TRllTÉ D’ÉLECTRICIXi
depuis longtemps que les actions mécaniques modifient l’état magnéti<|ue d'uue barre de fer q>lacée sous l’influence de la terre ou d’un aimant quelconque. Pour expliquer ces faits, on se bornait à dire que toute action mécanique diminue momentanément la force coercitive d’un aimant et permet ainsi aux molécules qui le composent, soit d’obéir plus complétemeat aux forces extérieures magnétisantes, soit de revenir à un étal plus voisin de l’état d'équilibre ordinaire, lorsquc'la cause d’aimantation a cessé. C'est en effet ce qui a lieu d’une manière, générale; mais parmi les actions mécaniques,-!! en est une, la torsion,, dont les effets sur lo magnétisme des aimants sont soumis à des lois particulières. M. Wertheim, dans un mémoire sur les effets magnétiques de la torsion a fait connaître dés faits qui établissent, comme nous le verrons, des rapports nouveaux entre cette action mécanique et le magnétisme des aimants sur lesquels on l’exerce. ,
L’appareil de M. Wertheim est une table horizontale sur laquelle deux mâchoires, dans les([U“lles s'encastrent les extrémités de la barre, peuvent se mouvoir le long d'un rail, de manière à laisser entre elles une 'distance voulue. L’une des mâchoires est fixe et l'autre est centrée sur l’axe d’une grande poulie, à la circonférence de laquelle deux' poids é(Juivalents agissant à l'extrcmité d'un même diamètre, l'un directement de haut en bas, l'autre de bas en haut à l’aide d'une poulie de renvoi, constituent le couple de torsion j dans la surface antérieure de la roue est encastré un cercle divisé en Sixièmes de degrés sexagésimaux et les angles de torsion se mesurent au sixième de minute près au moyen d'un vernier fixe. Avec cet appareil, on peut tordre la barre dexirnrsum ou sinisfror'sum, mesurer dans chaque cas les angles des torsions temporaires ou pérmauciites, la laisser revenir en se détordant, à' sa position primitive ou enfin la maintenir sous une torsion temporaire fixe qu’il ne faut pas confondre avec une torsion permanente.
La partie dé l'appareil, qui sert à aimanter la barre et à étiulier les variations de son magnétisme, se compose de deux hélice„s dans l’axe desquelles on la place. L’une, inductrice, est formée d'un gros fil et reçoit le couraut d’une pile; l'autre, en
A1*1>KNDICK.
fil plui minrr, couipreiiii cl tiis.-oit eirciiii un galvanomelrc sensible. Toutes les variations brusques qu’éprouve le magnétisme Je la barre font naître des courants il’induclion, dont la direction et l’intensité sont mesurées par le galvanomètre. La position de riiélice induite par rapport à la barre est indifférente ; mais il est très-important que la barre aimantée ne présente pas de points conséquents ; elle se comporterait alors par rapport au galvanomètre comme deux aimants dirigés en sens inverses et développant par conséquent des courants de sens contraires.
On sait que le fer doux et l’acier sont deux termes extrêmes qui n’existent pas eu réalité, c’est-à-dire qu’il n'est pas de fer doux qui ne garde un peu de magnétisme, ni d’acier qui n’en pei'de ijuand la cause d’aimantation vient à cesser. M. Wertheim a dû cliercber à distinguer, dans les effets de la torsion, la partie qui se rapporte à l’aimantation temporaire de celle qui se rapporte à l’aimantation permanente, et pour cela mesurer directement le magnétisme permanent des barreaux par le nombre des oscillations d'une aiguille aimantée.
Dans une première série d’expériences sur des barreaux différant par le degré de dureté du fer, .M. Wertheim a établi les faits suivants. L'action mécanique de la torsion ou de la détorsion ne développe pas, à elle seule, le magnétisme; mais, lorsqu’un barreau est placé sous une action magnétique quelconque, les torsions rendent le fer doux capable de fixer d’une manière permanente une quantité de magnétisme beaucoup plus considérable que si son équilibre mécanique n’avait pas été dérangé. Voici maintenant le fait important; dès que le fer a acquis toute l’aimantation temporaire ou permanente qu’il est capable d'acquérir sous l’action d’un aimant donné, toute torsion qu’on exerce sur lui fait diminuer son aimantation totale, tandis que la détorsion correspondante la rétablit '. Enfin, si Ton soustrait
> En effet, chaque torsion, dans un sens ou dans un autre, développe dans l’hélice induite un courant appelé négatif fit M. Wertheim. c'est-à-dire résultant d'une désaimantation, et la détorsion correspondante donne un courant égal et de signe contraire.