Vérifications expérimentales. — Pile non isolée. — On
trouve dans la physique de Biot des expériences intéressantes pour le cas seulement où la pile est maintenue en communication avec le sol par l'un de ses pôles. La pile étant posée sur un support métallique, on la mettait en communication avec le collecteur d'un condensateur à l'aide d'un fil de métal plongeant dans une soucoupe de fer posée sur le pôle supérieur de la pile et renfermant du mercure. Le condenseur était touché avec la main un instant, puis on supprimait toutes les communications, on enlevait le collecteur et on le touchait avec un plan d'épreuve que l'on portait dans la balance de Colomb à la place de boule fixe. La boule mobile de la balance étant chaque fois ramenée à l'état neutre, on observait la distance o à laquelle le plan d'épreuve la maintenait en équilibre ; la charge de ce plan d'épreuve était alors exprimée par la formule
Ki/a siii |^|
Biot a constaté d'abord qu'un contact d'une durée inappréciable suffit pour donner au condensateur sa charge maximum; il a ensuite cherché quelle était l'influence de la nature du liquide et des dimensions des éléments.
Avec 20 couples de cuivre et de zinc, séparés par des rondelles humectées d'eau pure ou de sulfate d'alumine, il a obtenu les déviations suivantes, qui sont exprimées en grades,
Eau pure 8ld, 82, 81, 85, 83 moyenne = 8'2d;
Sulfate d'alumine. . . 80", 85, 85, 85, 80, 82 moyenne = 82d,5.
Ces moyennes sont identiques, mais d'autres liquides ont donné des résultats différents :
Potasse 01 , 5 ;
Sulfate de fer 82, .c
Ces expériences prouvent, conformément à l'opinion de Volta, que la nature du liquide peut avoir une grande influence.
Biot a comparé ensuite une pile de 20 éléments ordinaires avec une autre pile renfermant les mêmes métaux, mais dont les rondelles humides, formées de morceaux de papier vernis et collés sur une partie des surfaces métalliques, avaient une étendue neuf fois plus faible, et il a obtenu
Pour les couples ordinaires 80,5;
Pour les couples à petites rondelles.. . 85.
Le rapport des deux déviations est 1 ,06 ; elles sont donc égales à y£ près, quantité dont il est difficile de répondre.
11 en a été de même pour les piles suivantes, formées chacune de 16 couples montés au sulfate d'alumine, et dans lesquels les surfaces des lames étaient entre elles comme 1 pour la première, 5,1 pour la seconde et 153,2 pour la troisième. Les moyennes des déviations ont été
Pour la première pile 75d ;
Pour la deuxième pile 71,0;
Pour la troisième pile 71,6.
Ces trois valeurs peuvent être considérées comme identiques. Biot attribuait le petit excès de la première à ce que, les disques
398 TRAITÉ D'ÉLECTKICITÉ STATIQUE.
étanl plus petits, le contact se faisait plus près du bord et pouvait prendre une plus grande charge à cause de la distribution inégale de l'électricité, mais cette interprétation est erronée.
Il résulte des expériences de Biot que la charge du condensateur, quand la pile n'est pas isolée, est indépendante des dimensions des éléments qui constituent la pile et ne dépend que de la nature et du nombre des contacts, ce qui est conforme à la théorie.
920. Péclet (l) a étudié l'influence du nombre des couples. Ce physicien a constaté d'abord que l'on obtient sensiblement la même charge sur un condensateur quand on met le collecteur en communication avec le pôle libre d'une pile non isolée, et le condenseur avec le sol, ou bien quand on réunit séparément le collecteur et le condenseur avec les deux pôles d'une pile isolée. Cela doit être, puisque la différence des potentiels des plateaux est la même dans les deux cas.
Péclet a réuni ensuite à un condensateur à feuilles d'or les extrémités de piles comprenant un nombre variable de couples identiques, formés de lames de 1er et de cuivre séparées par des rondelles en peau de chamois; les divergences des feuilles d'or jut été les suivantes :