‹ Traité d'électricitéChapitre 53 sur 57 · MOYENS DE SE (JARANTIR DE LA FOUDRE · texte numérisé non relu

MOYENS DE SE (JARANTIR DE LA FOUDRE

Les coups (le foudre sont trop fréquents et les désastres de toute nature qui les accompagnent sont trop considérables pour que, dans tous les temps, Tliomme n'ait pas cherché les moyens de se mettre à l'abri de ses atteintes, de s'opposer à la fonnation des orages, et de les dissiper quand ils sont déjà formés.

D'après Hérodote, les Thraces avaient l'habitude de tirer des flèches contre le ciel quand il faisait des éclairs ou qu'il tonnait. D'ailleurs, l'historien ne laisse subsister aucun doute sur l'origine et le but d'une telle pratique; il se hâte d*ajouter que les Thraces agissaient ainsi pour menacer le cieL

Partant de cette idée que la foudre ne pénètre jamais en terre au delà d'w/i mètre soixante centimètres, les anciens considéraient les cavernes comme des asiles parfaitement sûrs. Au rapport de Suétone, l'empereur Auguste avait l'habitude, dès qu'un orage menaçait, de se retirer dans un lieu bas et voûté. Il serait difficile d'assigner avec exactitude la profondeur maximum à laquelle la foudre peut pénétrer dans le sol ; cependant l'observation des tubes fulminaires montre que ses effets se propagent quelquefois jus(iu'à dix mètres delà surface.

Kaempfer rapporte que les empereurs du Japon font établir un réservoir d'eau au-dessus de la grotte où ils se réfugient pendant les orages. L'eau est destinée à éteindre le feu de la foudre, A ce sujet, il est bon de rapporter (jue quelquefois la foudre tombe dans des lacs ou dans

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fh.'S rîvièrtîs, et que, dans ce ci»s, les |X>issoi)s ne scint pas éimrgiu's. Nous verrons plus loin, à propos des paratonnerres, c|ue, si une nappe d'eau natwelle fournit à Télectrieité un écoulement assez facile pour préserver d'une manière à peu près certaine tout ce qui est placé audessous, il n'en est pas de même des citernes et des réservoirs ofiificiels dont le fond et les côtés sont rendus étanches à Taidc de fortes maçoimeries.

Di's faits nombreux démontrent que, contrairement à lopinion généralement accréditée dans Tantiquité, une l^ersonne au lit et couchée peut être frappée de la foudre.

b« Romains croyaient que la foudre ne tombe jamais sur le laurier. Suétone rapporte que l'empereur Tibère, imbu de cette idée, ne manquait pas de porter une couronne de laurier quand le ciel était orageux. Toutes les observations s'accordent pour démontrer que le laurier n'i^t pas plus que les autres arbres à l'abri de la foudre.

f^»s Romains considéraient les peaux de veau marin comme un préservatif efficace de la foudre. On en faisait des tentes sous lesquelles les i)ersonnes timorées se retiraient pendant les orages. Suétone raconte qW Auguste IMjrtait toujours une de ces peaux. — De nos jours encore les bergers des O'îvennesontriiabituded entourer la forme (le leurs chapeaux avec \\g^ peaux sèches de serpents; ils se croient alors préservés des atteintes de 4a foudre. Estil besoin d'insister pour faire sentir toute l'inanité de semblables pratiques?

(Jlependant, à cause de leurs propriétés isolantes, certaines étoiles enjployées comme vêtements peuvent, pendant les temps d'orage, exercer une influence préserva-

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tricc. Ainsi, le jour où la foudre tomba sur i't'^lise do ChfUeauneitf-lcS'Mousders, trois prêtres étaient à l'autel. Deux furent gravement frappés, le (roisième n éprouva aucun mal ; lui seul était revêtu cVornements de soie, — Au contraire, les pièces métalliques de nos ajustements , du moins quand leur volume est considérable, doivent être considérées comme augmentant le danger : quand la foudre tombe sur un homme ou sur une femme, elle attaque toujours plus particulièrement ces pitVes métalliques. L'exemple suivant est propre à démontrer l'influence des masses de métal un peu fortes. En 1829, le 21 juillet, le tonnerre tomba sur la prison de Hiberac [Souabé] ; la foudre alla frapper dans la grande salle, au milieu de vingt dfHenus, un condamné qui était enchaîné par la ceintui^.

Une enveloppe de verre peut sans doute atténuer les dangers que l'on court pendant les temps d'orage, il ne faut pas cependant considérer les parois vitreuses rx>mme des barrières impénétrables à la foudre. Les exemples de vitres percées d'un trou circulaire sans fissure sont fréquents, dans les relations des dégâts causés par la foudre dans de grands édifices habités.

Contrairement à une opinion très accréditée, rien ne démontre qu'un courant d'air puisse influer sur le trajet de la foudre. Il n'est donc pas vrai de dire qu'un tiomme aggrave le danger qui le menace, quand il laisse les croisées de son appartement ouvertes, ou quand il court i^endant les temps d'orage.

Les arbres, en raison de leur élévation au-dessus des objets environnants, sont souvent frappés de la foudre.

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De là est venu le prtk^pte excellent de ne pas cl^rclier un abri souslesbranchesdesarbres pendant les tempsd'orage. Ia", docteur Winthorp conseillait aux personnes surprises en rase campagne par un orage de se placer à kmi ou dix mètres de quelque grand arbre ; il pensait que, dans cette situation, on était garanti par Tarbre des atteintes de la foudre. Franklin approuvait ce précepte. L'arbre voisin, en effet, en i)arâlle circonstance, doit jouer le rôle d'une sorte de paratonnerre. Cependant, quoique les grands arbres, par les extrémités de leurs branches le$ plus élevées, donnent un écoulement facile à r^ectricitéaccunmlée par influai» à la sur&ce du sol, il ne faudrait pas les considérer comme des prés^vatifs assurés. Beaucoup (robservations démontrent que des maisons entourées et donûnées par des arbres ont été frappées de la foudre.

Contrairement à l'opinion de Yolta et de beaucoup (le physiciens, Àrago a établi par des faits authentiques et bien observés, qu'on peut, sans danger d'être foudroyéy se trouver enveloppé par des nuées épaisses et fortement orageuses.

Les matières en combustion lancent dans l'atmosphère des colonnes ascendantes de vapeurs conductrices de Télectricitt'î. En partant de cette donnée de Texpéri^ice, on comprend facilement comment on a été conduit à admettre que*de grands feux allumés en grand nombre à la surface du sol peuvent agir sur les nuées orageuses, les dépouiller en partie de leur électricité et mettre, des contrées entières a l'abri des dévastations causées par les orages. Quelque rationnelle que paraisse cette pratique, Texpériencen'a pas encore démontré que l'influence de ces feux

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