Influence de la pression sur la distance explosive
Expériences de m. Harris. — Dans le travail que nous avons déjà cité, M. Harris (l) a trouvé que, si l'on place les boules de l'excitateur dans une atmosphère où l'on peut faire varier la pression et qu'on mette ces boules en communication séparément avec les armatures d'une batterie, la quantité d'électricité nécessaire pour produire une étincelle est proportionnelle à la pression, c'est-à-dire que la différence de potentiel est proportionnelle à la pression. Si l'on admet aussi la proportionnalité de la distance explosive à la différence de potentiel, il résulte de là qu'à charge constante la distance explosive doit être en raison inverse de la pression. C'est ce que M. Harris annonce avoir constaté directement, sans donner toutefois les résultats numériques de ses expériences.
484. Expériences de Masson. — Masson (2) a vérifié la môme loi par la méthode des dérivations. Son appareil était formé de deux tiges de métal terminées en boules, plantées dans le bouchon d'un ballon et isolées par des tubes de verre. On pouvait raréfier l'atmosphère de ce ballon par un robinet latéral et y introduire un gaz quelconque. Les deux tiges communiquaient séparément avec deux boules M et N d'un excitateur. L'un de ces conducteurs étant en communication avec le sol et l'autre avec une machine, on écartait ou rapprochait les boules M N, jusqu'à ce que l'étincelle se produisît indifféremment entre ces boules ou entre celles du ballon. Dans ces conditions, comme l'avait constaté Faraday, l'étincelle a une tendance très-marquée à éclater de préférence entre deux points où elle a déjà passé, peut-être à cause de réchauffement de l'air et des déchirures du métal ; mais, si l'on établit une interruption sur les conducteurs avant la bifurcation et une autre après, il se produit à chaque explosion 5 étincelles au lieu d'une, et l'équilibre est alors beaucoup plus facile à établir entre les deux appareils. Le tableau qui
(!) Phil. trans. (1834), p. 228.
(2) Annales de Chimie et de Physique, 59 série, t. XXX, p. 41.
DÉCHARGES DISRUPTIVES.
suit correspond à des expériences où le gaz renfermé dans le ballon était de l'air atmosphérique. On écartait les boules de l'excitateur à la distance minimum pour que la décharge eût toujours lieu dans le ballon, puis à la distance maximum pour qu'elle se fit toujours entre les branches de l'excitateur. On voit, par les nombres de la dernière colonne, que le rapport de la pression à la distance extérieure est sensiblement constant dans les deux cas.
DISTANCE
PRESSION