‹ Traité d'électricité statique (volume 3)Chapitre 33 sur 168 · DE P0TE5TIEL · texte numérisé non relu

DE P0TE5TIEL

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La troisième colonne de ce tableau montre que la difTërence des potentiels augmente beaucoup moins rapidement que la distance explosive, quand les plateaux sont très-rapprochés, et que le rapport de ces deux quantités n'est sensiblement constant qu'à partir de distances supérieures à 1 millimètre. Les nombres renfermés dans la dernière colonne expriment la pression électrostatique que l'électricité exerce sur l'air entre les deux plateaux, en admettant, avec M. Thomson, que cette pression a pour valeur 27C[jl*, et que la densité électrique [a sur l'un des pla-

tcaux a pour expression |a = — . -r» laquelle n'est exacte en toute

rigueur que si les plateaux ont des dimensions très-grandes par rapport à la distance qui les sépare. La pression est évaluée en milligrammes par millimètre carré; les potentiels ont été calculés diaprés les tables de M. Thomson et sont expri-

^CHARGES DISRUPTIYES. 75

mes ici à l'aide d'une unité sur laquelle nous reviendrons plus loin (480).

466. ExpérieBces de SI. Gangain. — Dans ces expéricuces de M. Thomson, la distance explosive était plus faible encore que dans les précédentes. M. Gaugain(*) a cherché, au contraire, à se placer dans des conditions où cette distance explosive pouvait être notablement augmentée. La décharge avait lieu entre deux boules, dont Tune était en communication avec le sol et l'autre avec un conducteur électrisé. Ce conducteur était formé par un plateau isolé P, relié avec une machine électrique et réuni dans certains cas à l'armature intérieure d'une bouteille de Leyde,. pour donner à cette sorte de réservoir électrique une capacité plus grande.

Pour déterminer la tension (potentiel), on se servait d'un éleétroscope a feuilles d'or et à cercle divisé, dont la boule était munie d'une tringle métallique venant se terminer à une cer* taine distance du plateau P. Cet élec troscope s'électrisait ainsi, par influence, d'une quantité d'électricité proportionnelle à celle du plateau P, à condition toutefois que l'instrument ne prit pas Dne charge permanente par communication directe : on s'en assurait en vérifiant que les pailles revenaient exactement au contact, quand le plateau et la machine étaient ramenés à l'état neutre. Si Télectroscope, au lieu d'être soumis à l'influence d un conducteur de grandes dimensions, était placé dans le voisinage des tringles métalliques servant aux communications, il recevrait de l'électricité directement sous forme d'aigrettes, et il acquerrait aloi^s une charge permanente qui rendrait toute mesure impossible.

467. Pour vérifier que la charge de Télectroscope est bien proportionnelle à celle du plateau, et pour déterminer en même temps une table de graduation de l'instrument, M. Gaugain fit quelques expériences préliminaires. Le plateau P fut électrisé jusqu'à ce que l'électroscope marquât 30°, puis isolé. On le toucha alors avec un large plan d'épreuve qu'on ramenait à l'état neutre après chaque contact, et on observa le nombre de tois qu*il fallait répéter cette opération pour abaisser successive-

V Annales de Chimie et de Pkytique, 4' série, t. VHI, p. 75.

n TRAITÉ D^ÉLECTRIGITÉ STATIQUE.

ment la déviation des pailles à des valeurs différentes, comme l'indique le tableau :

MOMBBE DES CONTACTS

D<?UTIOH

DE L'ÉLECTROtGOPB

On fit ensuite communiquer le plateau avec l'électroscope et, ayant chargé l'ensemble de façon que la déviation des feuilles fût encore de 30*, on détermina, de même, le nombre des contacts du plan d'épreuve nécessaires pour obtenir les mêmes divergences que précédemment. On obtint ainsi :

ROMBIIE DES CONTACTS

DÉTUTION

DE L'&ECTBOSCOfS

Les nombres de contacts N et N' étant proportionnels, Ji en résulte que la charge ou la tension (potentiel) de l'électroscope est proportionnelle à la charge du plateau, soit qu'il y ait ou non communication entre ces deux corps.

Si l'on remarque en outre que, par suite des différents contacts opérés avec le plan d'épreuve, les charges du plateau varient comme les termes d'une progression géométrique décroissante, on a par ces expériences le moyen.de former une table de graduation de l'électroscope, en admettant qu'il y a proportionnalité entre les tensions et les déviations jusqu'à 10"*.

408. Cela fait, on éloignait l'électroscope à une distance con-

DÉCHARGES DISRUPTIVES. 75

venable ; 'on rétablissait la communication du plateau avec la boule de décharges et la machine, et, manœuvrant cet appareil de manière à obtenir une succession d'étincelles entre les boules, on notait dans chaque cas la déviation maximum des feuilles de rèlectroscope, d'où l'on déduisait la tension correspondante, comme on le voit dans les expériences qui suivent ;

00BP8 KSTBB UESQUUS SE PBODUIT LA DiCHARGE

DISTAHCB EXPLOSIVE

TB!TIION

2 boules de laiton de 15"" de diamètre.

2 boules de laiton de 10"" de diamètre.

Boule positive de 3"" de diamètre.

Boule négative de 10"".

Boule positive de 5"" de diamètre.

Disque négatif de 35"" de diamètre.

Ce tableau montre encore que, pour les petites distances entre des boules égales, la distance explosive et la tension sont à peu prés proportionnelles ; mais le désaccord devient manifeste pour les grandes distances, et le rapport de la tension à la distance explosive diminue rapidement. Le changement est bien plus marqué quand les deux Inouïes sont de diamètres différents, et surtout quand la décharge a lieu entre une boule et un plateau. La distance maximum pour laquelle se vérifie la loi de proportionnalité est encore ici de 4 ou 5 millimètres, résultat conforme aux observations de M. Riess.

469. Une expérience très-simple permet d'ailleurs de démontrer, sans aucune mesure de potentiels, que la loi de proportion-

TRAITÉ D'ÉLEGTRICrrfi STATIQUE.

nalité est rapidement en défaut. M. Gaugain fait communiquer la machine avec deux boules de métal A et B, la première de 10 millimètres de diamètre, et la seconde de 20 millimètres. En face de ces deux boules on établit séparément deux autres boules A' et B', la première de 20 millimètres et la seconde de 10 milli* mètres. Dans ces conditions, on sait qu'à distances égales entre les boules A et A' d'une part, B et B' d'autre part, la décharge passera de préférence entre les deux pi*emièrcs ; mais on peut, en laissant constante la distance AA', modifier la seconde de façon que l'étincelle passe indifféremment d'un côté ou de Fautive. En fait, on n'arrive jamais à établir cet équilibre d'une maniera absolue, mais il suffit de changements très-faibles dans les distances pour que rétinccUe éclate de préférence entre l'une ou l'autre paire de boules. On a ainsi obtenu :

DISTANCES ÉQUIVALENTES ENTRE LES BOl'LES

RAPPORT

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