‹ Traité d'électricité statique (volume 3)Chapitre 41 sur 168 · DE POTENTIEL · texte numérisé non relu

DE POTENTIEL

EXPLOSIVE

DB POTKRTIBL

On voit qu'à partir d'une certaine distance, le potentiel varie extrêmement peu et parait tendre vers une limite. Ce résultat pouvait être prévu, car on conçoit que, si un corps conducteur complètement isolé reçoit une charge suffisante , l'électricité devra s'échapper dans l'air quelle que soit la distance des corps étrangers, et, dans ce cas, la longueur de l'étincelle serait pour ainsi dire illimitée. Cette circonstance est importante à signaler: ainsi, on commettrait une grave erreur en considérant la puissance d'une machine électrique comme proportionnelle à la longueur des étincelles qu'on en peut tirer; d'autre part, malgré la distance prodigieuse à laquelle se produisent les éclairs, on ne peut pas en conclure que le potentiel d'un nuage électrisé soit hoi*s de proportion avec ceux qu'on obtient par les machines électriques.

480. Mesares aiMoinea. — Il cst souvcut difficile de Comparer entre elles des expériences différentes d'électricité, parce que les observateurs négligent d'indiquer complètement les dimensions de leurs appareils et que, d'ailleurs, la valeur relative de deux instruments ne peut être déterminée en général que par

DÉCHARGES DISRDPnYËS.

une comparaison directe. Gauss (^) et W. Weber (*) ont introduit dans l'étude de Télectricité et du magnétisme l'usage des unités absolues, et toute détermination expérimentale de quelque exactitude doit être rapportée à des unités convenablement définies. Nous adopterons ici le milligramme et le millimétré.

D'après cela, une quantité (T électricité égale à V unité est une quantité tdle^ qu'en agissant sur une quantité égale placée à une distance d'un millimètre^ elle produit une répulsion égale à un milligramme. Le potentiel, étant le quotient d'une quantité d'électricité par une longueur, se trouve ainsi rapporté aux unités principales.

Le tableau que nous avons donné au n"" 465 a été déduit des résultats de M. Thomson et rapporté au milligramme et au millimètre. Il résulte, par exemple, de ces expériences que, pour provoquer une étincelle entre deux plateaux parallèles, il faut une différence de potentiel donnée en valeur absolue par les nombres suivants :

DISTAXCB EXPLOSIf E

DIFFÉRENCE DE POTEXTIEL

mm.

481 . J'ai fait quelques déterminations analogues sur la distance explosive entre deux sphères. Comme les électromètres statiques exigent toujours un certain temps pour arriver à l'équilibre, la détermination du potentiel d'un conducteur qui donne constamment des étincelles est très-difficile, parce que l'appareil de mesures éprouve des soubresauts continuels.

Pour éviter cette difficulté, j'ai employé une disposition qu'on peut appeler un trop-plein électrique. L'un des pôles P' d'une

;<) AnnaUê de Chimie et de Pkysiqtte, 2* série, t. LYU, p. 5. !*j Elekirodynamiêehe nuuubeÊiimmungen, Leipzig, 1846.

machine de Holtz étant réuni au sol, l'autre pAle P fut mis en communication, d'une part avec une pointe placée à une certaine distance d'un conducteur non isolé B et, d'autre part, avec la sphère S (fig. 142) de l'appareil à oscillations décrit au n* SIC. La tige qui reliait cette sphère à la machine passait par une ouverture ménagée dans un grand écran conducteur communiquant avec le sol, pour éviter l'action directe de la machine sur l'aiguille oscillante. Quand on fait tourner la machine d'une manière convenable, le pôle P et les conducteurs avec lesquels il communique s'électrisent, mais, aussitôt que le potentiel a atteint une certaine limite, la pointe laisse échapper des aigrettes continues qui maintiennent le niveau électrique sensiblement constant; si même l'électricité afflue parfois d'une manière trop rapide et provoque une étincelle entre la pointe et le conducteur opposé, la chute de potentiel ne dure qu'un instant très-court et la régularité des oscillations n'en est pas sensiblement troublée. On (lélcrmiiic ainsi, en valeurs absolues, les potentiels maxima V, V, V"..., que puisse garder lappareil, lorsque la pointe est maintenue à des distances différentes D, D', D"... du conducteur placé on regard.

Cela fait, on supprime l'appareil de mesures, puis on relie le polo P, d'une part avec la pointe et, d'autre part, avec une des boules d'un micromètre à étincelles dont l'autre boule communique avec le sol ; on détermine alors, pour les distances différentes D, I)', D"... de la pointe au conducteur, les distances équivalentes </, d\ d".,. entre les boules du micromètre, c'est-à-dire des distimces telles que les étincelles passent à peu près indifféremment d'un côté ou de l'autre. Cette table de comparaison donne la distance explosive d entre deux boules pour une valeur connue V du potentiel. Ici encore on admet d'une manière implicite que les aigrettes et les étincelles exigent la même différence de potentiel pour se produire entre deux conducteurs déterminés, et que ces deux formes de la décharge ne diffèrent que par la quantité d'électricité mise en jeu ; c'est là une propriété que nous avons déjà signalée et sur laquelle nous reviendrons plus tard.

Voici la moyenne des résultats obtenus par cette méthode dans plusieurs séries d'expériences ; les deux boules du micromètre

DÉCHARGES DISRIPTIYES.

avaient 22 millimètres de diamètre , et l'appareil était chargé par le pôle positif de la machine de Hollz.

DIBTANCB EXPLOSIVE

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