Cirralte A II
MUfii. — Les liquides donnent aussi, indépendamment des forces électromotrices de contact ordinaires, de véritables courants thermoélectriques. Nous avons vu que le contact de couches de mercure inégalement chaudes ne produit aucun effet électrique; M. Ed. Becquerel (^) a vérifié, à l'aide d'un appareil très-simple, qu'il en est de même pour tous les liquides. Le liquide est renfermé dans une boule K (fig. t!74) qui communique par des tubes en siphons avec deux verres L et L' dans lesquels plongent deux lames d'or ou de platine. On peut chauffer un point quelconque de la colonne de liquide renfermée dans le tube et la boule, sans qu*il y ait trace de courant.
Pour échauffer la surface de contact de deux liquides diffé- HMits, M. Wild se sert de Tapparoil que nous avons déjà di»crit.
Fig. i74.
''/ Anmalet dt Chimie et tie Phjtitfue, K* série» t. YUI, p. Ô)i9.
Les deux branches verticales (lig. 275) contiennent à leur partie inférieure des colonnes d'un même liquide L, réunies vers la partie supérieure par un liquide différent L', ce qui donne deux surfaces de contact A et B, sur lesquelles on met deux thermomètres T et T'. L'un des contacts A est entouré d'un manchon dans lequel on peut laire passer un courant de vapeur. Les deux lames do métal inférieures sont plongées dans deux
vases V et V contenant de Teau, pour être maintenues à températuie constante, et communiquent avec un galvanomètre. Le courant est nul tant que les thermomètres T et T' sont à la même température, et il devient manifeste dès que les températures sont différentes. Dans les expériences de M. Wild, les températures des surfaces de séparation étaient respectivement de 55" et de 20*^ ; l'acide suUurique étendu, de densité égale à 1,05, et une dissolution de sulfate de cuivre de 1,10 de densité, ont déterminé dans un galvanomètre une déviation de 72** contraire à une déviation primitive de lO'*. Une dissolution de sulfate de zinc, de densité égale à 1,20, et une dissolution de sulfate de magnésie, de densité égale à 1,05, ont donné une déviation de 20% contraire à une déviation primitive de 5** seulement. Toutefois, il importe de remarquer que, par suite de la diffusion, il se forme peu à peu au voisinage de la surface de séparation un mélange qui équivaut à un troisième liquide interposé , et la somme des forces électromotrices des deux nouveaux contacts n'est pas toujours égale à celle qui résulterait du contact direct des liquides primitifs.
940. La disposition employée par M. Ed. Becquerel est encore plus simple. Dans un tube AG (fig. 276) recourbé plusieurs fois et muni d'ouvertures convenables C, E, on introduit avec précaution, pour éviter tout mélange, deux liquides de den-
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Fig. 275.
DES SOURCES D'ÉLECTRICiTË.
sites ditTérenles, de maiiiùrc que la surface de séparation soit située dans la brandie moyenne ; celle-ci est entourée d'un vase renfermant de l'eau dans laquelle est placé un lliermomètre. Les branches extrêmes sont réunies par des lames de platine à un galvanomùtre. Dans ces condilioiis, le courant n'est jamais nul si la tempéralure est la même dans toute la colonne liquide ; mais, (juand on chauffe ou qu'on refroidit le liquide du manchon , l'inlensllé du courant change dans un sens ou dans l'aulre, ce qui prouve bien l'influence de la température. U est facile, d'ailleurs, d'employer trots colonnes de liquides difl'érenls, pom' éviter les courants dus aux forces élec- Iromotrices de contact et ne laisser subsister que l'effet tliermoélcctrique.
Les résultats de M. Becquerel ne soni pas tout à fait d'accord avec ceux de M. \Vild. L'intensité du courant s'accrut en général, plus ou moins rapidement, quand on échauffa la surface de contact des deux Uquides.
Cependant, avec une dissolution de persulfure de potassium el une dissolution étendue de sul- Talc de potasse, qui donnaient un courant initial très-éncryiquc, une variation de température de 85° ne modifia pas l'in- fic r.r. tensité d'une manière sensible.
Enfin, il en est de môme pour le contact des liquides et des métaux. Pour le démontrer, il sulîit de mettre un seul liquide dans l'appareil de M. Wild et de chauffer l'un des vases dans lesquels plon<ient les tubes verticaux ; avec l'appareil de M. Ed. Becquerel, on placera dans un manchon l'une des deux branches extrêmes, de manière à chauffer le contact du liquide avec la lame de platine. Quelle que suit la disposition, on coiislale que réchaufïemcnl de la surface de conlact du liquide avec le métal produit un courant, s'il n'en existait pas, ou modifie celui qui exisUiil d'abord.