‹ Traité d'électricité statique (volume 4)Chapitre 62 sur 176 · PETITES BOULES · texte numérisé non relu

PETITES BOULES

La première colonne est relative au cas où les petites boules / et t communiquent avec la machine qui fournit dé Télectricité positive ; les nombres de la seconde colonne correspondent au cas où les boules / et /' communiquent avec le sol, les autres communiquant directement avec la machine. Les pouYoirs isolants paraissent dépendre du sens dans lequel se produit la décharge, mais les résultats (sauf pour Tacide chlorhydrique) sont assez voisins pour que les différences puissent être attribuées aux erreurs expérimentales.

En effet, les expériences ne comportaient guère de précision. Ainsi, la cloche renfermant de l'air, les limites extrêmes de la distance u\ lorsque les petites boules étaient positives, ont été 0,60 et 0,79 dont la moyenne est 0,695; lorsque les petites boules étaient négatives, les distances limites ont été 0,59 et 0,68 dont la moyenne est 0,635. Ces moyennes diffèrent toutes deux de la distance 0,62 des boules renfermées dans la cloche, ce qui ne devrait pas être. D'ailleurs, d'autres expériences conduisaient à des résultats sensiblement différents, de sorte qu'il ne faut voir dans ce tableau qu'une indication du sens des phénomènes. L'écart des valeurs extrêmes de la distance u' était surtout marqué quand les petites boules étaient positives.

Masson avait obtenu des nombres Irès-différents, 0,98 pour l'hydrogène, 1,13 pour l'acide carbonique, mais sa méthode qui était basée sur l'emploi du photomètre parait encore moins cor* recte que celle de Faraday.

499. ÉtiiMeiies dans les liquides. — Les liquides étant généra"

DÉCHARGES mSRUPTIYKS. III

lement asseï mauvais conducteurs de I*électricîlé, les décharges électriques peuvent les traverser sous forme d*étincelles comme cela a lieu dans les gaz. Beccaria (') a pu même obtenir des étincelles dans Teau, bien que ce liquide soit un bon conducteur. Masson a indiqué (112) un moyen très-simple de constater l'inégale résistance des liquides au passage de Télectricité ; c'est de placer dans un liquide un tourniquet électrique en communication avec une machine. Cet appareil ne tourne pas dans Teau, par exemple, et tourne dans un liquide mauvais conducteur, comme l'essence de térébenthine ou l'huile d'olive.

Une autre expérience consiste à produire une étincelle entre deux boules, dont l'une est submergée dans l'eau et l'autre à l'extérieur, au-dessus de la première et à une petite distance de la surface. Dans ce cas l'étincelle passe directement entre les deux boules en ligne droite. Il suffit de verser a la surface de Teau une mince couche d'huile pour que l'étincelle ne se produise plus de la même manière, elle sétale alors sur la couche huileuse en se ramifiant et va chercher un autre chemin vers les parois du vase.

500. Masson (') a comparé la résistance des liquides au passage de Tétincelle avec la résistance de Tair par la méthode des déri- Titîons, comme Tavait fait Faraday pour les gaz. Par exemple, en plaçant deux boules dans Teau ù la distance de U*",25 et deux boules identiques dans Tair à S'^'^'^lb, l'étincelle passait conslammeot dans l'air ; en écartant ces dernières boules de 5**, 50, l'étincelle passait au contraire toujours dans Teau. Le rapport des deux distances étant 12,6 pour le premier cas et 14 pour le second, on pouvait prendre la moyenne 13,5 comme indiquant le rapport du pouvoir isolant de Teau à celui de l'air.

En opérant de même pour difl'érents liquides, Masson a obtenu les résultats suivants :

Air 1 .

Éthcr 7 .

Esprit de vin de commerce M .

Eau 15 .

Alcool absolu H

Efttenoe de térébenthine t«»

* FrictUey, Miotrv tie VéUdriciU, t. I. p. 381.

•) AmmmUê éU CkUmit H ^ PAyti^nt, 3* téric, I. XXX, p. 40.

... .ijr

Il est quelquefois difficile de provoquer les étincelles dans les liquides, à cause des fuites d'électricité qui ne permettent pas aux conducteurs d'atteindre une différence de potentiel suffisante, mais on y parvient plus aisément en ayant recours à une étincelle auxiliaire sur le trajet des boules à la machine. Avec les liquides autres que l'eau, l'alcool, l'éther et l'essence, Masson n'a pas pu obtenir de distances explosives supérieures à 3"" ; ctl alors la décharge prenait un très-grand éclat. Dans les liquides carbures, l'essence de térébenthine en particulier, il se produit des filaments noirs qui restent tendus entre les boules et nuisent à la régularité des expériences ; ces filaments sont dea parcelles de charbon qui proviennent de la décomposition du liquide par l'étincelle.

501. Réfraetioii de l'étincelle. — On peut montrer par une expérience, dont la forme est au moins curieuse, que la résistance des liquides est très-grande par rapporta celle des'gaz. Dans un vase en verre on verse un mélange d'huile d'olive et d'essence de térébenthine en parties à peu près égales. Deux boules de métal portées par des tiges verticales recourbées horizontalement, comme celle qui est représentée en L (fig. 174), sont placées. Tune dans le liquide à une profondeur de quelques millimètres, l'autre dans l'air à une petite distancé du liquide, mais à 10 centimètres environ de la première, et l'on fait éclater une étincelle entre ces deux boules. L'étincelle part de la boule submergée presque normalement à la surface du liquide, et marche ensuite directement vers l'autre boule. La nature du phénomène ne permet pas de déterminer ces directions exactement, puisque des étincelles aussi longues sont un peu en zigzag et qu'elles ne se produisent pas toujours au même point, mais il y a là quelque chose d'analogue à la réfraction de la lumière. L'étincelle prend évidemment le chemin qui offre la moindre résistance et fait un trajet très-court dans le liquide.

Si les deux boules sont submergées et a plusieurs centimètres de la surface, l'étincelle part entre elles en ligne droite; si, laissant entre les boules le même écart, on les rapproche de la surface, il arrive un moment où Tétincelle se dirige presque normalement de chacune des boules vers la surface du liquide, et quitte le liquide pour cheminer dans Tair vers l'autre boulci Le

DÉCHARGES DlSRUPmES. 113

phénomène présente alors une grossière analogie avec celui de la réflexion totale de la lumière.

L'expérience réussit de la même manière avec la beniine ou Tessence de térébenthine, mais alors le liquide s enflamme facilement, ce qui peut ofTrir quelques dangers, parce qu*on opère sur une quantité assez grande ; Taddition dliuile d olive a pour but de rendre le liquide moins inflammable, tandis que Thuile d*olive pure offrirait une trop grande résistance à Fétincelle.

502. Ces expériences m'ont permis de constater encore un phénomène tout à fait inattendu. Quand on décharge une batterie entre deux boules plongées dans un liquide mauvais conducteur, comme Tessence de térébenthine, et que la distance explosive est très-grande, il arrive souvent que Tètincelle ne se produit pas au moment où Ton ferme le circuit extérieur. Cependant le liquide est légèrement agité, et au bout d*un temps appréciable, qui atteint quelquefois 10 ou 15 secondes, la décharge se fait violemment. Ce relard à la production de rétincelle ne s*est manifesté qu^avcc des chai*ges électriques assez grandes, et quand la distance explosive était voisine de la limite maximum (de 5 k 15 millimètres, ce qui équivaut, d'après les nombres de Masson, à une distance de 8 à 20 centimètres dans Pair). A ce moment, la décharge est si violente, qu'une colonne liquide se soulève audessus de b surface, et que le vase en verre, en porcelaine ou ea terre cuite est fréquemment brisé : il faut avoir soin de le placer dans un vase plus grand aOn de i*ecueillir le liquide et les débris, et prendre des précautions pour éviter les dangers qui résulte* raient de Tinflammation de Tessence.

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