‹ Traité d'électricité statique (volume 4)Chapitre 109 sur 176 · POIDS DU FIL FOXDU · texte numérisé non relu

POIDS DU FIL FOXDU

FU n- 16

no P^""^

84 pouces

mm. q.

185 mg.

. nM2

Le poids de fil fondu diminue rapidement à mesure que le

diamètre augmente, même quand la résistance du fii est assez grande pour que l'on soit certain qu'il absorbe la plus grande partie de la chaleur. L'influence de la surface parait donc bien démontrée. Il est vrai que les fils aplatis en rubans résistent mieux que lorsquMls ont une section circulaire (M. Melsens), mais les résultats ne sont plus alors directement comparables, parce qu'il faudrait tenir compte de la distribution de l'électricité. Enfin Yan Marum a reconnu aussi que le résidu d'une batterie est sensiblement plus grand quand le fil par lequel on fait passer la décharge a été complètement fondu.

11 résulte de là que le poids de métal fondu ne correspond pas à l'énergie électrique de la décharge ; il n'en indique qu'une valeur minimum et l'on peut admettre, comme résultat approximatif, que les deux tiers au plus de la chaleur disponible sont employés à la fusion. Cette fraction doit dépendre surtout du rapport qui existe entre le contour et la section du fil, c'est-àdire simplement du diamètre, de sorte que, pour deux fils différents de sections égales, le rapport des poids fondus par une même décharge doit être égal au rapport des chaleui*s de fusion. Van Marum a trouvé ainsi que des fils de plomb et d'étain passés à la même filière sont fondus sur des longueurs égales. Or, le produit de la densité du plomb 11,55 par sa chaleur de fusion 15,86 (Person) csl égal à 179 ; le produit de la densité de l'élain 7,29 par la chaleur de fusion 27,41 donne 200, nombre qui diffère peu du premier.

Cependant il y a encore d'autres causes qui influent sur ce phénomène. Ainsi, d'après la densité du fer (7,78) et du cuivre (8,78), et les chaleurs de fusion de ces métaux déterminées par M. Grûner, on trouve que les quantités de chaleur nécessaires pour fondre des longueurs égales de fil de cuivre et de fer de même diamètre sont entre elles comme 145 est à 195; d'où il résulterait que le cuivre doit être plus facile à fondre. Or l'exporieiice indique précisément le contraire. On a reconnu depuis bien longtemps qu'à diamètre égal, le fer est fondu sur une plus grande longueur que le cuivre par la niùnie décliarge électrique; mais M. Mclsens a trouvé que ce résultat n'est pas général, cl que, pour des fils très-lins, c'est au contraire le cuivre qui fond le plus facilement. On voit donc cpie la fusion des métuux poul

être employée utilement pour comparer des décharges électriques, mais qu'il est impossible, au moins quant à présent, d*en déduire des nombres absolus.

881. Les renseignements qui nous ont été transmis sur les machines électriques célèbres, par les expérimentateurs qui les ont employées, ne suffisent pas généralement pour qu'on puisse en déduire une comparaison exacte avec les instruments que Ton possède aujourd'hui. Yan Marum est le seul qui ait donné des détails très-circonstanciés. Avec 100 teurs de plateau de sa machine, il pouvait électriser une batterie de 135 bouteilles, d'un pied carré de surface chacune, au point d'obtenir une décharge spontanée entre les armatures. Ce renseignement n'apprend rien sur le débit de la machine ; mais Yan Marum indique que cette même batterie chargée à refus pouvait fondre 25 pieds d'un fil de fer de —^ ^^ pouce de diamètre, ce qui fait 661 milligrammes de fer, lesquels exigent 661 x 250= 165 000 millionièmes de calorie ou 0"M65; cette quantité de chaleur équivaut enfin i\ 0J65 X 436 = 72 kilogrammètres. L'énergie d'une telle batterie est donc, avec nos unités, représentée par 72 x 10'.

M. Yan der Willigen a eu l'obligeance de mettre à ma disposition deux bouteilles ayant fait partie de la batterie de Yan Marum. En employant la méthode indiquée plus haut (878), j'ai trouvé que la capacité d'un pied carré de ces bouteilles est d'environ 13", 50. La capacité de la batterie entière était donc

klUlU

L'énergie électrique W étant exprimée par la formule

on en déduit pour la quantité d'électricité

M = V2CW = V2 X 1820 X 10' X 72 X 10" = 512 X 10*.

Enfin, si la charge de la batterie a exigé 100 tours de plateau, il reste pour le débit d'électricité relatif à chaque tour

c'est-à-dire plus de 8 fois la quantité d'électricité que fouitiit la machine de Holtz double (878) à chaque rotation, ou 4 fois le débit de notre machine de Ramsden de i^fi^. Mais la machine de Van Marum ne faisait que 40 tours à la minute, de sorte qu'elle débitait en réalité, pendant l'unité de temps, 2 fois moins d*électricité que nos machines de Holtz doubles.

Toutefois, il y aurait encore à faire plusieurs corrections à ce calcul. Si Ton admet que les deux tiers seulement de l'énergie a été employée à fondre le fer, il nous faudra multiplier la masse

calculée par i/- = i,23; il faudrait aussi tenir compte du résidu

de la batterie, mais j'ai reconnu que le résidu des bouteilles de Van Marum est tout à fait négligeable. En définitive, chacun des plateaux de la machine de Van Marum fournissait une quantité d'électricité plus que double de celle que nous avons obtenue avec un plateau de mêmes dimensions.

La machine hydro-électrique construite par M. Armstrong pour l'Institution polytechnique de Londres, est aussi très-remarquable. Cette machine produisait par minute 140 décharges (') d'une grande bouteille de Lcyde, que la machine à plateau du même établissement chargeait seulement seulement 50 fois pendant le même temps. En admettant que cette machine à frottement valût deux fois celle de Ramsden qui nous a servi d*unité, on voit que le débit de l'appareil d^Armstrong était encore notablement plus faible que celui d'une machine de Holtz double.

Plusieurs physiciens, entre autres Faraday (•), M. Kohlrausch (') et M. Rossetti, ont comparé le débit des machines électriques à frottement aux courants continus fournis par les piles électriques, soit à l'aide de la décomposition de l'eau, soit par l'action du courant sur l'aiguille d'un galvanomètre; mais ces expériences, surtout pour ce qui a trait aux mesures absolues, s'appuient sur des considérations étrangères à l'électricité statique, et il ne serait pas opportun de les exaniiner ici.

(*) Phil, Mag., i. XXHI, p. 104. — Une eiTcur a été commise dans la UvducUon de ce mémoire pour les Annalct de chimie et de physique, 3* série t. X, p. i06.

{•) Exp. Researches, 1. 1. p. 84 et 253.

(S) Pogg. Ann., t. CXXXV, p. 120. — Annalei de Chimie et de Pk^ique i" série, t. XVI, p. 484.

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