‹ Traité d'électricité statiqueChapitre 23 sur 123 · DE T0B8I0X · texte numérisé non relu

DE T0B8I0X

On voit que la perte d'électricité et un temps donné est à peu prés en raison inverse de la distance des deux corps électrisés. La couche d'air intermédiaire jouerait dans ce cas un rôle tout à fait analogue à celui d'un cylindre conducteur parcouru parun flux d'électricité, conformément aux lois d'Ohm.

Pression. — Les résultats les çlus intéressants obtenus par M. Halteucci sont ceux qui concernent les changements de pression. Quand un corps fortement électrisé est placé dans une atmosphère raréfiée, il perd d'abord brusquement une grande quantité d'électricité pour subir ensuite une déperdition lente et régulière. La charge électrique maximum qu'un corps est capable de garder dans un gaz, est sensiblement proportionnelle à la pression. Cette loi avait été énoncée déjà par M. Harris, et M. Mattcucci l'a vérifiée entre des limites très-étendues, la pression ayant varié dans ses expériences de 5"™ à 768""*'. La boule fixe de la balance a (fig. 17), munie de sa tige isolante, était placée dans Taxe d'une cavité cylindrique de métal communiquant avec le sol et ayant 10 centimètres de diamètre. On recouvrait le cylindre et la boule d'une cloche munie d'une tubulure dans laquelle pouvait glisser une tige métallique terminée en bas par une boule b et en haut par un crochet c. Pour charger la boule a, on pouvait opérer de deux manières : raréfier le gaz d'abord,

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amener la lige de métal en conlact avec la boule, toucher le sommet de cette tige avec le bouton d'une bouteille de Leyde, chargée par un nombre déterminé de tours de la machine, nombre de tours qui restait le mémo dans foutes les expériences, relever la tige avec un corps isolant, puis laisser rentrer l'air, enlever la boule a et la porter dans la balance; ou bien encore, charger la boule à la pression ordinaire, l'isoler, raréfier le gaz et laisser ensuite rentrer l'air dans la cloche.

La charge que conserve la boule a est indépendante du mode d'opération ; elle est la mâme quand on l'électrise avant ou après avoir raréfié l'air.

Le cylindre de métal a pour but de recueillir l'électricité que

laisse échapper la boule et de ne pas la laisser se déposer sur le verre de la cloche, où elle pourrait nuire aux expériences.

Quant à la déperdition régulière, elle est beaucoup plus faible dans les gaz raréfiés. Pour s'en assurer, il suffît de mettre un i-lectroscopc chargé sous une cloche dans laquelle on fait te vide ordinaire : la déviation persiste pendant un temps beaucoup plus long que dans l'air. M. Mattcucci a formé ainsi un ëleciroscope à l'aide de deux feuilles d'or suspendues dans une cloche à vide par un fil de soie; on pouvait électriscr ces feuilles au moyen d'un conducteur courbe passant à travers la tubulure de la cloche, conducteur que l'on éloignait ensuite, la pression étant de

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3"*" seulement, la dislance des feuilles d'or n'a pas varié d'une manière appréciable pendant deux jours. Pour rendre les expériences plus comparables entre elles, il a formé encore une sorte de balance (fig. 18) à l'aide d'une aiguille A6 suspendue par un brin de soie sans torsion et portant un petit aimant A qui lui donnait une faible force directrice. Cette aiguille était terminée par une boule conductrice 6 qui, dans sa position d'équilibre, était en contact avec une boule a suspendue par un fil de soie. On électrisait encore les deux boules à l'aide d'un conducteur courbe a/. A la pression de 757™",5, l'aiguille a mis 4"5' pour revenir de la déviation de 40"" jusqu'au contact. La pression étant réduite à 400""", la distance primitive des boules était d'abord de38°,5 el, au bout de li^'lS', elle était encore de 15^

42. On peut s'expliquer par là comment l'air raréfié parait se comporter comme un excellent conducteur d'électricité. C est que la charge maximum que peut garder dans l'air un corps conducteur est d'autant plus petite que la pression est plus faible; les étincelles électriques peuvent alors acquérir dans les gaz raréfiés une longueur considérable. Toutefois, la question est en réaliléplus complexe^ car, à partir d'une pression très-faible, le passage de l'électricité dans un gaz devient plus difficile à mesure que la raréfaction augmente, pour cesser d'une manière complète dans le vide absolu. Walsh est le premier physicien qui parait avoir constaté ce fait important, sur lequel nous aurons l'occasion de revenir avec plus de détails.

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