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Malgré quelques irrégularités dans les résultats, ce tableau montre clairement que, pour des boules de 5 ou 5 centimètres, la distance explosive est sensiblement la même, mais la loi du phénomène est tout à fait modifiée quand Tétincelle se produit entre deux plateaux. Dans ce cas, du moins avec les dimensions employées, le potentiel croit d*abord plus rapidement que la distance explosive et le rapport de ces deux quantités varie peu entre des limites assez étendues; d*autre part, la quantité d'électricité nécessaire pour la décharge est moitié moindre qu'entre les boules. Entre une boule négative et un plateau positif, la décharge se fait à peu prés de la même manière qu'entre deux pla* tcaux. Il résulte de là que la forme même de la loi qui règle les distances explosives dépend de la forme des conducteurs.
479. Expérlea«ea «vec des poteatlels trés-élcYé«. — LeS batteries ordinaires ne permettent pas d'obtenir de grandes distances explosives parce qu'elles se déchargent spontanément ou se brisent, de sorte qu*il devient bientôt impossible d'évaluer par la bouteille de Lane les quantités d'électricité ou les différences de potentiel; d'autre part, tout appareil de mesure basé sur l'équilibre électrique cesse de fonctionner d'une manière régulière, quand les conducteurs se déchargent fréquemment par des étin-
88 TRAITE D'ÉLECTRlCnt STATIQUE.
celles. On peut, à l'aide d'uQC batterie de bouteilles disposées en cascade d'une manière particulière, équilibrer, par une somme de dilTérences de potentiel plus faibles, une difTêrence de potentiel trop considérable pour être évaluée directement.
Pour cela, on prend une série de bouteilles de Leyde A,, A,, A,,... A,, réunies en cascade, comme l'indique la figure 176, par des fils d'un gros diamètre entourés de gutta-percha. Au-dessus des boules qui terminent les armatures intérieures de ces bouteilles est une baguette de verre DC portant une série de boules de métal B„ B B,, placées exactement en regard des précé-
dentes ; la première boule B, est réunie à l'armalure intérieure de la seconde bouteille et, par suite, à l'armature extérieure de la première ; il en est de même pour les suivantes. Les choses étant ainsi disposées, on met l'armature intérieure A, de la première bouteille en communication par une triugle R avec un conducteur P, et l'armature eitérieure B, de la dernière en communication avec un autre conducteur P' par une tringleft'. Si, la batterie étant à l'état neutre, on établit entre les conducteurs P et 1" une certaine différence de potentiel, les n bouteilles de la batterie seront électrisées par influences successives, et il se produira entre les deux armatures de chacune d'elles une dilTérencc de potentiel n fois plus faible.
DÉCHARGES DISRUPTIVES. 80
Supposons que toutes les boules correspondantes, Aj etBp A^ etB,, etc., soient également distantes Tune de l'autre; si la différence de potentiel est suffisante, il se produira simultanément entre toutes ces boules des étincelles identiques. On réunit alors les conducteurs P et P' séparément avec les deux branches d'un excitateur, et Ton détermine par tâtonnements la distance D à laquelle il faut les écarter pour que la décharge se produise à peu près indifféremment par l'excitateur ou par la cascade de bouteilles. En désignant par V la différence de potentiel nécessaire pour qu'une étincelle ait lieu entre les boules A^ et B^ de la batterie, on voit que, dans le cas de la figure, la différence de potentiel nécessaire pour vaincre la distance D des branches de l'excitateur sera égale à 6V. On supprime ensuite une des bouteilles de la batterie en posant simplement la tringle R' sur le conducteur Bjj, et la nouvelle distance explosive D' de l'excitateur, équivalente à la batterie, correspondra à la différence de potentiel 5V; et ainsi de suite. On déterminera ainsi les distances explosives D, D',... qui correspondent à des différences de potentiel variant comme les nombres 6, 5, 4, 3, 2 et 1. Si la plus petite de ces distances est comprise entre les limites (de \ à 5 millimètres, par exemple) pour lesquelles la loi de proportionnalité soit suffisamment approchée, on aura immédiatement la valeur de 6V. Sinon, on abaissera un peu la baguette de verre supérieure DC, et on la fixera dans une outre position, de manière à obtenir une nouvelle série de mesures empiétant sur la première. On trace alors une courbe en prenant pour abscisses les distances explosives D,D'..., observées dans une série d'expériences, et pour ordonnées des longueurs proportionnelles aux différences de potentiels, c'est-à-dire variant comme les nombres 6, 5» 4.... On construit ensuite la portion de courbe relative à une autre série d'expériences, en représentant par une même ordonnée la différence de potentiel qui correspond à une distance explosive observée dans les deux cas.
En fait, le phénomène est extrêmement régulier : les courbes ainsi construites sont à peu près recti lignes dans le voisinage de lorigine, mais elles se courbent bientôt en tournant leur concavité vers l'axe des abscisses et paraissent tendre vers une asymptote horizontale; les différentes expériences, dont nous
extrayons le tableau qui suit, s'accordaient à ^ près. Les deux conducteui^s que nous avons appelés P et P' étaient les deux pôles d'une machine de Uoltz ; les deux boules de Texcitaleur entre lesquels se produisait Tétincelle avaient 3 centimètres de diamètre, et on a pris pour unité la difTérence de potentiel qui correspond à une distance explosive d'un millimètre.
DISTANCE
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DISTANCE
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EXPLOtflTB