CHAPITRE XV
DES SOURCES D'ÉLECTRICITÉ (sum
PHENOMENES THERMOÉLECTRIQUES.
930. circuits de plusieurs métaux. — Quand un circuit métallique fermé est maintenu à une température constante, la somme algébrique des tensions aux différents points de contact est nulle et il ne se produit pas de courant électrique ; mais la loi de Volta cesse d'être exacte si les différents contacts ou soudures sont à des températures différentes ; ce fait important a été découvert par Seebeck en 1821 (1).
Pour le démontrer, on forme un circuit avec un barreau de bismuth BB' (fig. 259) aux extrémités duquel sont soudées les branches d'une lame de cuivre C(7 courbée en fer à cheval, et l'on met dans l'intérieur de ce cadre une aiguille aimantée. En chauffant l'une des soudures avec une lampe à l'alcool, on voit l'aiguille se dévier et indiquer un courant qui va du bismuth au cuivre à travers la soudure chauffée. Avec un circuit de cuivre et d'antimoine, le courant va au contraire du cuivre à l'antimoine à travers la soudure chaude. Enfin, comme on peut le prévoir d'après ces deux premiers résultats, l'effet est maximum avec un cadre de bismuth et d'antimoine. Dans ces conditions, si l'on emploie un système astalique d'aiguilles aimantées, il suffit de toucher à la main lune des soudures pour ob-
(4) Mémoires de l'Académie de Berlin, !. IX, p. 1Gb. — Annales de Chimie et de Physique, w2e série, t. XXII, p. 199.
tenir un courant manifeste qui va du bismuth à l'antimoine à travers la soudure chauffée.
Il y a donc là une force électromotrice nouvelle capable de produire des courants qu'on a appelés thermoélectriques ; avant d'en établir les lois, il importe d'étudier davantage les conditions dans lesquelles elle se manifeste.
Fig. 259.
On obtient des effets du même genre en chauffant la soudure de deux métaux quelconques; mais Seebeck et Sturgeon ont trouvé qu'il peut aussi se produire des courants dans un circuit composé d'un seul métal.