‹ Traité d'électricité statiqueChapitre 45 sur 123 · PLATEAU · texte numérisé non relu

PLATEAU

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On voit que les charges successives et les pertes des plateaux forment des progressions géométriques décroissantes dont la raison est m', et il faudrait d'après ce calcul un nombre infini de contacts pour que les armatures fussent revenues à Tétat neutre.

127. Béciiarse bnn^pM. mémiêmm. — Les deux armaturc^d*un condensateur étant isolées, si on les réunit avec un excitateur électrique^ formé de deux arcs de métal articulés à charnière et portés par des manches isolants, on obtient une étincelle trèspuissante et Tappareil est presque entièrement déchargé. Si le condensateur est à lame d'air, cette décharge bmsque n*y laisse plus que Texcès a — 6 de Télectricité du collecteur sur celle du (ondenseur, excès qui se distribue régulièrement sur Tensemble des deux plateaux; mais si la couche isolante est formée par une lame de verre, de résine, de soufre, etc., et si, au bout de quelques instants, on réunit de nouveau les armatures par l'excitateur, on obtient une nouvelle étincelle plus faible que la

première ; oa en pourra obtenir ensuite une troisième, puis une quatrième, etc., et l'intensité de ces étincelles de résidus diminue de plus en plus.

Ce phénomène est une conséquence de la pénétration lente de Télectricité dans les corps isolants (104). Lorsque le condensateur est chargé, la densité électrique sur la face intérieure de chaque armature est très-grande, les couches électriques des armatures passent donc sur la lame isolante et y pénètrent à une certaine profondeur. Quand on décharge l'appareil, les couches électriques superficielles peuvent quitter la lame isolante et passer sur les armatures correspondantes ; mais les couches profondes ne se déplacent pas brusquement, elles reviennent peu à peu vers les armatures et peuvent fournir une nouvelle étincelle.

On démontre d'ailleurs par le condensateur à lame de verre (fig. 74) que les couches électriques quittent les plateaux et s'appliquent sur la lame de verre. Cet appareil étant chargé lorsque les plateaux sont en contact avec la lame de verre, on supprime /es communications, puis on écarte les plateaux à Taide de la crémaillère et, les touchant alternativement ou ensemble, on constate qu'ils sont faiblement électrisés ; il suffit de les rapprocher au contact et de les réunir par un excitateur, pour obtenir une étincelle puissante.

On peut récolter l'électricité qui se trouve sur la lame isolante par tout autre moyen que les plateaux primitifs. Si, après avoir chargé le condensateur et écarté les plateaux, on applique une main*sur l'une des faces de la lame de verre, on entend un petit crépitement, et l'effet devient plus manifeste si en même temps on promène sur la face opposée un doigt de l'autre main ; il se ' produit ainsi des décharges partielles à chacun des points qui sont successivement touchés par le doigt. L'expérience ne présente aucun inconvénient quand on opère dans ces conditions, mais si l'on appliquait en même temps les deux mains sur les deux fc ces de la lame de verre, elles feraient fonction d'armatures complètes et on éprouverait une secousse aussi désagréable qud si l'on avait touché en même temps les deux plateaux du con-* densateur chargé.

128. Les plateaux du condensateur sont situés par rapport à la lame isolante comme le disque d'un électrophore sur un

gâteau de rqgine, et doivent donner lieu à des phénomènes analogues. En efTet, si, après avoir tiré d'un condensateur à plateaux 4 ou 5 décharges alternatives, on éloigne le plateau collecteur A que l'on vient de toucher, on le trouve chargé, non pas d'électricité positive, comme cela aurait eu lieu tout d'abord, mais d'électricité négative. La couche électrique positive déposée par le collecteur sur la lame isolante a été affaiblie par les pre- .mières décharges alternatives et ne revient pas sur l'armature quand celle-ci est mise en communication avec le sol, Tau- Ire étant isolée ; il se produit alors sur cette armature de Télec- Iricité de nom contraire par suite de Texcës d'influence de la couche la plus proche.

Ces phénomènes accessoires du condensateur à lame d'air ont été signalés par M. Crahay (*) et étudiés avec soin par M. Neyreneuf ('); ils s'expliquent d'une manière très-simple par les propriétés générales des corps médiocres conducteurs et n'interviennent que pour une faible part dans les applications.

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