‹ Traité d'électricité statique (volume 2)Chapitre 51 sur 201 · DIFFÉRENCE DE POTENTIEL · texte numérisé non relu

DIFFÉRENCE DE POTENTIEL

mm.

481. J'ai fait quelques déterminations analogues sur la distance explosive entre deux sphères. Comme les électromètres statiques exigent toujours un certain temps pour arriver à l'équilibre, la détermination du potentiel d'un conducteur qui donne constamment des étincelles est très-difficile, parce que l'appareil de mesures éprouve des soubresauts continuels.

Pour éviter cette difficulté, j'ai employé une disposition qu'on peut appeler un trop-plein électrique. L'un des pôles P' d'une

(*) Annales de Chimie et de Physique, 2e série, t. LVII, p. 5. [-) Elektrodynamische maasbestimmungen, Leipzig-, 1846.

machine de Holtz étant réuni au sol, l'autre pôle P fut mis en communication, d'une part avec une pointe placée à une certaine distance d'un conducteur non isolé B et, d'autre part, avec la sphère S (fîg. 142) de l'appareil à oscillations décrit au n° 310. La tige qui reliait cette sphère à la machine passait par une ouverture ménagée dans un grand écran conducteur communiquant avec le sol, pour éviter l'action directe de la machine sur l'aiguille oscillante. Quand on fait tourner la machine d'une manière convenable, le pôle P et les conducteurs avec lesquels il communique s'électrisent, mais, aussitôt que le potentiel a atteint une certaine limite, la pointe laisse échapper des aigrettes continues qui maintiennent le niveau électrique sensiblement constant; si même l'électricité afflue parfois d'une manière trop rapide et provoque une étincelle entre la pointe et le conducteur opposé, la chute de potentiel ne dure qu'un instant très-court et la régularité des oscillations n'en est pas sensiblement troublée. On détermine ainsi, en valeurs absolues, les potentiels maxima V, Y', V"..., que puisse garder l'appareil, lorsque la pointe est maintenue à des distances différentes D, D', D"... du conducteur placé en regard.

Cela fait, on supprime l'appareil de mesures, puis on relie le pôle P, d'une part avec la pointe et, d'autre part, avec une des boules d'un micromètre à étincelles dont l'autre boule communique avec le sol ; on détermine alors, pour les distances différentes D, D', D"... de la pointe au conducteur, les distances équivalentes (/, d', cl"... entre les boules du micromètre, c'est-à-dire des distances telles que les étincelles passent à peu près indifféremment d'un côté ou de l'autre. Cette table de comparaison donne la distance explosive d entre deux boules pour une valeur connue V du potentiel. Ici encore on admet d'une manière implicite que les aigrettes et les étincelles exigent la môme différence de potentiel pour se produire entre deux conducteurs déterminés, et que ces deux formes de la décharge ne diffèrent que par la quantité d'électricité mise enjeu ; c'est là une propriété que nous avons déjà signalée et sur laquelle nous reviendrons plus tard.

Voici la moyenne des résultats obtenus par cette méthode dans plusieurs séries d'expériences; les deux boules du micromètre

DECHARGES D1SRIPTIVËS.

avaient 22 millimètres de diamètre, et l'appareil était chargé par le pôle positif de la machine de Holtz.

DISTANCE EXPLOSIVE

Page 1