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Traité d'électricité statique

405. Lorsque deux corps conducteurs électrisés à des potentiels différents sont réunis par un arc métallique, les deux corps sont ramenés au môme potentiel et il s'écoule de l'un à l'autre une certaine quantité d'électricité. Faraday appelle décharge conduclive celle qui a lieu quand l'arc intermédiaire est entièrement formé de corps conducteurs comme les métaux, et décharge disruptive celle qui se produit au travers d'un milieu plus ou moins isolant, comme on l'observe dans l'air par la formation d'une étincelle. Cette distinction ne peut pas être plus absolue que la division des corps eux-mêmes en bons et mauvais conducteurs (6) de l'électricité.

D'autre part, les deux genres de phénomènes s'accompagnent toujours puisque la décharge commence avant que le contact ait été établi, mais on peut faire dominer l'un ou l'autre en choisissant convenablement la nature des intermédiaires.

Ainsi nous avons vu, à propos des thermomètres électriques (521) que, dans la décharge d'une batterie, l'énergie électrique se manifeste par réchauffement des conducteurs et par le travail ii I

qui correspond au phénomène de l'étincelle. Si la conductibilité du circuit parcouru par la décharge n'est pas très-grande, la puissance de l'étincelle peut être considérablement affaiblie et la plus grande partie de l'énergie sera transformée en chaleur. Enfin, si les conducteurs qui réunissent les deux armatures d'une batterie sont formés par des tringles métalliques de petite longueur, sur le trajet desquelles on interpose un thermomètre à fil métallique long et fin, le dégagement de chaleur en dehors du thermomètre sera extrêmement faible. Dans ces conditions, on peut admettre que la quantité de chaleur dégagée dans le fil du thermomètre est, sinon égale, du moins proportionnelle à l'énergie totale de la batterie. La proportionnalité est rigoureuse tant que le circuit reste le même, mais elle est encore suffisamment exacte lorsqu'on modifie la disposition des conducteurs à faible résistance, et qu'on augmente ou diminue le nombre des bouteilles de la batterie. C'est ce dégagement de chaleur que nous allons d'abord étudier.

406. Disposition des expériences. — Pour déterminer en même temps les quantités d'électricité et la chaleur dégagée, on peut disposer l'expérience de plusieurs manières. On réunit, par exemple, l'armature intérieure d'une batterie avec une machine électrique, et l'armature extérieure avec le sol par l'intermédiaire d'une bouteille de Lane. D'autre part, l'une des boules du thermomètre électrique communique avec l'armature intérieure et, au moment de la décharge, on réunit l'autre boule du thermomètre à l'armature extérieure par un conducteur. On peut encore placer la bouteille de Lane entre la machine et l'armature intérieure de la batterie et relier l'armature extérieure de la batterie directement avec le sol, puis décharger la batterie par l'intermédiaire du thermomètre. Les deux dispositions sont à peu près équivalentes.

Pour effectuer les décharges, on peut se servir de l'excitateur électrique à manches de verre, comme on le voit ûg. 76, en touchant l'armature extérieure de la batterie par l'une des branches, et rapprochant l'autre branche du thermomètre relié à la deuxième armature.

"L'excitateur universel de Henley est d'un emploi plus commode. Cet appareil (fig. 159) se compose de deux tiges de métal,

DÉCHARGES CONDUCTlVËS. 5

AD et A'D', montées sur deux colonnes de verre C et C, pouvant se rapprocher plus ou moins et tourner autour de charnières. Une tablette P est destinée à supporter les corps par lesquels on veut faire passer les décharges. Pour l'expérience actuelle, par exemple, on dispose les branches de façon qu'elles puissent se toucher; l'une d'elles étant fixée horizontalement, l'autre est maintenue relevée, soit par un fil, soit par le frottement de la charnière. Au moment de la décharge, les communications étant convenablement établies, on laisse tomber la seconde branche de

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Fis. lo9.

l'excitateur sur la première ou on l'abaisse jusqu'au contact avec une baguette de verre.

407. Décharge totale de» batteries. — Expériences de M. Rless.

— M. l»iess (*) a étudié d'abord le rapport qui existe entre la charge électrique totale, le nombre des bouteilles de la batterie et la quantité de chaleur produite par la décharge totale. Toutes les bouteilles ont été choisies aussi identiques que possible, et l'on pouvait vérifier d'ailleurs cette identité par les expériences elles-mêmes. Le fil de platine du thermomètre avait ~ de ligne d'épaisseur, les bouteilles un pied carré et demi de surface, et les boules de la bouteille de Lanc étaient écartées d'une ligne.

Ci Riess. fteibungseleklricUàf , bd. I, p. 399. Physique, 2e série, t. LXIX, p. 120.

— Annales de Chinù? et de

Le tableau suivant donne la moyenne des résultats obtenus pour le déplacement de la colonne liquide, exprimé en lignes, dans trois séries d'expériences

NOMBRE

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