‹ Traité d'électricité statique (volume 2)Chapitre 96 sur 201 · Réactions sur le circuit principal. — Si lOUS les COU · texte numérisé non relu

Réactions sur le circuit principal. — Si lOUS les COU

ducteurs assez rapprochés pour agir les uns sur les autres sont traversés par la décharge principale, il peut sans doute s'y produire des phénomènes d'induction dus à l'influence du circuit sur lui-môme et analogues aux exlra-courants, mais la quantité totale de chaleur dégagée ne doit pas changer, parce qu'il n'y aurait aucune compensation correspondante.

Toutefois, la distribution de cette chaleur peut être modifiée et se faire suivant une loi toute différente de celle qui a été élaii n;

blie plus haut (415). Ainsi M. Riess (l) a fait passer la décharge d'une batterie à travers deux spirales que l'on pouvait rapprocher l'une de l'autre ou tenir écartées, en disposant les communications de telle manière que les courants dans les deux spirales fussent tantôt de même sens et tantôt de sens contraires. L'échauffement d'un thermomètre électrique placé sur le trajet du circuit était maximum quand les spirales étaient rapprochées et parcourues en sens contraires, minimum lorsqu'elles étaient parcourues dans le môme sens, et prenait des valeurs intermédiaires quand on éloignait les spirales l'une de l'autre. La première disposition produit donc le même effet qu'une diminution dans la résistance des spirales, et la seconde équivaut à un accroissement de résistance. Ces résultats démontrent l'inégale répartition de la chaleur dans l'ensemble du circuit; l'intensité du courant de la décharge, c'est-à-dire l'inverse de la durée, est augmentée lorsque deux fils parallèles faisant partie du circuit sont parcourus en sens contraires, et diminuée lorsque ces fils parallèles sont parcourus dans le même sens. La même propriété se vérifie aussi pour deux décharges induites qui se propagent dans des fils parallèles. Nous avons déjà signalé des effets analogues à propos des expériences de M. Feddersen (451).

824. Griiillemin (?) a publié plusieurs observations intéressantes qui conduisent aux mêmes conséquences. On fait passer la décharge d'une batterie par un faisceau de fils de cuivre parallèles tendus entre deux barres de métal, et l'on interpose dans le circuit un fil de fer de longueur suffisante pour qu'il soit rougi sans être fondu. On réunit alors tous les fils de cuivre en un seul faisceau en les liant avec des cordons de soie. Après cette modification, si l'on fait passer dans le même circuit une décharge de batterie identique à la première, le fil de fer tombe immédiatement en fusion. Les décharges parallèles dans les fils voisins ralentissent donc la décharge principale , comme un accroissement de résistance, et y provoquent un plus grand échauffement, ce qui diminue la quantité de chaleur dégagée en d'autres points du circuit. Cuillemin dispose ensuite trois fils parai-

(4) Reibungselektricitàt, Bd. II, p. 512.

(*) Annales de Chimie et de Physique-, 4U série, t. XXVII, p. M8.

lèles, séparés par une distance de 50 centimètres, et termine les deux extrêmes par des fils de fer fin de 8 centimètres de longueur. Quand le iil du milieu est à égale distance des deux autres et qu'on les fait traverser par une décharge qui se partage entre eux par dérivation, le fer s'échauffe également des deux côtés ; quand le fil intermédiaire est inégalement éloigné des fils extrêmes, le fil de fer le plus voisin s'échauffe beaucoup moins. On voit ici encore que deux décharges électriques parallèles se nuisent ou se ralentissent quand elles ont la même direction, tandis que des décharges parallèles et de sens contraires s'accélèrent réciproquement.

825. Les changements sont encore plus marqués si une partie des conducteurs ne fait pas partie du circuit principal ; tout dégagement de chaleur dû à l'induction doit être accompagné d'une diminution de chaleur dans le circuit de la batterie et d'un accroissement correspondant dans la durée de la décharge. En effet, si l'on place en face d'une spirale inductrice soit un disque conducteur très-épais, soit une autre spirale induite dont les extrémités restent libres ou sont réunies par un fil très-conducteur, l'énergie de la décharge inductrice n'est pas sensiblement modifiée; mais, si le disque est très-mince ou si la spirale induite est fermée par un fil de métal long et fin, réchauffement produit, par une décharge déterminée, sur un thermomètre situé dans le circuit principal, est d'autant plus faible que le circuit induit offre une plus grande résistance, c'est-à-dire s'échauffe lui-même davantage. D'après le principe de la conservation de l'énergie, on peut même affirmer que, si la décharge ne produit aucun travail mécanique, la somme totale des quantités de chaleur dégagées sur le circuit principal et sur les circuits induits de tout ordre doit être constante et équivalente à l'énergie électrique accumulée sur la batterie.

Des expériences récentes de M. Riess (*) sont une confirmation de cetle loi. L'induction était produite entre deux spirales; deux thermomètres électriques étaient placés, l'un dans le circuit inducteur, l'autre dans le circuit induit, et l'on pouvait intercaler

(l) Pogy. Ann., t. CXL1II, p. 195. — Annales de Chimie et de Physique, 4e série, t. XXVU1, p. 565.

dans ce second circuit une longueur variable d'un fil de platine de | de millimètre de diamètre. Le tableau suivant indique la manière dont variait réchauffement des deux thermomètres.

Page 1