants voltaïques. A et B (Fig. Ixik) sont deux tubes de verre; dans chacun d'eux est placée une spirale de platine; ces spirales sont formées avec deux échantillons de même longueur d'un fil très fin. Les deux tubes sont bien exactement fermés avec des bouchons de liège ; A est rempli d'oxygène, et B d'hydrogène. Des fils de

(1) Biblioth. univ, de Genève, 1849, t. XII, p. 263.

EVFbJS CALORIFIQUES. ^53

cuivre servent à mettre les spirales en communication Tune avec Tautre et avec les pôles d'une pile. Les tubes A et B sont plongés dans des quantités égales d'eau prises à la même température. Quand le circuit fut fermé, le fil

du tube A entouré d'oxygène devint i^ouge blanc^ tandis que le fil entouré d'hydrogène dans le tube B ne s'échaufla pas d'une manière visible. Au bout de cinq minutes, M. Grove rompit le circuit : il trouva alors que la température de l'eau du vase N, dans laquelle plongeait le tube B plein d'hydrogène, ne s'était élevée que de 5^56, tandis que celle de l'eau du vase M, dans laquelle plongeait le tube A plein d'oxygène, s'était élevée de 1 1%63. M. Clàusius (1) a donné la véritable explication de ce phénomène, qu'il considère comme un effet de la propriété dont jouit l'hydrogène d'avoir un pouvoir refroidissant supérieur à celui de l'oxygène. « En effet, dit-il, le gaz qui refroi- » dit le plus le fil de platine, Ae rend par là même plus V conducteur, et, en affaiblissant ainsi la résistance qu'il

(1) Bibliolh, univ. de Genève, 1853, t. XXII, p. 269.

ll5U ÉLECTRICITÉ DYNAMIQUE.

D oppose à la transmission du courant, diminue en même » temps la chaleur développée par cette transmission, » quantité qui dépend elle-même du degré de résistance » présenté par le fil. Par contre, le fil placé dans le gaz » doué d*un pouvoir refroidissant moindre doit s'échauffer » davantage, puisque la résistance augmente par le seul » fait que sa température peut demeurer plus élevée. » Cette explication, dont Texactitude a été mise hors de toute contestation possible par les expériences de M. Viard (1), s'applique également à tous les résultats du même genre observés par M. Grove dans des milieux gazeux autres que rhydrogène et Toxygène.

Phén€»iiièiics calorifiqpes déterminés par le passage des conranis électriques h travers les sondores des

cirentts métaUiqnes. — Dans son travail sur les élévations de température déterminées dans les fils métalliques par le passage des courants électriques (2), Peltier signala un fait très inattendu et qui attira vivement l'attention des physiciens. Il constata que, dans un circuit composé de fils métalliques hétérogènes soudés bout à bout , l'élévation de température acquise par chaque soudure dépend du sens dans lequel le courant la tra»- Verse. Les propriétés thermo-électriques des métaux permettent de résumer dans une règle générale très simple les faits observés par Peltier.

Dans une chaîne composée de fils métalliques hétérogènes soudés bout à bout, 'appelons sens direct, pour une

(1) Compt. rend, de VAcad, des se, 1854, t. XXXIX, p. 904.

(2) Ann, de chimie et dephys,, 2« série, 1634, t. LVI, p. 371.

EFFETS CALORIFIQUES. /i55

soudure (quelconque, le sens dans lequel la traverserait le courant tliermo-électrique développé dans la chaîne par récbauifenient de cette soudure toute seule. Nous pouvons dire alors que :

Loi-sque la soudure qui réunit deux fils métalliques hétérogènes est traversée par un courant direct, elle s'échauffe moins que si le courant est inverse.

Ainsi, dans une chaîne KF (Fig. /il5), composée d'un fil de cuivre C soudé à deux lils de platine P, P, si le cou-

^ ci

Fig. 4IS.

rant marche de K en F, la soudure e s'échauiïe moins que la soudure d ; si, au contraire, le courant marche de F en K, la soudure d s'échauffe moins que la soudure e.

D'ailleurs, en dehors des soudures, l'élévation de teml)érature des fils métalliques suit les lois que nous avons exposées plus haut.

Peltier vit encore qu'avec certains métaux, le passage d'un courant direct à travers la soudure de jonction a pour effet de déterminer un véritable refroidissement de la soudure traversée, tandis que le passage d'un courant inverse élève sa température.

Fig. 410.

Ainsi, dans une chaîne KF (Fig. /il 6) composée d'un barreau de bismuth B soudé par les deux bouts à deux barreaux de cuivre C, C, un courant dirigé de K en F

échauffe la soudure e et refroidit la soudure rf; au contraire, un courant dirigé de F en K détermine une élévation de température en d et un refroidissement en e.

Fi*. 417.

Avec un barreau d'antimoine A. soudé à deux barreaux de cuivre C, C (Fig. 417), les résultats sont un peu moins prononcés, mais de même ordre. Un courant dirigé de K en F refroidit la soudure e et échauffe la soudure rf; avec un courant dirigé de F en K, les effets sont inverses.

Avec un système semblable composé de platine et de fer ou même de cuivre et de fer, les efiPets sont encore plus faibles ; cependant le passage du courant détermine aussi un refroidissement dans la soudure quand il la traverse du platine ou du cuivre au fer, et une élévation de température quand il est dirigé en sens inverse, c'est-à-dire du fer au platine ou au cuivre.

Mais c'est dans une chaîne métallique composée de barreaux de bismuth et d'antimoine que ces effets acquièrent leur maximum d'intensité. Toutes les soudures traversées par un courant direct, c'est-à-dire dirigé du bismuth à l'antimoine, sont refroidies; la température s'élève, au contraire, dans toutes les soudures traversées par un courant inverse, c'est-à-dire dirigé de l'antimoine au bismuth.

Le refroidissement de la soudure de jonction d'un barreau de bismuth et d'antimoine peut être rendu évident

EFFETS CALOftlFlQUES. i!|57

ar une expérience très simple. On pratique une petite xcavation dans le métal au niveau de la soudure, on [baisse à zéro la température des deux barreaux, et Ton ^erse une goutte d'eau dans Texcavation : au moment où a soudure est traversée par un courant direct, Teau est xmgelée.

Pour constater ces faits, Peltier avait d'abord employé A pince thermo-électrique décrite tome I*', page ^63 ; [nais, dans le but de répondre à des objections qui attril)uaient les effets obteims au développement de courants oduits dans le tliermoscope métallique, il se servit d'un ;liermomètre à air. La soudure observée était placée dans e centre du réservoir dont les parois étaient traversées 3ar les fils métalliques.

11 résulte des travaux de Peltier que, pour obtenir ces îffets de refroidissement des soudures de jonction, même ivec des barreaux de bismuth et d'antimoine , il faut miployer des courants de très faible intensité. Avec des x>urants un peu forts, on observe bien toujours un mainire échauffement des soudures traversées par le courant lirecty mais les barreaux métalliques s'échauffent trop mx-mémes, et cèdent trop de chaleur aux soudures par foie de conductibilité, pour leur permettre de tomber m-dessous de leur température initiale.

Dans ces dernières années, M. Adie (1) a nié ce refroiiissement des soudures de jonction du bismuth et de l'antimoine, et a essayé de montrer que, dans tous les cas possibles, on n'observe qu'un moindre échauffement

(1) Biblioth, univers, de Genève, 1852, t. XXI, p. 57. II. 26

458 ÉLECTRICITÉ DYNAMIQUB.

quand le courant est direct. M. Tyndall (1) a repris cette étude, et a démontré, dans une série d'expériences irréprochables et très variées, Texactitude du fait observé par Peltier.

lorsqu'on fait passer un courant voltaïque à travers une pile thernao-électrique , les soudures de jonction sont alternativement traversées dans le sens direct et dans le sens iywerse ; deux soudures successives prennent, par conséquent, des températures différentes. Si donc, après avoir interrompu le courant voltaïque, on met c^te pile en communication avec un galvanonoètre, Tintai échauffement des soudures successives doit déterminer l'apparition d'un courant thermo-électrique inverse de celui qui a été primitivement dirigé à travers la pile. Le sens et l'intensité de ce courant thermo-électrique peuvent servir à déterminer le sens et la grandeur de la différence de température des soudures. Tel est le principe de la méthode expérimentale employée par M. Quintus Icilius (2) pour déterminer les lois des phénomènes découverts par Peltier. Ses recherches établissent que l'intensité du courant fourni parla pile thermo-électrique après l'interruption du courant voltaïque, est proportionnelle à l'intensité de ce dernier courant. Il est donc démontré que :

Un courant voltaïque qui traverse une pile thermo* électrique établit entre les soudures paires et impaires une différence de température qui est proportionnelle à sa propice intensité.

(1) Biblioth. univers^ de Genève, 4852, t. XXÎ, p. 317.

W Ann.dechim. et de phys., 3« série, 1853, t. XXXIX, p. U9.

EFFETS LUMINEUX. Ub9

Mais nous savons, d'autre part, que Télévation de température déterminée par le passage du courant voltaïque dans les portions des barreaux qui ne sont pas voisines des soudures varie proportionnellement au catré de Vin-teiisité du courant. Du rapprochement de ces deux lois différentes, M. Quintus Icilius conclut, avec raison, que l'influence de l'inégal échauffement des soudures doit devenir de moins en moins sensible, à mesure que l'intensité du courant voltaïque dirigea travers la pile tliermoâectrique augmente. On comprend ainsi pourquoi Peltier et MOser n'ont pu observer un refroidissement des soudures qu'en opérant avec des courants d'une très faible intensité.

Effets ealorlllqaes observés daas l'are Toltalqne.

— Pour compléter cette exposition des effets calorifiques qui accompagnent le passage d'un courant électrique, nous aurions à parler des phénomènes observés dans Varc voltaïque. Nous traiterons ce sujet avec détail dans l'article suivant, en traçant l'histoire des propriétés de cet arc voltaïque,

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