Wmtmm^ die 1 éllacclle an travem des corp» aolMes. — La
résistance que présentent les corps solides au passage des décharges électriques n'est pas sans limite. L'abl)é Nollet (') est le premier physicien qui ait fait mention de bouteilles de Leyde percées de petits trous ronds par la décharge électrique qui se produisait spontanément entre les deux armatures. 555. Perce-carte. — On répète liabituellement cette exj)érience
en faisant passer la di>charge d'une bou-
• ^ teille de Leyde entre deux pointes métalli-
I ques A et I) (tig. 20 i), plus ou moins
WM| . éloignées l'une de l'autre et séparées par
Jk une feuille de carton. La carte est percée
il d'un trou qui présente deux particularités
* I remarquables. D'aboid les déchirures du
papier ne sont pas rejetées seulement d'un
côté comme elles le seraieiit par une piqûre
d'épingle, mais elles forment des bavures
relevées autour du trou sur les deux faces;
il en résulte» que la décharge ne marche
pus dans un sens déterminé, le papier
parait s'tMre électrisé par influence et
chacune des deux surfaces semble avoir été attirée par la pointe
if»^
Fi-. 201.
(•', Ultrei Mitr Y électricité, vol.l. %1
EXPËRtEItCES D'ËLECTRICITË ET PROPRIËTËS DE L'ËTINCELLE. 167 la plus voisine. En outre, le trou esl toujours plus rapproché de lu pointe négative; Trcmery a montré que cette dilTéreDce est due à l'influence de l'air, car en répétant l'expérience sous une cloche, il a vu le trou se rapprocher de plus en plus du milieu de la disiancc des pointes, à mesure que la pression du gaz devenait plus faible. Avec une décharge de batterie, Van Harurn a fendu un cylindre de buis de 4 pouces de diamètre et .V,5 de hauteur; la surface de séparation des morceaux avait 1 j pouces carrés.
550. pnwTem. — L'expérience da perce-verre se fait de la même manière. Une lame de verre C (lig. 205), est placée horiluiitalcment sur un tube de verre rodé entre deux pointes métalliques. On fait communiquer la pointe inférieure B avec l'armature extérieure d'une bouteille <te Leyde qu'on tient à la main, et on approche le bouton du conducteur A qui porte la pointe supérieure. Pour éviter que l'élincellc n'aille d'une pointe à l'uulre en longeant la surface de lit lame, il est bon de noyer la pointe supérieure dans une goutte d'Iiuilc, et môme de met- p^^ 205.
tre une couche de térébenthine
de Venise ou d'huile entre la lame de verre et le bord du tube sur lequel elle est posée. Si l'éUnccllc correspond à une quantité rl'êleclricité assez faible, le verre est percé d'un petit trou ayant l'apparence d'un fil. Si la charge électrique est considérable comme celle que donnerait une balterie, le trou est beaucoup plus lai^c, le verre esl broyé sur le passage de l'étincelle el la lime est souvent brisée on morceaux.
hhl. Il importe de remarquer que, dans les expériences de celte nature, c'est surtout la différence de potentiel qui joue un n'ile prédominant et qu'il suffit en général d'une très-petite quantité d'électricité. Ainsi, on pourra percer une lame de verre de quelques mîllimèlrcs aussi bien et même plus facilement avec
;68 THAITÉ D'ÉLfXTRICITÉ STATIQUE.
une seule bouteille qu'avec une batterie. Les èlincellcs directes d'une machine électrique conviennent mieux, parce qu'elles sont plus longues; les étincelles d'une machine de Holtz munie de ses bouteilles de condensation réussissent mieux encore parce que ces bouteilles sont disposées en cascade : la différence des potentiels est alors très-élevée et la quantité d'électricité assez grande. Il est bien entendu que, dans tous les cas, il faut sépai*er le perceverre du conducteur de la machine par une étincelle auxiliaire, pour éviter les fuites continues d'électricité par les pointes.
On voit, d'après cela, que si l'on veut répéter rexpôrience du perce-verre d'une manière correcte, en évaluant les charges et les potentiels, il faut employer une cascade de plusieurs bouteilles (fig. 182). On pourra ainsi traverser une lame de verre d'une épaisseur plus grande que la somme des épaisseurs des bouteilles qui constituent la batterie.
558. La plus grande difficulté est d'empêcher que l'étincelle ne contourne la lame de verre au lieu de la traverser. On pourra, par exemple, emplir d'huile d'olive le petit tube sur lequel repose la lame, ou faire affleurer la pointe inférieure au centre d'un disque de verre sur lequel on colle la lame à percer par une couche bien continue de térébenthine.
Pour traverser des épaisseurs de verre de 8 à 10 centimètres, comme on y parvient avec les décharges d'une bobine d'induction, rexpérience doit être préparée avec beaucoup de soin ; voici à peu prés la méthode de M. Ruhmkorff. On creuse d'abord à la main deux petits trous opposés sur les deux faces d'un bloc de verre. Dans l'une des cavités on pose une tige de métal terminée en pointe, et de préférence par une pointe d'acier ; on entoure cette tige d'un tube de verre cylindrique, comme un gros verre de lampe, de 6 ou 7 centimètres de diamètre que l'on maintient en place en le scellant avec du plâtre à l'extérieur. On coule ensuite dans ce tube de la résine fondue ou du mastic de fonlainier et on prolonge môme le tube de verre par un tube de papier rempli de la même matière, de façon que la tige de métal se trouve placée dans Taxe d'un cylindre isolant de 50 à iO centimètres de hauteur environ. On pose ensuite l'appareil ainsi pi"éparé sur une autre pointe disposée comme la pointe inférieure du perce-verre ordinaire. Enfin, on {lùi passer la décharge entre
EIPÊniE>CES D'ËLKCTRICITÉ ET PROPRIÉTÉS DE L'ÉTINCELLE. Wi les deux pointes, el il est encore recommandé que la poinle noyée dans la résine forme le pdic négatif.
559. Tous CCS préparatifs sont longs, comme ou le voit, el l'appareil ne peut servir qu'une fois. MM. Terqucm et Traniiin (') ont imaginé une disposition qui permet de réaliser l'expérience plus rapidement et de la reproduire autant qu'on le veut en changeant simplement la lame
de vci're. La tige supérieure MP (fi^'. 206) terminée en pointe pé- Qctre dans un trou o percé au milieu d'une plaque de verre L ; elle est entourée de deux tubes de ïCPre concentri()ues tu et TU posés sur la plaque, et remplis d'un mélange de cire et de résine fondues. Cette substance adhère au verre d'une manière trèsénergique. La pointe inférieure P* est encastrée de la même manière dans une seconde plaque ' de verre L,, et la tige conductrice P'BN est noyée aussi dans le même mélange de cire et de résine. La lame de verre à percer V, bien dessécliée d'abord puiscou- M-rle sur ses deux faces d'huile d'olive ou de torébeiitliine, est Pig. jnn.
placée entre les deux plaques L
elL,. Le loul est posé sur une soucoupeenpoi-cchiineSporli'e par un pied E à vis calantes. On peut, avec cctle disposition, percer des lames de verre de plus de 5 ceuUmèti'es d'épaisseur.
560. Faifuritca. — Le dégagement do chaleur produit par la di-cliai^ électrique dans les corps mauvais conducteurs peut donner lieu aussi â des phénomènes do fusion. Ainsi l'on trouve quelquefois dans les terrains sablonneux recouvrant des couches humides, des tubes vitrifiés, lisses à riuléricur et recouverts de
' l.HrmaldePhyùqiu:.l. IV, p. 120.
grains de sable agglutinés, dont le diamètre intérieur varie de
1 à 50 millimètres et dont la longueur peut atteindre jusqu'à 10 métrés. On attribue ces tubes fulminaires ou fulguriles au j)assage de la foudre, car on a pu en observer qui étaient encore chauds et qui s'étaient produits aux points où Ton avait vu tomber la foudre. On peut imiter ce phénomène en faisant passer la décharge d'une batterie au travers d'une couche de verre pilé ou de sable mélangé de sel pour en augmenter la fusibilité. Beudant, Hachette et Savart ont obtenu ainsi, avec la gi^ande batterie du Conservatoire des arts et métiers, des tubes de 30 millimètres de long sur 2 millimètres de diamètre intérieur, qui présentaient quelque analogie avec les fulgurites.
M. Rollmann (*) a réalisé cette expérience d'une manière plus simple en substituant au verre pilé des matières beaucoup plus fusibles, comme de la fleur de soufre. 11 fait passer la déchai^ge d'une bouteille de Leyde, ou l'étincelle de la machine de Holtz, au travers de la fleur de soufre renfermée dans un tube ou mieux tassée dans un verre. En renversant ensuite le verre et faisant tomber doucement la poudre, on en retire un tube fondu trèsfragile, mais qui a quelquefois 60 millimètres de longueur et
2 millimètres de diamètre intérieur; ces petits tubes sont souvent ramifiés. Si la tige supérieure qui sert d'électrode ne touche, p is le soufre, la fulgurile se termine souvent par une sorte d'entonnoir. Enfin, si la dècliarge esl ralentie par une corde humide, on obtient au lieu d'un tube une tige pleine fondue. De semblal)les effets ont été souvent observés dans les coups de foudre.