Comme la tourmaline est un corps mauvais conducteur
,*) Phil. trnti»., vol. M. p. 403,(1751^.)
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de rélcclricilé, on peut aussi Télectriser par froltemenl; si l'on combine celte propriété nouvelle avec la précédente, et surtout si les deux pôles du cristal éprouvent des changements de température différents, il peut en résulter des efl'ets extrêmement complexes qui ont rendu très-difficile Tétude de ce phénomène.
Ainsi, pendant qu'un cristal se refroidit, on peut électriser par frottement le pôle qui doit devenir négatif; Cette extrémité donne alors des signes d'électricité positive, de sorle que la tourmaline semble électrisée d'une seule manière dans toute son étendue. D'autre part, quand une baguette de tourmaline se refroidit uniformément. Tune des extrémités A étant positive et l'autre B négative, il y a nécessairement vers le milieu un point neutre. Si, en môme temps qu'on laisse refroidir l'extrémité A, on échauffe l'autre extrémité, on voit que les deux pôles extrêmes seront positifs ; mais alors la région moyenne du cristal est négative, et elle possède une quantité d'électricité égale à la somme de celles qui existent aux extrémités. Dans ce cas, le cristal entier se comporte comme s'il était formé de deux cristaux différents, ajoutés bout à bout par leurs pôles de mômes signes, et il existe deux points neutres. On peut aussi faire en sorte que l'un des points neutres soit à une extrémité, ce qui donne lieu à un grand nombre de combinaisons, sur lesquelles il est inutile d'insister.
990. Toutes ces particularités présentent la plus grande analogie avec les pôles des aimants ordinaires et la distribution du magnétisme dans les barreaux aimantés à points conséquents* Canton a retrouvé aussi le phénomène corrélatif de la rupture des aimants. En brisant une tourmaline qui se refroidit et qui possède deux pôles électriques seulement, il a constaté que les morceaux présentent chacun deux pôles, et que les extrémités nouvelles correspondant à la rupture sont de signes contraires.
Brew'ster (*) a montré qu'il en est ainsi pour Içs plus petib fragments. Quand on jette sur une lame de verre la poussière obtenue en broyant une tourmaline dans un mortier d'acier, on reconnaît qu'elle n'y adhère pas, si la lame est à la température ordinaire; mais, aussitôt qu'on chauffe la lame, l'adhérence
(1; Annaleê de Chimie et de Physique, 2* sériCi t. XXVni, p. 161.
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devienl manifeste, et si Ton agite la poudre, elle a une tendance évidente à se réunir en pelotons qui rappellent rexpéricnce du spectre magnétique.
991. M. Becquerel (*) a employé une méthode ingénieuse pour évaluer les quantités d'électricité développées pendant réchauffement ou le refroidissement. La tourmaline est placée dans une chape en papier suspendue par un fil de cocon dans l'intérieur d'un vase en verre. Dans ce vase et à peu de dislance des extrémités du crislal sont deux tiges qui communiquent avec les pôles d'une pile sèche. Aussitôt que la tourmaline est devenue électrique, elle se place dans la ligne des tiges et, si on la dérange de cette position, elle y revient par une suite d'oscillations dont la vilesse peut servir à déterminer la quantité d'électricité qui existe aux extrémités. Toutefois, à cause des propriétés isolantes de la tourmaline, les charges électriques se conservent longtemps, de sorte que la durée des oscillations qui s'effectuent pendant un changement de température déterminé dépend, non pas seulement de cette variation de température, mais de la quantité d'électricité accumulée déjà depuis le début de l'opération. La charge réelle est alors, sauf la déperdition, l'intégrale de toutes celles qui se sont développées, par suite des changements de température successifs.
992. Cette propriété constatée d'abord dans la tourmaline, puis étendue à un grand nombre d'autres cristaux naturels ou artificiels, a reçu le nom de pyro-électricité pour la distinguer de la thermo-électricité, réservée à l'ensemble des phénomènes produits par la chaleur dans les métaux cl les corps conducteurs. Pour rendre la description des ex[»ériences plus rapide, nous appellerons, avec MM. Hiess cl Rose (*), pôle analogue d'un cristal celui qui devient positif quand la température s'élève, et négatif quand elle s'abaisse, de sorte que le signe d'électricité est toujours le même que celui de la variation de teinpératuie, cl pôle antUogue Text rémité dont le signe électrique est contraire à celui de la variation de température.