‹ Traité d'électricité statiqueChapitre 91 sur 123 · MeMtfe d« la charge d*iuie batterie. — Quand OU Veut · texte numérisé non relu

MeMtfe d« la charge d*iuie batterie. — Quand OU Veut

employer la bouteille de Lane pour mesurer la charge d'une batterie, on peut disposer l'expérience de deux manières.

l** Quelquefois on isole la batterie : on fait communiquer l'armature intérieure avec la source d'électricité et l'armature extérieure avec le bouton  de la bouteille de Lane, dont l'armature extérieure communique avecle bouton B et avec le sol. A mesure que la batterie se charge, par exemple d'électricité positive, son armature extérieure prend par influence de l'électricité négative et envoie sur la bouteille de Lane de l'électricité positive qui produit les décharges. Si Ton supprime la source après n étincelles, rarma(ure intérieure de la batterie a pris une charge M^ ot un potentiel V^, l'armature extérieure est au potentiel V,, ce qui donne, en appelant C la capacité de la batterie,

Si l'armature extérieure de la batterie était au potentiel zéro, sa charge serait — M^; mais elle possède en outre une charge positive H- m qui produit le potentiel V, sur cette armature et sur la bouteille de Lane, ce qui donne, en appelant C la capacité

de ce nouveau conducteur,

Enfin, la quantité d'électricité positive écoulée est M^ — m, et, en appelant q celle qui correspond à chaque étincelle, on a

Mj — m^ nq.

Si maintenant on décharge la batterie, le potentiel restera égal à V, sur les deux armatures, et, en admettant qu'il n'y a pas de résidu, la quantité de chaque électricité qui disparait par l'étincelle est

M^ = ng -H m = ng -h C'Y,.

Comme il n'y a d'intérêt à mesurer que la quantité qui disparait pendant la décharge, on voit que celle-ci ne sera proportionnelle au nombre des étincelles que si m est négligeable, c'est-à-dire si le potentiel V, est très-faible par rapport à celui qui correspond à chaque étincelle. A ce point de vue, l'emploi d'un fil fin dans la bouteille de Lane, comme l'indique M. Riess, serait un inconvénient, parce qu'alors les étincelles n'amènent plus le potentiel intérieur à zéro ; mais il y a une autre cause d'erreur plus grave, qui tient au résidu de la batterie. 11 est donc nécessaire ou d'évaluer le résidu, ou, ce qui e<l plus correct, de l'éliminer. Pour cela, il faut considérer la première décharge de la batterie comme non avenue, la recharger de nouveau de façon que la bouteille de Lane donne à peu près le même nombre d'étincelles et puis la décharger. Le résidu, tant sur la batterie que sur la bouteille de Lane, est le même dans les deux cas et la quantité d'électricité qu'on a dépensée dans cette nouvelle décharge est exactement proportionnelle au nombre des étincelles de la bouteille de Lane.

S** Le plus souvent on évalue la charge d'une batterie en opérant de la manière suivante : on met la source en communication avec l'armature intérieure A d'une bouteille de Lane isolée, l'armature extérieure de cette bouteille avec l'intérieur de la batterie et Tarmature extérieure de la batterie avec le sol. La force électrique qui s'exerce entre deux conducteurs voisins et les densités électriques sur les faces qui sont en regard étant proportionnelles à la différence des potentiels, il est à peu près

évident que la production d'une étincelle entre deux conducteurs ne dépend que de la différence des potentiels et non de leurs valeurs absolues, et que la quantité d'électricité qui s'écoule à chaque étincelle est toujours la même. Avec la disposition actuelle, la charge de la batterie sera donc exactement proportionnelle au nombre des étincelles de la bouteille de Lane, et on éliminera l'influence des résidus par la répétition des expériences.

316. M. Riess a essayé de démontrer, par expérience, que la déchaîne brusque de la batterie est proportionnelle à la charge totale. Les deux armatures de la batterie étaient réunies séparément aux deux boules A' et B'd'un micromètre à étincelles écartées d'une certaine distance, et la bouteille de Lanc était placée sur le trajet de la machine à Tarmature intérieui^e. Dans ces conditions, il s'est produit une décharge entre les boules A' et B' après la sixième étincelle de la bouteille de Lane, et, en continuant de faire fonctionner la machine, chacune des décharges suivantes n'a plus exigé que cinq étincelles. Ce même rapport \ s'est maintenu quand on a changé de 1 à 9 la distance des boules A' et B^ de sorte que le résidu a toujours été égal au sixième de la charge totale.

Toutefois, le phénomène est plus complexe qu'il ne le parait, parce qu'après chaque décharge, les potentiels ne sont pas égaux sur les deux armatures de la batterie et la différence qui reste alors entre eux dépend de la distance explosive. Le rapport du résidu à la charge a pu rester constant dans ces expériences, mais on n'en peut pas conclure qu'il en serait de même si la batterie était déchargée chaque fois par deux conducteurs amenés en contact ; il est à prévoir, au contraire, que le résidu croit moins vile que la charge totale et il vaut mieux éliminer cette cause d'erreur par la répétition d'expériences successives.

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