‹ Traité d'électricité statique (volume 3)Chapitre 69 sur 168 · Propagation de Télectrlclté * la sarfaee den cor y Isa · texte numérisé non relu

Propagation de Télectrlclté * la sarfaee den cor y Isa

lanu. — On a déjà remarqué à propos des figures de Lichtenborg (iOO et 1 18) que, lorsqu'on dépose de rélcclricilé sur qucl- (|ues points d*un gâteau de résine, celte électricité se répaml, surtout si elle est positive, à une grande distance du point primitif le long de la surface.

De même, dans les machines électriques à {dateau, il se pi*oduit entre les mâchoires et les coussins, lorsque la machine est chargée à refus, de longues étincelles circulaires qui lèchent la surface du verre et parcourent ainsi un espace beaucoup plus grand qu'elles

'1 Pogg. Ann.. t. CXXX!V, p. Of).*». — Annales de Chimie et de Physique, 4» s^rie, l. XV, p. 47*>.

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lie pourraient le faire dans l'air. Dans tous les cas analogues, leleclricilc ne chemine pas en {^^énéral, au moins d'une manière complète, au travers du corp^ mauvais conducteur; elle passe le plus souvent, soit dans la couche de gaz qui est immédiatement en contact avec le plateau, soit par les substances étrangères qui se trouvent sur la surface. On sait d'ailleurs que les corps solides, et le verre en particulier, ont la propriété de condenser les gaz ambiants et surtout l'humidité atmosphérique; cette couche superficielle offre un passage plus facile à l'étiiicelle.

Ainsi encore, quand une batterie électrique est fortement électrisée, on entend des crépitements dus à des décharges partielles; dans l'obscurité , on aperçoit entre les armatures une multitude d'aigrettes qui courent à la surface des bouteilles ou sur la : couche de vernis dont on a recouvert les surfaces non métallisées. Si à ce moment on augmente encore la charge éh»ctrique de la batterie, on ne tarde pas à la voir se décharger par une longue étincelle qui éclate d'une armature à Tautre le long de la surface des bouteilles et à une distance beaucoup plus grande que celle qu*on obtiendrait dans l'air.

Cette conductibilité superficielle des corps isolants solides ou liquides donne lieu à un grand nombre de phénomènes curieux que nous indiquerons rapidement. On peut mettre en évidence les traces qu'ont suivies les décharges de deux manières : soit en faisant appaîraitre avec des poudres convenables l'électricité qui reste encore adhérente à la surface du corps isolant, soit en observant les altérations plus ou moins profondes qu'a subies la surface.

562. navres ée Uehtcnbers. — Le premier phénomène de rclte nature qui ait été observé est conrm sous le nom de figures de Lichtenberg; nous en avons profité pour mettre en évidence quelques effets d'influence et dèmonti'cr les propriétés de Télectropliore. On peut obtenir ces figures en projetant sur une surface électrisée partiellement, comme un gâteau de résine, une poudre quelconque à l'état neutre, qui s'attachera de préférence à tous les points électrisés. Si la surface porte des taches dilféri'ntes d'électricités conti'aires, on pourra y projeter une poudre elle-même électrisée : ainsi la poudre de lycopode, tamisée au travers d'une étoffe de lin, est un peu électrisée positivement.

djD sorte qu'elle se réunira en plus grande abondance sur les points chargés d'électricité négative. Le mélange de minium el de soufre, imaginé en 1788 par Villarsy, donne encore des ré* sultats plus complets puisque les deux poudres sont électrisécs en sens contraires par leur frottement réciproque, et dessinent séparément les taches des deux espèces d'électricité. Ce mélange constitue ainsi un électroscope extrêmement délicat. Enfin, on peut couYi'ir d'abord de poussière d'une manière uniforme une surface parfaitement neutre et y produire ensuite les décharges électriques: alors les poussières sont rejetées à une certaine distance et les parties dénudées reproduisent encore des ligures analogues aux précédentes.

563. On remarque dans ces figures, par quelque procédé qu'on les ait obtenues, que l'électricité positive s'étend toujours à une plus grande dist inco que la iiégîUive. M. Riess (/) a cherché à comparer ces deux sortes de ccmductibilités. Il a placé niie double plaque de résine enliv deux pointes et, mettant Tune de ces Jointes en communicntion avec l'armature extérieure d'une b<\uteille de Leyde, il provoquait une étincelle entre le bouton de la bouteille et un conducttîur communiquant avec l'autre pointe. Avec le mélange des jmudres, on obtenait ensuite sous la pointe négative un cercle rouge, et sous la pointe positive une étoile r.iyonnante jaune. Les rayons positifs s'étendaient toujours plus loin que le cercle négatif; le rapport des rayons des deux surfaces couvertes par les décharges a été sensiblement égal à 2 lorsque l'armature intérieure était négative, et à 5 quand cette armature était positive avec une charge égale.

(les nombres n'ont pas de signification générale, car les ivsultatssont très-dilférents quand on opère avec des potentiels plus faibles. Si le gâteau, par exemple, au lieu de recevoir une véritable décharge en aigrette, est |)lacé pendant assez longtemps à ([uehiue distance d'un corps électrisé, comme une grosse boule reliée à l'armature intérieure d'une bouteille de Leyde, et qu'on y projette ensuite les poussières après avoir (»nlevé la bouteille, on obtient des taches circulaires bien régulières, quelle que soit l'espèce d'électricité; ce phénomène est dû sans doute aux mole-

' liejhnngscic/ilricitnt, Bd II, p. T-ir».

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cules de gaz ou aux matières suspendues dans Fair qui s'électrisent sur la boule et sont repoussées de là vers la plaque isolante.

De même, si l'on promène sur la plaque une pointe communiquant avec l'un des polos positif ou négatif d'une pile sèche, on obtient dans les deux cas des traits déliés qui ne présentent d'autres différences que la couleur des poussières.

Enfin, l'air extérieur joue un rôle dans le phénomène, car Lichtenberg avait remarqué (*) que les taches s'élargissent beaucoup quand on fait rexpérience dans le vide et que l'image négative, tout en restant plus petite, s'entoure aussi de ramificalions, de sorte que la différence d'aspect des deux électricités diminue de plus en plus.

Pour i-endre compte de ces différences, M. Riess fait remarquer d'abord que toutes les surfaces exposées à l'air sont couvertes de poussières ou au moins de gouttelettes de vapeur condensée, et que presque toutes les poudres s'électrisent négativement par le frottement. Au moment de la décharge, toutes ces substances sont chassées le long de la surface, s'électrisent négativement et offrent ainsi un chemin plus facile à l'électricité positive.

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