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Il résulte de ces observations' que les tensions électriques, en hiver et en été, sont comme 9 à 1 pour Bruxelles, comme 6 à 1 poür Kew, et comme 2 à 1 seulement pour Munich.
M. Quetelet attribue les différences remarquables entre ses observations et celles de M. Lamont essentiellement à la méthode employée par ce dernier physicien pour déduire des indications directes fournies par l'instrument, l'état électrique réel de l'air. Cette méthode fondée sur le calcul diffère de la méthode expérimentale, employée , soit par Peltier, soit par , M. Quetelet lui-métne pour graduer l'éleclromètre , et qui consiste, çomme noos l'avons vu, soit à estimer la valeur des degrés de l'instrument en rappportant les charges électriques à la balance^ soit à dresser une table d'après la méthode de
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i08 RAPPORTS DE L ÉLECTRICITÉ AV^C LES PBiNOUiMES NATURELS.
«le Saussure, fondée sur le partage de l'électricité entre des boules de surface égale. •
Quelle qu’en soit la cause, une si grande divergence entre les résultats obtenus par des observateurs aussi distingués que MM. Lamont et Quetelel nous montre combien il y a encore d'incertitude dans la détermination bien précise de l'électri-. cité atmosphérique. Cette incertitude ne tient pas seulement à l’imperfection des instruments, mais bien aussi à la nature du phénomène qui est éminemment complexe. Il s’agit en effet d’estimer les variations dans l'état électrique de la couche d'air dont l’influence peut se faire sçnlir sur l'instrument employé. Or, les couches d’air sont-elles dans des conditions identiques dans tous les lieux d'observation ; la configuration du sol, les constructions ou les arbres qui' recouvrent sa surface qui ne sont jamais semblables, ne peuvent-elles pas influer d'une manière différente, suivant les localités, sur l'électricité des couches d'air voisines? L’étendue de la couche qui agit sur l'élcctromètre doit varier elle-même avec la sensibilité de l’instrument , et il n'est pas certain qué les changements qu’épronve l'électricité de l'air suivent les mêmes lois dans une couche limitée et dans une couche très-étendue. Ainsi l’électromètre de M. Lamont, qui est surmonté d'une boule beaucoup moins considérable que celui de M. Quetelct,' doit être d'une sensibilité beaucoup moindre , et peut par conséquent donner des résultats différents.
Mais de toutes les circonstances, celle qui influe le plus sur l’indication de l’instrument,- c'est stms aucun doute l'humidité de l'air. Il est vrai que l'électromètre de Pellier échappe en partie à l’action, de cette cause parce qu'il n’est influencé que par l’action inductive de l’atmosphère, ou plutôt par k différence des actions inductives de la terre et de l’atmosphère qui l'enveloppe; mais si, au lieu d'ètre terminée par une boule, sa tige l’est par une pointe^ par un faisceau de pointes ou par une mèche allumée, comme dans les expériences de de Saussure et de Volta, il s’opère, outre les phénomènes d'induction, un rayonnement d'électricité dans l'espace, qui est beaucoup influencé par l'humidité de l'air, par la pluie et par la force du
ÉLFXTRICITÉ ATMOSPHÉBIQtE. i09
vent, causes qui n’alfectent pas d'une manière sensible l'inslrument quand il est surmonté de la boule. Mais c'est surtout quand on opère avec des appareils fixes que l’action de l'humidité de l’air ambiant se fait sentir, en diminuant l’isolement de la pointe ou de la boule destinée à recueillir l’électricité de la couche dans laquelle elle est placée. La tiga isolante a beau être de verre peu hygrométrique, il est impossible d’éviter que par les temps IrèS-humides elle ne se recouvre d’une couche aqueuse qui, quelque mince qu’eHe soit, n’en est pas moins conductrice. Pour bien apprécier l’influence de l’humidité générale de l'atmosphère sur les variations de l’électricité atme* sphérique, il faut donc opérer avec l’électromètre de Pellier surmonté de la boule, qui est de tous les appareils celui qui est le plus à l’abri des perturbations accidentelles que nous avons signalées. C’est ce qu’a fait M. Quetelet, et lés résultats consignés dans le tableau suivante! qui senties résumés des observations faites par ce savant observateur, à Bruxelles, de 1842 à 1847, doivent sous ce rapport inspirer la plus grande confiance.