‹ Traité d'électricité statique (volume 2)Chapitre 21 sur 201 · CONDUCTIBILITÉ · texte numérisé non relu

CONDUCTIBILITÉ

ÉCHAUFFEMENT DU THERMOMÈTRE

OBS

CALC.

Le calcul de réchauffement dans les trois dernières expériences a été fait en prenant pour a et b les valeurs

que l'on déduit des deux premières; la comparaison est encore tout à fait satisfaisante. M. Knochenhauer (') a repris cette étude des décharges dérivées, mais les formules auxquelles il arrive paraissent un peu en désaccord avec les précédentes.

426. 11 resterait maintenant à rendre compte par la théorie de la manière dont l'énergie électrique, ou la chaleur totale, se distribue dans les différentes parties du conducteur par lequel s'effectue la décharge d'un corps électrisé. Comme cette question est identique à celle qui se présente pour les courants électriques, nous reprendrons cetle démonstration à propos de l'étude des courants. Les expériences de M. Riess peuvent être résumées par ce simple énoncé, que la quantité de chaleur qui se dégage dans un fil situé sur le trajet de la décharge est proportionnelle au carré de la quantité d'électricilé et à la résistance du fil. C'est identiquement la loi établie plus tard par

(f) Annales de Chimie et de Physique, 3e série, t. XVII, p. 105.

DÉCHARGES CONDUCTIVES. k20

M. Joule pour les courants élcclriques. D'ailleurs, la décharge d'un corps électrisé diffère uniquement d'un courant électrique ordinaire par cette circonstance qu'elle se produit pendant un temps extrêmement court, tandis qu'un courant ordinaire est permanent. Dans les deux cas, il s'écoule d'un point à un autre une certaine quantité d'électricité, et il est naturel que le dégagement de chaleur suive les mêmes lois.

427. Influence du milieu mauvais conducteur que traverse l'étincelle pendant la décharge. ■ — Dans tout Ce qui précède, On a

supposé que la quantité d'électricité qui s'écoule pendant la décharge est proportionnelle à la charge de la batterie elle-même, et nous avons vu (400) que l'expérience justifie ce point au moins d'une manière approchée, tant que le trajet que parcourt la décharge est métallique. En interposant dans le circuit des corps très-résistants, tels qu'une colonne liquide, on peut exagérer beaucoup le résidu, comme l'a constaté M. Riess (*), surtout si l'on produit l'explosion à distance, au lieu d'amener les armatures en contact. On a fait encore implicitement une autre hypothèse, c'est que la quantité de chaleur qui provient de la décharge se répand en totalité sur l'arc conducteur qui joint les deux armatures de la batterie, ou du moins que la quantité de chaleur prise par cet arc est proportionnelle à la chaleur totale pour différentes charges de la batterie. Cette proposition n'est pas évidente, car en môme temps que l'électricité traverse l'arc conducteur, il se produit une étincelle entre les branches de l'excitateur, et une fraction de l'énergie totale est absorbée dans le travail mécanique accompli par l'étincelle.

428. Pour apprécier cette influence, i\I. Riess fit communiquer d'abord les deux branches de l'excitateur avec deux disques de laiton isolés de 3/4 de ligne d'épaisseur et de 10\4 de diamètre. Ces disques ont été maintenus à des distances variables dans plusieurs séries d'expériences successives, et les décharges étaient provoquées en fermant une interruption ménagée en un autre point du circuit. Le tableau suivant indique, pour les différents cas, réchauffement du thermomètre calculé pour une bouteille et une étincelle par la formule ordinaire (414).

(l) Reibungselektrlcitât, Bd II, p. 88.

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