‹ Traité d'électricité théorique et appliquée (volume 2)Chapitre 32 sur 64 · ACTION MUTUELLE DU MAGNÉTISME ET DES GOURANTS · texte numérisé non relu

ACTION MUTUELLE DU MAGNÉTISME ET DES GOURANTS

l'action du courant vertical fixe sur le pôle de raimant, qui aurait la tendance de tourner autour de lui. En effet, si cela était, en prolongeant ce courant au-dessous du point d*appui, il de- \rait agir sur la seconde moitié de l'aimant et sur son pôle in- Icrieur en sens contraire de l'action qu'il exerce au-dessus, puisque l'un des pôles tend à tourner autour du même courant dans une direction contraire à celle de la rotation de l'autre; il devrait donc en résulter qu'il n*y aurait dans ce cas aucun mouvement, les deux effets de rotation se neutralisant. Or, la rotation a lieu aussi bien dans ce cas que dans le précédent, preuve qu'elle n'est pas due à la cause que nous venons d'indiquer, mais bien à celle que nous lui avions précédemment assignée. Le phénomène de la rotation n'est pas dû non plus, comme on l'a dit par erreur, à l'action sur l'aimant des portions de courant qui le traversent ou qui traversent les fils conducteurs unis à l'aimant et se mouvant avec lui. En effet» comment un système solide pourrait-il être mis en mouvement par une force émanant d'une partie même du système et liée d'une manière indissoluble avec lui? L'actionne peut provenir que d'une partie du courant indépendante du système qui se meut; cette partie est la portion du circuit qui n est pas liée à l'aimant mis eo rotation, et qui se trouve par conséquent indépendante du système en mouvement. Ce genre d'action, passablement compliqué, a été cependant calculé comme les autres par M. Ampère d une manière parfaitement rigoureuse.

Ce physicien, qui le premier a obtenu la rotation d'un aimant sar son axe, y avait été conduit par une expérience curieuse de Savary, destinée à montrer l'action des courants angulaires, et que nous décrirons encore. Un fil de métal roulé en spirale plate se termine en dedans perpendiculairement au plan de la spirale, et son extrémité recourbée plonge dans un godet plein de mercure. La spirale elle-même plonge dans un vase circulaire plein d*eau acidulée, dont la paroi communique avec l'un des pôles de la pile, tandis que l'autre est mis en communicalion avec le godet de mercure. L'appareil est disposé de façon que la tige verticale qui porte le godet traverse, tout en étant isolée par un tube de verre, le centre du vase de cuivre; il eu

246 IfAGNÉTlSAIE ET ÉLSGTRO-DTHAïaQUl.

résulte que la tige qui porte la spirale, et par conséquent If i^ spirale elle-même, peut tourner librement dans tous les seoi ïautour de Taxe central (iig. 108). Aussitôt les courants qui 80^ '

Fig. 4 os.

tent ou pénètrent par les différents points du fil en spirale, ei traversent le liquide en rayonnant, exercent sur les courants qui circulent dans le fil lui-même une action déterminant UB mouvement de rotation de la spirale autour de la tige verticale, conformément à la loi des courants angulaires. Selon que la spirale est tournée sinistrorsum ou dextrorsum^ le mouvement a lieu dans un sens ou dans l'autre, vu qu'il résulte de cette différence un changement dans le sens relatif des courants de la spirale et de ceux du liquide.

On a beaucoup varié les appareils destinés à produire les phénomènes de rotation électro-dynamique. L'un des plus élégants est celui imaginé par M. Marsh (fig. 109), et qui consiste en un

Fig. 409.

élément de pile, composé d'un vase annulaire de cuivre, formé de deux cylindres concentriques, dans lequel est placé le liquide conducteur, où plonge un cylindre de zinc . Une espèce de potence,

ACTION MUTUIIXB PU MAOlfÉTISIfK KT DU COURANTS. 247

fiûte avec deux tigesverticales en métal, réunies par uneautre en forme d'arc de cercle, munie d*une pointe dans son milieu, part du cylindre intérieur de cuivre et sert à suspendre le vase tout entier au-dessus d'un aimant vertical placé dans Taxe de l'appareil; une potence semblable part du cylindre do zinc et sert de même à le suspendre; la pointe de sa traverse horizontale repose au fond d'un petit godet rempli de mercure, qui se trouve lui-même sur la traverse de la potence du vase de cuivre et audessus de sa pointe. C'est par là que se fait la communication métallique nécessaire entre le zinc et Je cuivre du couple. Lorsque l'appareil est ainsi disposé, on voit les deux potences, et par conséquent les cylindres auxquels elles sont liées, prendre, niais dans des sens contraires, un mouvement de rotation autour de l'aimant central. Il est facile de voir qu'en eifet le courant chemine en sens opposé dans chacune d'elles ^

Davy a observé que lorsqu'on approche le pôle d'un fort aimant, d'une masse de mercure traversée par des courants électriques, on détermine une rotation rapide de ce métal autour du conducteur solide qu'on y plonge pour transmettre le courant. L'expérience réussit bien avec l'appareil qui sert à démontrer le soulèvement de deux petits cônes de mercure au-dessus des pointes métalliques qui communiquent avec les pôles d'une pile. Le sens de la rotation dépend de celui du courant, ainsi que du pôle de l'aimant qu'on approche du mercure. Le phénomène est dû à l'action qu'exerce Taimant sur les courants qui, partant de la pointe métallique plongée dans le mercure, se disséminent sur la surface de ce métal conducteur éminemment mobile. M. PoggendortT, qui a fait une étude spéciale de la rotation du mercure, a remarqué que, lorsqu'elle a lieu pendant un certain temps, elle se ralentit et cesse tout à fait. Cet etTet paraît provenir de l'oxydation du mercure qui est facilitée par son mouvement, et qui, une fois qu'elle a eu lieu jusqu'à un certain point, diminue la liquidité du métal, en le rendant visqueux. Priestley avait déjà remarqué que la simple agitation

* En remplaçant l«t aioianti par des électro-aimanU dont nous parlerons dan» Uahajpitre suivant, on augmente considérableffient l'etîet.

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détermine au contact de Tair une oxydation de ce métal qui se manifeste par la couleur noirâtre qu'il prend et par la diminution de sa liquidité. On peut aussi obtenir la rotation du mercure en entourant une capsule remplie de ce métal d'un conducteur ûie circulaire faisant plusieurs révolutions autour de la capsule et traversée par un courant. On fait passer le même courant à travers le mercure, en le faisant pénétrer par le centre et en le faisant sortir par les bords du disque mobile que forme le liquide. Cette expérience rentre dans celle du conducteur rectiligne mobile qui est mis en rotation par l'action d'un courant extérieur; ici, chaque filet de mercure joue le rôle de ce conducteur mobile. Il faut seulement, pour que l'expérience réussisse bien, que le courant soit très-fort, vu qu'il doit se distribuer sur toute la surface du mercure.

Une observation intéressante est celle des mouvements rotatoires qu'affecte le mercure dans l'intérieur d'un aimant creui, et de leur comparaison avec ceux du mercure placé en dehors de cet aimant. On met dans l'intérieur d'un aimant creux vertical, et fermé à son extrémité inférieure, une certaine quantité de mercure plus ou moins grande; le courant arrive par une pointe métallique qui plonge au centre de la surface circulaire du mercure et rayonne du centre vers la surface intérieure de Taimant creux. Si le niveau de la surface du mercure est infé- . rieur au plan où se trouve le pôle supérieur de l'aimant, la rotation a lieu dans le sens déterminé par la direction des courants de l'aimant; elle atteint son maximum de vitesse quand ce niveau coïncide avec le milieu de l'aimant. Si le niveau coïncide exactement avec le plan du pôle, la rotation est nulle; s'il est supérieur à ce plan, elle a lieu en sens contraire. Ce résultat, analogue à cehii que nous avons déjà mentionné, de l'action opposée des deux parties de la même face d'un aimant, situées d'un côté différent du pôle, tient, ainsi que nous l'avons déjà dit, à la distribution particulière qu'affectent aux extrémités dos aimants les courants moléculaires. Lorsqu'on fait plonger l'aimant creux dans un vase rempli de mercure, en ayant soin que le niveau du liquide extérieur coïncide avec celui du liquide intérieur, on voit, conformément à ce qui doit ré*-

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sulter de la théorie d'Ampère, la surface du mercure prendre en dehors un mouvement de rotation contraire, quant à sa direction, à celui qu'elle a en dedans.

M. Poggendorif, qui a dernièrement étudié avec soin lesphéoomènes de rotation du mercure sous l'influence magnétique et électro-dynamique, a observé également, comme je Tavais fait déjà en 1824, que le sens de la rotation est différent, sui- Tant la partie de l'aimant avec laquelle est en contact la surface du mercure qui transmet les courants. Il a remarqué, en particulier, que ce sens change suivant que la section de l'aimant plongé verticalement dans un vase plein de mercure est audessous du pôle. Si les courants qui, dans la théorie, constituent un aimant, étaient tous d'une extrémité à l'autre de l'aimant l»ien parallèles entre eux, et dirigés dans le môme sens, il ne devrait pas en être ainsi. En effet, avec une hélice électro-dynamique, la rotation s'opère dans le même sens d'un bout à l'autre, mais aussi les pôles sont bien dans ces aimants électriques, à leur extrémité même, tandis que dans les véritables aimants les pôles sont, comme nous l'avons vu, à une |>elite ilistance des extrémités. C'est cette même circonstance qui fait que, comme nous l'avons vu, un même courant exerce sur la même face d'un aimant luie action attractive ou répulsive, suivant qu'il agit sur la portion de l'aimant située entre les deux pôles, ou sur celles qui sont au delà de ces pôleâ, mais (lu même côté. Cette différence caractéristicjue entre un aimant •^tunehélice électro-dynamique tient très-probablement, comme nous le verrons à la fin de ce chapitre, à un arrangement particulier des courants moléculaires aux extrémités des aimants, provenant lui-même de l'action mutuelle un \)(m complexe qu'exercent ces courants les uns sur les autres, et de la constitution moléculaire de la substance magnétique.

Vn tout autre genre de rotation est celui (ju'on obtient en plaçant entre les deux pôles, rapprochés d'un aimant en fer à cheval, une roue métallique fixée verticalement à un axe horizontal fiui passe par son centre et autour duquel elle peut tourner 6g. 110). Cette roue est tangente, dans le point le plus bas de sa circonférence, à une surface de mercure qui est mise eo

8S0 MAâlflSTISlIK %r iliEGTRO^DTNAMIOl».

communication avec Tun des pôles de la pile, tandis que l'autre communique au moyen de Taxe avec le centre de la roue. Le courant vertical est attiré par Faction combinée des deux branches de Taimant, la roue, obéissaDt à cette attraction, se meut; comme la partie qui était traversée par le courant cesse de Tétre dès qu'elle n'est plus verticale, puisqu'elle n'est plus alors tangente au mercure, laction de l'aimant attire la nouvelle partie de Fig. 410. la roue qui a remplacé la première, et

ainsi de suite; d'où résulte le mouvement continu de rotation.

S 5* Action da f lobe terrestre «ar les coarMito éleetrlfafi.

Nous avons déjà vu , dans le premier paragraphe de ce chapitre, qu'un fil de métal plié en cercle ou en rectangle, formani, en un mot, une courbe plane et fermée, se place, quand il est traversé par un courant et qu'il est mobile autour d'un aie ver tical, dans un plan perpendiculaire au méridien magnétique,

Fîg. in.

et de façon que le courant soit dirigé de Test à Touest dans sa partie inférieure. Ampère a en outre découvert que, â la v^^

ACTION MimmiXB DU llAGNSTIgIfE ET PE8 COURANTS. 2$1

laDgle est mobile autour d'un axe horizontal, de façon à être parfaitemrat en équilibre dans toutes ses positions autour de cet axe, qu*on a soin de disposer perpendiculairement au méridien magnétique, il se place, quand il est traversé par un courant, dans une position telle, que son plan est perpendiculaire à la direction de Taiguille aimantée d'inclinaison; le courant est toujours dirigé de Test à l'ouest , dans le côté inférieur du rectangle (flg. 111).

Dans toutes ces expériences, un courant circulaire, rectangulaire ou de forme quelconque, se conduit comme la section d'un aimant dont la forme et la grandeur seraient celles de la figure formée par le fil métallique. Un anneau formé de plusieurs tours circulaires ou rectangulaires du même fil recouvert de soie , tel qu'il se trouve dans les flotteurs de M. G. de La Rive, représente plusieurs sections continues d'un aimant, et peut obéir, plus facilement que d'autres combinaisons de courants, à l'action directrice de la terre, sous l'empire d'une très-petite force voltalque, telle que celle qui résulte d'un seul couple. On a dans ces appareils de véritables boussoles; aussi les munit- <Hi ordinairement de petites flèches en carton qui, au moyen d'une pièce en bois ou en baleine qui s'élève verticalement du liège, sont fixées par leur centre perpendiculairement au plan du courant. Ces flèches, quand les flotteurs ont pris la position

que leur imprime le globe terrestre, se trouvent avoir exactement la direction d'une aiguille de boussole. On a soin de placer

232 MAGNÉTISME ET ÉLECTBO-BTNAMIOVB.

la pointe de la flèche de telle façon, qu^elle se trouve tournée du côte du nord quand le courant va de Test à l'ouest dans la partie inférieure de Vanneau (fig. 112).

Enfin une hélice d'un diamètre un peu considérable (de 5 à 10 centimètres) se dirige^ quand son fil est parcouru par un courant , comme le ferait un véritable aimant dont l'aie serait le même que celui de l'hélice. On peut se servir, pour cette expérience, des hélices que nous avons déjà décrites, et dont, sous le nom d'hélices électro-dynamiques, nous avons constaté les propriétés comme tout à fait semblables à celles des aimants. L'appareil le plus commode est un flotteur dans lequel l'anneau est remplacé par une hélice fermée, dont les deux bouts reviennent intérieurement jusqu'au milieu, le long de Taxe.

L'emploi des courants électriques, pour étudier l'action directrice de la terre, présente sur l'aiguille aimantée un avantage incontestable. Avec l'aimant, on n'a que des courants fermés; avec l'électricité dynamique, on peut avoir des courants ouverts aussi bien que des courants fermés. Or, l'action du globe terrestre sur un simple courant rectiligne non fermé peut fou^ nir des résultats intéressants, et jeter de nouvelles lumières sur le magnétisme terrestre. C'est celte étude que j'ai faite en 1822, au moyen d'un appareil dont je donnerai brièvement la descriplion.

Il se compose (fig. 113) de deux canaux circulaires en terre de pipe, formant chacun un anneau, l'un d'un diamètre un peu plus petit que Vautre; le plus grand, qu'on place inféricurcment, a 30 à 40 centimètres de diamètre; l'autre en a 4 à 5 de Hïoins. Ces deux canaux sont placés horizontalement, l'un audessus de l'autre, à une distance de 40 à 50 centimètres, et soutenus par des supports disposés de façon que leur centre se trouve sur la même verticale; chacun des deux canaux circulaires a une largeur de 3 à 4 centimètres, et est partagé en deux parties parfailem<»nt égales par deux petites cloisons transversaks placées sur le même diamètre. Ces cloisons, de moitié moins hautes que les parois du canal, peuvent , quand on le veut, être recouvertes du liquide «pi'on met dans le canal, de

ACTION llimilLLS DT7 MAGNÉTISME ET DES C0UIULNT8. 2S3

manière que les deux compartiments dans lesquels il est divisé n'en forment plus qu'un. Au centre de Tanneau^ formé par le

Fig. 113.

canal supérieur, est un godet en acier, qu'on peut élever ou abaisser à volonté, au moyen d'une vis, et auquel aboutit inférieurement un conducteur qui peut être mis en communication avec l'un des pôles de la pile. Le liquide contenu dans chacun des quatre compartiments peut également, au moyen dune lame de platine, être mis dans le circuit vol talque; ce liquide est du mercure, qu'on recouvre ordinairement d'une petite couche d'acide nitrique étendu , afin de faciliter le mouvement des pointes des conducteurs qui y plongent, par la destruction des impuretés dont la surface du métal est toujours plus ou moins recouverte.

J'ai placé successivement sur cet appareil un rectangle privé de son côté inférieur, de son côté supérieur, et de tous les deux en même temps, et j'ai trouvé que lorsque les côtés restants étaient parcourus par le courant, le rectangle se dirigeait exactement comme lorsqu'il avait ses quatre côtés. Il se plaçait toujours perpendiculairement au méridien magnétique, de façon que le courant fût ascendant dans la branche verticale, située àrouesti et descendant dans celle située à l'est. L'inspection

264 llAOlfÉTUME ET itSCTRO-^DTflAlItOtm.

de la figure, soit de Tappareil, soit des conducteun, fait comprendre facilement comment on peut faire traverser par le eou« rant les branches restantes des rectangles. Dans ceux où la branche supérieure manque, on la remplace par une baguette en verre, munie, au milieu de sa longueur, d'une pointe qui, reposant sur le fond du godet fixé au centre du plateau supérieur de l'appareil , porte le rectangle, en même temps qu'elle lui sert de pivot autour duquel il peut tourner. Les parties des conducteurs qui plongent dans le mercure sont des pointes de platine, et il faut avoir soin qu'elles effleurent seulement la su^ face du licjuide, pour rendre le frottement le moindre possible. Quant aux communications à établir entre les différentes parties des conducteurs mobiles, pour les mettre dans le circuit voltaïque, elles s'opèrent toutes au moyen de capsules pleines de mercure, auxquelles aboutissent les conducteurs qui partent des canaux circulaires, remplis également de mercure.

Enfin j'ai réduit le rectangle à une seule branche verticale, fixée à Textrémité d'une tige horizontale de verre, dont l'autre extrémité était chargée d'un contre-poids, pour faire équilibreau fil métalKque. Les deux canaux circulaires étaient totalement remplis de mercure, de façon que les petites parois transversales en étaient recouvertes, et que la branche mobile pouvait faire librement tout le tour de l'appareil sans cesser d'être dans le circuit. Aussitôt qu'elle est traversée par le courant, on la voit se placer de façon que le plan quelle fonne avec l'are otftour duquel elle tourne soit perpendiculaire au méridien m<h gnétique, et elle-^mcme se porte à F est si le courant quelle transmet est descendant , à l'ouest s'il est ascendant. Telle est la loi simple de l'action directrice qu'exerce la terre sur uû courant rectiligne vertical mobile, autour d'un axe qui lui est parallèle.

Mais ce n'est pas tout : il importe de savoir quelle est ractioo qu'exerce la terre sur un courant rectiligne horizontal. Faraday avait observé qu'un semblable courant, quand il est libre de se mouvoir parallèlement à lui-môme, s'avance ou se recule, suivant qu'il est dirigé dans un sens ou dans l'autre, et cela dans quelque azimut qu'on le mette. On peut faire cette expérience en suspendant par son centre, au moyen d*UD long fil de loie

ACTION MOTtnUiB DU MAOlfÉTIBlŒ ET DES COURANTS. 255

èerae, et par conséquent sans torsion y un fil de métal dont les eitrémilés recourbées plongent légèrement chacune dans une auge en Terre remplie de mercure; les deux auges sont placées parallèlement Tune à l'autre. Aussitôt que le fil est dans le cir^ cait voltalquCy on le voit, lorsqu'il est placé perpendiculairement au méridien magnétique, se porter vers le sud parallèle* ment à lui-même si le courant est dirigé de Test à Touest, et vers le nord s'il est dirigé de l'ouest à l'est. Il s'avance ainsi, dans un sens ou dans l'autre, suivant sa direction, et cela dans toos les azimuts. S'il se trouve, par exemple, dans la direction du méridien magnétique, il se porte du côté de l'est, si le courant est dirigé du nord au sud, et vers l'ouest, s'il est dirigé du sud au nord. En général, il se porte vers l'observateur qui le regarde s'il est dirigé de la droite à la gauche de cet observateur, et s'éloigne de lui s'il est dirigé de sa gauche à sa droite. On peut, pour démontrer cette loi, se servir d'un appareil plus commode, que Tinspection de la figure suffit pour faire comprendre (fig. 114).

Fîg. 4U.

11 résulte de cette loi, qu'un courant horizontal fixé par son centre, et ne pouvant exécuter d'autre mouvement qu'un mouvement de rotation autour de ce centre, restera en équilibre sous l'action de la terre, puisqu'il ne peut obéir àreifet de cette action, qui est de le faire avancer ou reculer parallèlement à lui-même. Il ji'cn est plus de môme si, au lieu d*t>tre fixé par son centre, le courant horizontal est fixé par une de ses extrémités, l'autre étant libre; alors, tendant à s'avancer toujours parallèlement à lui-même, et cela dans quelque azimut qu'il

256 lafiNÉTISlIE ST iLEGTRO-BTNAMIQIIS.

se trouve, od le voit tourner d*uQ mouyemeut continu de rotar tion autour de son point fixe. Lorsque le courant est dirigé du centre de rotation à Textrémité libre, le sens du mouvement est tel, qu*en supposant Textrémité libre du courant à louest, il se dirige d'abord vers le sud, continue sa route vers Test, puis vers le nord, pour revenir vers Touest et recommencer de même. C'estrinverse si le courant estdirigé delà circonférence au centre. Ce mouvement continu de rotation opéré par Vaction de la terre s'obtient facilement au moyen de l'appareil qui vient de nous servir (fig. 113). Un fil métallique porte à l'une de ses extrémités une pointe d'acier perpendiculaire à sa longueur, et au moyen de laquelle on le place sur le godet rempli de mercure qui est au centre de la partie supérieure de l'appareil; l'autre extrémité du fil se termine par une pointe en platine qui plonge légèrement dans le mercure dont est entièrement rempli le canal circulaire supérieur. Un petit contre-poids placé du côté de la pointe, opposé à celui où est le fil, tend à conserver à ce fil une position horizontale. L'un des pôles de la pile est mis en communication avec le godet central, et l'autre avec le mercure du canal supérieur. Le fil est ainsi placé dans le circuit, tout en conservant sa mobilité entière; il tourne comme une aiguille de montre. Le phénomène est encore plus marque quand, du centre de suspension, on fait partir deux, trois ou quatre fils semblables, qui vont tous plonger par leur extrémité libre dans le mercure du canal circulaire. Il faut alors employer un fort courant qui se partage également entre les deux, trois ou quatre fils. Il est évident que le courant 1rs parcourant tous dans la môme direction, c'est-àdire du centre à la circonférence ou de la circonférence au centre, ils tendent à tourner dans le même sens, en môme temps, et que par conséquent leurs effets s'ajoutent. L'expérience réussit en général mieux avec deux branches qu'avec un plus grauJ nombre, parce que l'augmentation de frottement, lorsque le nombre des points qui plongent dans le mercure est trop considérable, fait plus perdre de force qu'on n'en gagne parla multiplication des branches. La longueur des branches verticales qui mettent les horizontales en communication avec le

ACTION MUTUELLE DU MAGNÉTISBa ET DES GOURANTS. 257

it est complètement indifférente y pourvu qu*il y en ait ►u quatre situées symétriquement par rapport à Taxe. lalyse expérimentale que nous venons de faire nous e clairement le rôle que jouent les diverses parties du Qt rectangulaire dans les deux expériences fondamentales 3ère. Dans celle de la direction constante imprimée par la lu rectangle vertical susceptible de tourner autour d*un ntral et vertical, les deux branches horizontales du rec- ) n'éprouvent aucun effet; les verticales seules détermia direction. Dans Texpérience du rectangle susceptible de IV seulement autour d*un axe horizontal, la direction idiculaire à celle de l'aiguille d'inclinaison que prend le lu courant provient uniquement de l'action exercée sur ux branches parallèles à Taxe, dont l'une, celle dans laie courant est dirigé de l'est à l'ouest, se porte vers le sud, itre, celle dans laquelle le courant est dirigé de l'ouest à se porte vers le nord. Les deux branches latérales perpeniresàl'axe de rotation, ne pouvant s'avancer dans aucun arallèlement à elles-mêmes, n'éprouvent aucune action, contribuent donc point à la direction que prend le conir mobile*.

is avons déjà parlé de l'hypothèse d'Ampère sur la cause ignétisme terrestre. Il admet que le globe terrestre est ré de courants électriques dirigés tous de l'est à l'ouest, es à une petite profondeur au-dessous de la surface du 5S courants ont, comme ceux de l'aimant ou d'un soléune résultante qui se trouve au milieu, et par consédans ce cas à l'équateur magnétique; on peut donc conp leur action comme équivalente à celle qu'exercerait une re de forts courants dirigés de l'est à l'ouest à l'équateur îtique. Il n'est pas difficile de prouver que l'action de cette re de courants sur des courants mobiles doit produire nient les effets que l'expérience nous a fait découvrir. Il

Pouillet était arrivé en même temps que moi à des résultats assez semlax miens quant à Taction de la terre sur des courants mobiles ; seul»en donnait une interprétation différente tenant à sa manière d'envisager omèncs électro-dynamiques.

258 MAGNÉTISMB ET ÉLECTRO-DTNAmQini.

suffit pour cela de montrer qu'elle rend compte des deux lois auxquelles on peut ramener tous ces phénomènes :

l*" Un courant vertical mobile autour d*un axe vertical se place de façon que le plan qui Tuoit à son axe soit perpendiculaire au méridien magnétique, et que lui-même soit à Test de cet axe s*il est descendant, et à Touest s'il est ascendant;

2° Un courant horizontal, susceptible de se mouvoir parallèlement à lui-même, s^avance ou se recule suivant qu'il est dirigé dans un sens ou dans un autre, quel que soit Tazimut dans lequel il est placé.

Ces deux lois sont la conséquence de Faction du couraot équatorial sur les courants mobiles.

Pour le démontrer, en ce qui concerne la première, supposons un courant horizontal indéfini représentant celui de Y^ quateur et dirigé de Test à Touest (fig. 1 15), et un courant ve^

Fig. 445.

tical mobile autour de son axe situé dans un plan différeot : menons la droite qui mesure la plus courte distance entre lel deux courants. Elle est le sommet de Tangle dièdre qu'ils forment. Si le courant mobile est descendant, il est évident qu'il est dirigé vers le sommet de Tangle ainsi que la portion du courant fixe située à Test de ce sommet ; il est donc attiré par celte portion et repoussé par Tautre; il tend donc à se portera Test. Si on décompose la force qui Ty porte, et qui est paralleU

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