Énergie des décharges induites. — Sans Se préoccuper
de fixer la direction des décharges induites, on peut étudier par l'interposition d'un thermomètre électrique la quantité de chaleur dégagée dans le circuit induit, c'est-à-dire l'énergie du phénomène électrique qui -s'y manifeste. M. Riess (') a déterminé l'influence exercée sur ce dégagement de chaleur par diverses circonstances en provoquant l'induction, soit entre des fils rectilignes et parallèles, soit entre deux bobines concentriques ou des spirales plates et parallèles. Il a reconnu que la quantité de chaleur dégagée dans le thermomètre du fil induit est proportionnelle à l'énergie de la décharge inductrice, à la longueur du fil induit soumis à l'influence, et indépendante du diamètre du fil induit, pourvu que les distances des axes du fil induit et du fil inducteur voisin reste constante.
En opérant avec des iils rectilignes, il a constaté que l'énergie de la décharge induite est en raison inverse de la distance des fils, tant que cette distance n'est pas trop faible. Avec des spi-
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raies que l'on écarte de plus en plus, la quantité de chaleur dégagée augmente plus rapidement d'abord que l'inverse de la distance, puis elle varie d'une manière plus lente. La loi du phénomène est ici un peu compliquée, parce que ce n'est qu'à partir d'un écartement relativement très-grand que la distance de deux éléments quelconques varie sensiblement comme la distance des spirales ; et alors les phénomènes d'induction deviennent trop faibles pour être observés.
Comme la charge de la batterie ne correspond qu'à une quantité d'énergie limitée, on conçoit aisément que l'on ne pourra en tirer aussi qu'une somme d'effets limitée, quelles que soient les dispositions des appareils, et que tout accroissement de chaleur en un point quelconque doit correspondre à une diminution de la chaleur dégagée dans les autres parties. Celte remarque, qui n'est autre que le principe de la conservation de l'énergie, permet d'expliquer quelques résultais observés encore par M. Riess.
Ainsi, lorsque le fil conjonctif de la batterie fait naître des décharges induites dans deux circuits différents, la quantité de chaleur dégagée dans chacun d'eux est moindre que si l'autre n'existait pas. De même, quand on interpose un disque de métal entre la spirale inductrice et la spirale induite, la chaleur dégagée dans le fil induit n'est pas modifiée d'une manière sensible si le disque est épais ; mais, si l'on emploie des lames d'étain, la quantité de chaleur est diminuée d'autant plus que l'épaisseur de la lame est plus faible, c'est-à-dire que cette lame est moins conductrice. Dans ce cas, la lame est elle-même le siège d'une décharge induite sensible et elle s'échauffe aux dépens de la spirale voisine, ce qui rentre dans le cas précédent.