PHadpe dm la eondeasatioa élcccri^a^. — Quoi qu'il en
soit, avec une source donnée d'électricité, on peut accumuler 5ur un conducteur, en profitant des phénomènes d'influence, une quantiU* d'électricité plus grande que si ce conducteur était sim<plement mis en communication avec la source et soustrait à l'influence de tous conducteurs étrangers : c'est là ce qui constitue le phénomène de la condensation électrique.
Quelques considérations élémentaires suffiront pour expliquer le jeu de la condensation. Supposons qu'une source d'électricité positive S (fig. 72) soit mise en communication par un fil de métal avec un conducteur A ; l'équilibre sera atteint lorsque la charge du conducteur A sera assez grande pour exercer sur
Fig. 71
une molécule électrique M du fil de communication une répul* sion égale à celle de la machine; cette molécule restera en place et ne pourra plus affluer vers le conducteur ni retourner à la source.
Supprimons maintenant le fil de communication et approchons de la sphère A un conducteur isolé, un cylindre BC, par exemple. Ce cylindre se charge, par influence, d'électricité négative dans sa partie antérieure et d'électricité positive en arriére ; en même temps, la distribution se modifie sur le conducteur A, et l'électri* cité positive dont il est chargé se rapproche du cylindre voisin. Dans ces conditions, si Ton rétablit la communication de ce conducteur avec la soufce, il est clair que Téquilibre n'existe plus : la répulsion exercée par la source sur la molé(*ule M n'a pas changé, mais la répulsion du conducteur A a diminué, puisque l'électricité s*est éloignée, et de plus la molécule M •^prouve une attraction de la part du cylindre, puisque lelectricité négative de ce dernier agit à une distance moindre que Télectricité positive. Cette molécule positive M va donc cheminer ^ers le conducteur A et augmenter sa charge, fcin laissant les
TRAITÉ D'ÉLECTRICITÉ STATrOUE.
choses dans cet état, il s'établira au bout de quelque temps un nouvel état d'équilibre, lorsque la répulsion exercée par la machine sur une molécule positive en M sera égale à l'excès de la répulsion des électricités positives du conducteur A et de Textrémité C du cylindre, sur l'attraction de Télectricité négative qui est en B.
Supprimons de nouveau la communication du conducteur A avec la source et mettons le cylindre B en communication avec le sol : l'électricité positive de ce cylindre disparaît, son électricité négative augmente et un nouveau changement de distribution a lieu sur A. Supprimons la communication du cylindre avec le sol et rétablissons celle du conducteur A avec la source, l'équilibre sera rompu de nouveau et ce conducteur recevra une nouvelle charge.
On peut répéter la même manœuvre plusieurs fois et, à chaque opération, la charge du conducteur augmente. Enfin, si l'on relie d'une manière permanente le cylindre avec le sol et le conducteur A avec la source, ce dernier atteindra sa charge maximum quand la résultante des forces exercées sur une molécule M sera encore nulle.
122. On met ces effets successifs en évidence en se servant de
deux plateaux métalliques A et B (fig. 75) portés par des pieds en verre et munis de ^ pendules conducteurs a et 6. Le plateau B étant éloigné, on met A en communication avec une machine électrique et le pendule a atteint bientôt un écart maximum. On supprime cette communication et on approche Fig. 73. le plateau B : le pendule a s'abaisse et le
pendule b s'élève, mais un peu moins.
Rétablissant la communication du plateau A avec la machine, on voit le pendule a reprendre son écart primitif, et la divergence du pendule b augmente encore. On supprime la communication avec la machine et on touche B, le pendule b retombe et le pendule a s'abaisse. On peut enlever le doigt et répéter la même opération plusieurs fois.
Enfin, si l'on maintient la communication du plateau A avec la source et celle du plateau B avec le sol, le pendule b reste
INFLIIËNGIi: ÉLECTRIQUE. 189
vertical et le pendule a reprend peu à peu son premier écartement; l'équilibre est alors atteint. Le plateau A a pris, sous Tinfluence du plateau B, une charge électrique beaucoup plus grande que s'il eût été mis en communication avec la source et éloigné de tout conducteur étranger ; on peut dire que Télectricité de la source a été condensée sur ce plateau.
125. Des éleetrieités diMimiilées. — Lcs deUX platcauX A et B
sont ainsi chargés sur les surfaces intérieures de deux couches relativement très-épaisses d'électricités différentes dont les actions sur un point extérieur sont de signes contraires et ne donnent qu'une résultante très-faible. On dit quelquefois que l'électricité du plateau B est entièrement dissimulée par celle du plateau A, et qu'une partie de celle-ci est de même dissimulée par celle du plateau B. Cela veut dire que sur un point du conducteur B et du corps qui le met en relation avec le sol, l'action du plateau A est égale et de signe contraire à celle du plateau B, ce qui donne une résultante nulle; et, d'autre part, que l'action du plateau A sur une molécule située sur ce conducteur est diminuée de celle du plateau B : elle est la même que celle d'une couche égale à celle qui s'y serait produite sans l'influence du plateau B, le reste étant pour ainsi dire annulé. On remarque, en effet, que lorsque le plateau A est chargé à refus par la source, la divergence du pendule a est la même, qu'il soit soumis ou non à l'influence du plateau B.
Si l'expression électricité dissimulée n'a d'autre but que de rappeler cette compensation plus ou moins complète des actions, elle n'a d'autre inconvénient que d'être inutile ; mais on commettrait une grave erreur si l'on voulait désigner par là un état particulier d'électricité qui serait soustraite à quelqu'une des lois habituelles. Les actions des deux couches électriques sur un point èlectrisé placé entre les deux plateaux sont de même sens et s'ajoutent, sans qu'il y ait alors aucune dissimulation ; si l'on applique un plan d'épreuve sur la surface interne de l'un des plateaux, ce plan d'épreuve y prendra, comme d'habitude, une charge proportionnelle à celle du point touché.
124. FcNwe eoadcBsanie. — On voit qu'cn défluitive, un appai*eil à condensation électrique se compose de deux conducteurs A et B, dont l'un A est mis en communication avec la source et
190 TRAITÉ D*ÉLEGTRIGITÉ STATIQUE.
dont Tautre B peut être mis en communication avec le sol ou maintenu isolé, ces deux conducteurs étant séparés par un milieu isolant.
L'ensemble de l'appareil s'appelle un condensateur dont les deux conducteurs sont les armatures; l'armature A qui communique avec la source est le collecteur et l'autre B le condenseur.
On appelle force condensante le rapport qui existe entre la charge totale que prend le collecteur chargé à refus par la source sous l'influence du condenseur, à la charge qu'il prendrait si le condenseur n'existait pas. Ce rapport dépend de la forme, des dimensions et de la distance des armatures et est indépendant de la source employée.
Sans qu'il soit nécessaire de faire aucun calcul, on conçoit que la force condensante augmentera avec l'influence exercée sur le condenseur; elle sera d'autant plus grande que les armatures seront plus rapprochées, et la forme de surfaces parallèles, comme des plateaux, est celle qui doit convenir le mieux.