AVEC
1000 gr.
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Celte influence de rallongement du barreau aimanté sur ratlraction magnétique, qui est très-manifeste, a néanmoins une limite, à partir de laquelle l'attraction diminue à mesure fpie la longueur augmente. M. Nicklès a aussi varié ses essais en employant des électro-aimants en fer à cheval avec une troisième branche latérale parallèle aux deux autres; les résultats un peu compliqués qu'il obtint sont conformes du reste aux principes que nous venons d'exposer. Nous y reviendrons dans la sixième partie, consacrée aux applications.
S 3. MoBvenenls Tibratolres et effet* molécolaires qae détermine dans les eorps maffnétiqaes l'action des courants éleetri«nes.
M. Page, physicien américain, avait observé en 1837 que, en approchant le pôle d'un fort aimant d'une spirale plate traversée par un courant électrique, on produit un son. M. Delezenne, en France, avait réussi également en 1838 à produire un son en faisant tourner rapidement un armature de fer doux (levant les pôles d'un aimant en fer à cheval. En 1843, j'avais moi-même remarqué que des lames ou des tiges de fer rendent , un son très-prononcé quand on les place dans l'intérieur d'une liélice dont le fil est traversé par un fort courant électrique, mais seulement au moment où le circuit est fermé et au mo- Qient où il est interrompu. M. Gassiot à Londres, et M. Marrian à Birmingham, avaient fait également une expérience analo-
298 KâONÉTUîAlE ET iLfCrtMJ-DT?(AiiiyiX.
gue en 1844. AUribiiant ce phéDomëne ëiaguUer à uu cliang ment que h magoélisoie délerminerail dans la coiiâtilulion moléculaire du coi-ps aimanlé^ je fis un assez gmnd iionilir d'expérîeuces pour étudier ce sujet iutéressant.
ÀYaot tout, il est imporlaot, pour obtenir une série nombreuse de Yibralions, d*avoir un moyeu d'inlerrompre et Je rétablir plusieurs fois^ dans un temps Irès-court, le rinniit dont fait partie le fil qui transmet le courant; de rendre, ea d'autres teruies, dUcontinu un courant continu. Je ms mtm dans ce but d'un de ces nombreux appareils nommés rMotomei ou coupe-cour anis, et qui sont deslint^s, quand on les met <lan:* le circuit, à rendre uo courant discontinu. L'un des pliiiCDmiu(Hlê> (fig* 130) consiste dans une tige hoiizonlale *]ui porte d* n guilles en laiton implantées perpendieulairenjeat et par.i ment entre elles, disposées de telle façon que quand elles pluttgent simultanément dans deux capsules remplies de mercure el isolées Tune de Vautre, le eireuit est fermé, et que tiuand dies n*y plongent piis, il est ouvori» Un mouvement d'hol^logene m^ simplement une manivelle mue par la main imprime à Ta un mouvement de rotation d'où rusulUi que, duus uti temg donné, une seconde, [lar exemple, le cucnit peut être lerniê < interrompu un grand nombre de fois* L'appareil de la Û% 130 présente quatre aiguilles au lieu de deux, et par caps
r|uentrpiatre eompariiments corre^ionduiili? aux quatre iif; les. ^iou^ aurons CKTasion de voir plus lard à quoi sert lej eoiid système des deui aiguilluâ| pour In momenU un jtf ul i
DE l'aimantation PAR l'ÉLECTRICITÉ DYNAMIQUE. 299
suffit^ et par conséquent dans toutes les expériences qui vont suivre, en se servira indifféremment, pour le mettre dans le circuit, de celui qui est le plus rapproché du mouvement d'horlogerie ou de celui qui en est le plus éloigné. Le mercure risque d*ètre projeté lorsque le mouvement est trop rapide; il faut, pour prévenir cet inconvénient, recouvrir les capsules, les aiguilles et Taxe qui les porte d'un petit couvercle en verre. Lorsque le courant est très-fort, le mercure s'oxyde par Teffet des étincelles qui ont lieu au moment où les aiguilles en sortent; il est nécessaire dans ce cas d'enlever cet oxyde ou de changer le mercure. On peut se passer de mercure et le remplacer par deux lames métalliques élastiques qui s'appuient sur un qFlindre ou sur la circonférence d'une roue en bois verni ou en ivoire, dans les contours desquelles sont incrustées de petites pièces métalliques qui communiquent ensemble Quand les lames élastiques, par l'effet de la rotation du cylindre ou de la roue sur son axe, viennent en contact avec la partie métallique Ae la surface, le circuit est fermé; quand le contact avec cette partie métallique vient à cesser, que c'est avec le bois ou Vivoire qu'il a lieu, le circuit est ouvert. Il faut que les deux lunes soient ici, comme l'étaient les cases remplies de mercure dans le cas précédent, sur la route du courant qui doit traverser le fil de l'hélice, et qu'elles appuient fortement contre la surbce du contour. On peut encore interposer simplement, dans le trajet d'un courant, une roue dentée et une lame métallique élastique qui s'appuie sur les dents de la roue (fig. 131). En imprimant â la roue un mouvement sur son axe, on fait sauter la lame d'une dent à Une autre; chaque saut détermine Une rupture du circuit, qui immédiatement après se trouve de nouveau fermé. Le ton musical que rend U lame donne exactement, lorsqu'on n'a pas d'autre moyen de le mesurer, le nombre de fois que 4aii8 une seconde le circuit a été ouvert et fermé, c\^st-àèÎM inteiTOBipu. Je me suis étendu sur ces diverses espèces
300 MACKÉTISME £T ÉtECTaO-BÏNAMIQlTE.
de r/téùiames, parée que nous ferons souvent usage des uns et des autres. Pour le moment, nous alloDsles appliquer à Tét des mouvemeiils vibratoires qu eprouveût les corps magn ques sous l*inlluence des courants disconlmus.
Quand on place un corps magnétique, mais non ainianU% tel que le fer, Tacierj dans rintérieur d'une bobine, re rorps éprouve «les mouvements vibratoires Ircs-rcmarqualjles des qu'on fait passer à travers le fil qui entoure la bobine une sériû de courants discontinua. Ces mouvements se manifestent so^H la forme Je sons très-prononcés, et variés quand la corps n \m^ forme cjJîndrique ou même allongée. Le son est moins j^rononcéj mais plus aigu et pln^mèiQUique. avec deTacier qu'il oc Test avec du fer doux, OucUe que soit la forme ou la grand des morceaux de fer clouXj on distingue toujours deux sci] l'un est une suite de coups ou de chocs plus ou moins secs ^^sei analogues au bruit que fait la pluie en tombant sur un toit de métal; ces coups correspondent exactement aux alteruatives de passage et d'interruption dans le eouratU ; l'autre son est m> son musical qui correspond à ceux que donnerait la masse fer [KIT ïeÏÏeÀ de vibrations transversales- 11 faut avoir soin distinguer dans ces sous ceux qui sont dus à la simple acti mécanique du courant sur le far, action qui, s exerçant rcnsemble de la masse, peut la déformer et produire par cum qucnt par sa discontinuité même une suite de vil)rations pemlant elle ne suffit pas pour expliquer tous les sons, et il f^ admettre qu*il y a en outre une action moléculaire, c\ dire que raimanlation déterminant un arrangenient parlini! des molécules ilu fer, une succession rapide d aimautationi* de désaimanta lions donne naissance à une série de vibralioj Comment expliquer auîremenl, par exemple, le son musii Irés-clairel Ircs-brillaulquc rend une masse de fer eylindrii lie 10 centimètres de ilianiiètre cl du poids do 10 kibigrami quand elU* est placée dans rintérieur de la grosse h (tig* 129], traversée par un conraui discontinu? Des ligesi fer de un à plusieurs cenlimetres de diamclre fixées parle deux exlrénuté:i rendent aussi, sous la même inlluence, de* trt-é^prononcés. Mais le sou la plus brillant est celui quoti oIj*
DE t'ABUMilTtOîf PAU l'ÉIECTRICITÉ D\^AMIQTII* 301
yâpl en letid/jDl sur une labio illiarniojiiu iks lils Je 1 à 2inil- ^piètres de diamètre, hwu recuits et longs dn 1 à 2 mètres* Ils ^^nt placés dans Taxe d*une ou plusieurs bobines^ doul les (ils ^tii traversés par les courants électriques* et ils produisent un île de sons dont Teflet est surprenant et ressemble beau* wip à celui auquel donnent naissance plusieurs cloches d'église )rant barnioniquenient dans le lointain. 11 est nécessaire, >ur obtenir cet effet, que la succession des courants ne soit trop rapide et que les fils ne soient pas trop tendus. Avec Dl de ("'^KIG de longueur et 1 millimètre 8 de diamètre, li trouvé que le maximum d^efFet a Heu quand il est tendu lin poids de 20 à 53 kilogrammes s il est recuit , et de ^ à 57 s'il est écroni. A partir de la limite, à mesure que la m augmente, rintensilé totale et le nombre des sons difks diminuent notablement; et à un certain degré de tension, m n'entend plus aucun des sons dus aux vibrations transverilts, mais seulement celui qui provient des TÎb rations longituiiiialcs* Llnverse a lieu quand on détend le OL Ou peut produire des sons tout à fait analogues à ceux que ottâ menons de décrire, en faisant passer le courant électrique lisconiinu à travers le fil de fer lui-même. On remarque égaleftent une série de coups secs correspondant aux interruplions i courant, et des sons musicaux plus inrls et plus sonores dans lueltpjescas, que ceux qu'on obtieïUpar rainiaotation du même i£ette supériorité d'effet se manifeste surtout quand le fil est êcuit et d'un diamètre dVuviron 2 millimètres; pour des [jamètres plus considérables ou moindres, raimantalion par uroduît des effets plus intenses que ceux qui ré^sultenl de mission du courant. Du reste, les mêmes circonstances qui iiiQuent sur la nature et la force du son dans le premier exercent une influence semblable dans le second cas, rausmission du courant discontinu ne produit des sons f si elle a lieu à travers le fer, Tacier, rargentane, et en gèlerai les corps magnétiques, mais à des lîjgrés différents cliejî cuo, degtn'^s dépendant de la force coercitive qui contrarie : pliénomène. DcsUlsdc cuivre, de platine, d'argent, et en gèlerai de métaux quelconques, h<irnus h s magnétiques, ne dé-
,302 MAGNÉTISME ET ÉLEGTRO-DÏIfAlUQtS. /
gagent aucun son, pas plus sous Tinfluence de courants transmis que sous celle de courants ambiants, tels que les courants qui parcourent les tours d'un ûl enroulé en hélice autour d*une bobine.
Le son qu on produit quand on fait passer à travers un fil de fer un courant électrique discontinu explique un fait obsené depuis longtemps, et décrit déjà en 1 785 par un chanoine, Gottois de Côme, voisin et contemporain de Yolta. Ce fait est qu un fil de fer tendu eu plein air, d'une longueur au moins de 10 mètres, rend spontanément un son sous Tempire de certaines variations de rétat de Fatmosphèrc. Les circonstances qui accompagnent comme celles qui favorisent la production du phénomène démontrent que c'est à la transmission de réleclricité atmosphérique qu'il faut l'attribuer. Cette transmission en effet n'a point lieu d'une manière continue, comme celle d*un courant, mais bien par une suite de décharges. Or, M. Beatson a démontré qu'une décharge d'une bouteille de Leyde à travers un fil de fer fait rendre un son à ce fil, pourvu qu'elle n'ait pas lieu trop brusquement, mais qu'elle soit un peu ralentie par son passage à travers un conducteur humide, tel qu'une ficelle mouillée.
Les sons que rendent, dans les circonstances que nous venons de décrire, le fer et les corps magnétiques semblent indiquer d'une manière évidente que l'aimantation opérée par Tiniluenoe d'un courant extérieur, aussi bien que la trausniission directe d'un courant, déterminent chez eui une modification dans l'arrangement de leurs particules, c'est-à-dire dans leur constitution moléculaire. Cette modification cesse et se reproduit constamment par l'eiret de la discontinuité du courant, d'où résulte la production d'une série de vibrations et par conséquent divers sons.
Un grand nombre d'observations faites par différents physiciens ont démontré en effet, d'une manière directe, Tinfluence de l'aimantation sur les propriétés moléculaires des coqis magnéti(|ues. M. de ^Vertheim, dans un grand travail sur l'élasticité des métaux, avait déjà observé que l'aimantation opérée au moyen d'une hélice dont le fil est traversé par le courant électrique produit une diminution du coefficient d'élasticité dans
DE L AlVA9tT4TIÔK t*Aîl L'ÊLKCTntCtTÉ Dt^AMiaiE, 303
k fer tiaijx et même ûnm racior ; diLniaulian qui, dans le dernier ilu iiioiiii^, pprsbte en partie, iiiénie aprrs rintprriiption du l^iraiit, M. Guillomin a r^galonienl remarqué plus lard qu*une Hrre de fer doux, filée par une de ses exlrémîtes landis que Hptre est libre^ et qui^ au Heu de demeurer borixootale, se TOirbc par reflV'l de son propre poids ou par relui d'un petit jmd& addilionnel, se redresse im média lemenl au moment où ■ti fâil passer yn courant dans le fil d'une liéiiee dont elle est lnfelu[ipoe, hi.Mire qtiî, elle-même, se redres&e avec la barre dont elle suit tous les mouvements, puisqu'elle est enroulée auteur d'elle. Celte expérience a ceci dimportfint, qu'elle montre Ëi Faimantation détermiûe une modiScation dans Tétat mo^ ilaire du fer, ear elle ne peut s'expliquer par uneariion inéique qui ne [ionrrait avoir lieu qu'autant que T hélice serait iadépendantede la barre.
H ) a plus : un physicien anglais, M. Joule, èsi parvenu à
itermioer rinfluence que T aimantation peut exercer sur les tnetisions des corps. Il s'est assuré d*ahord, en plaçant une IÎT6 de fer doux dans un tube bien fermé, rempli d*eau et suftkOtéd*un tube capillaire, que cette barre n'éprouvait aucuiiè Hat ion de volume, quand on raîmantait au moyen d*un fort eouraat électrique qui parcourait tous les tours d\me hélice livelopparile. En effet, la moindre variation de volume aurait aeeusé^» par un changement de niveau de l'eau dans le tube jiillairt*; or on û*en observe aucun, quelle que soit la force \ raiinantatioïi. Ce résultat est u accord avec celui que M» Gayac avait trouvé autrefois, et avec celui qu'a également oblu M* Wertheim, en opérant à peu près comme M. Joule. si le volume total n*est point altéré, il n'en est point de [ des dimensions relatives de la barre, qui, sous rinfluence iniantation, éprouve une augmentât ion de longueur en Sfîïë temps qu'une diminution de diamètre, du moins entre rtaimjs limites. C'est au moyen d'un appareil très-délicat, iblable au cumparaleur qui sert à mesurer la dilation des itmii. que M. Joule a trouvé qu'une barre de fer doux éprouve mîlotigtMuent prononcé, qui est environ ^7;^— de sa longueur s, au moment où Von établit le courant qui Taimante, et hh
racourcissement au moment où on rinicrrompl. Le raccourcissement est moindre que l'allongement, ce qui tient à ce que la barre conserve toujours un certain degré de magnétisme. Il paraîtrait i[\xeYa\\ougemeni esiproporlionîiel, dans une barre donnée, au can'é de Vintensiié du magnétisme qui y est développe. Quand au lieu de barres on fait usage de fils de fer, il peut arriver que ce soit un raccourcissement et non plus un allongement qu'on obtienne au momentdel'aimantation; cechangement dans la nature de Tcffel s'observe quand le degré de tension auquel le fil est soumis dépasse une certaine limite. Ainsi un fil de fer de 32 centimètres de longueur sur 5 millimètres de diamètre s*allonge bien sous l'influence du magnétisme, tant qu'il n*est pas exposé à une tension supérieure à 350 kilos, mais â*autaDt moins cependant qu'on s'approche davantage de cette tension. A partir de celte limite et pour des tensions croissantes qui, dans une expérience, furent poussées jusqu'à 800kilog.,on vit constamment le fil se raccourcir au moment où il était aimanté. La tension n exerce pas d'influence sur de l'acier fortement trempé; aussi il n'y a jamais d'allongement, mais seulement un raccourcissement qui commence lorsque la force du courant surpasse celle qui est nécessaire pour aimanter le barreau à saturation.
M. Wertheim, de son côté, à la suite de recherches longues et minutieuses, est parvenu à analyser les effets mécaniques qui se manifestent dans l'aimantation. Il a trouvé que, lorsqu'une barre de fer est encastrée paV* une de ses extrémités, et que la bobine est placée de manière que son axe coïncide avec celui de la barre, on n'observe pas de mouvement latéral, mais seulement un très-petit alongement qui dépasse rarement 0,002 millimètres. Cet alongement est d'autant plus fort que la bobine se trouve plus près de Textrémité libre de la barre, et diminue à mesure qu'on la rapproche du point d'encastrement. Lorsijue la barre n'est plus dans l'axe de la bobine, l'alongcment subsiste toujours, mais il est accompagné d'un mouvement latéral dans le sens du rayon de la bobine. La bobine dont faisait usage M. ^^'ertheim avait 23 centimètres de longueur et 18 millimètres de diamètre intérieur; des lunettes d*un gros*
DE L*ÀIMÀNTÀTION PAR l'ÉLECTRICITÉ DYNAMIQUE. 305
sissement d'environ 20 diamètres, et renfermant deux fils en acier, servaient à mesurer l'allongement et le déplacement latéral. Ce déplacement, ou, ce qui revient au même, la flèche de courbure de la barre mesurée à son extrémité a été déterminée pour différentes intensités du courant, et il a paru qu'elle était en général proportionnelle à cette intensité; mais elle varie pour chaque position de la barre dans l'intérieur de la bobine. Quoi qu'il en soit, on peut trouver pour chacune de ces positions l'équivalent mécanique de l'unité d'intensité du courant, c'està-dire le poids qui, appliqué à l'extrémité de la barre, produirait la même flèche. Ainsi^ par exemple, en appelant D la longueur de la partie du rayon comprise entre l'axe de la barre et l'axe de la bobine, /la flèche de courbure, et P le poids qui produirait la même flèche, on a obtenu les résultats suivants, en agissant successivement sur les trois barres de fer dont les masses respectives étaient lOO''; 40, 50; et 25, 00.
Hlf<»DELABARRE.
Pour D = 80.
Pour D = 50.
fqbc^ On calcule P d'après la formule P = ^^^^ dans laquelle
/est la flèche de courbure, q le coefficient d'électricité qui est de 19,000 kilogrammes par millimètre carré pour le fer doux, & et c la largeur et l'épaisseur de la barre, et L sa longueur depuis le point d'encastrement jusqu'à son extrémité libre. On déduit du tableau qui précède la valeur des forces mécaniques qui sont entre elles pour D= 80, comme 100 : 41, 71 : 22, 81 ; et pour D = 50, comme 100 : 40, 50 : 23, 34. De sorte qu'on peut en conclure, puisque les masses des trois barres sont entre elles comme 100 : 40, 50 : 25, 50, que l'eft'et, qui est ici une attraction y est proportionnel à la masse du fer sur lequel le 1. 20
306 MAâNtTlSMK ET ÉLEGTRO-imiAllIQin.
courant agit. On trouve également qu*i] est proportionnel à TiDtensité du courant, ce qui rendrait facile de construire, diaprés ce principe, un galvanomètre assez sensible, en se servant d une bobine prismatique et d*une bande de fer large et mince.
Ainsi toutes les expériences que nous venons de rapporter conduisent à reconnaître qu'il se produit par TeiFet de Taimantation une traction mécanique due à une composante longitudinale et à une composante transversale, que celle-ci devient nulle lorsque la barre se trouve au centre de Thélice, que Tune et l'autre sont proportionnelles à l'intensité du courant etàli masse du fer.
Il est plus difficile de constater Teifet du courant transmis que celui du courant extérieur qui produit l'aimantation. En cifel, dans le premier cas l'eifct mécanique du courant esttrèsdiflicile à séparer de son effet calorifique. Cependant il résulte, de quelques expériences de M. Beatson, qu'un fil de fer semble éprouver à l'instant où il est mis dans le circuit une petite expansion subite, et très-distincte de la dilatation qui résulte pour lui comme pour les autres métaux du récliauffement produit parle passage du courant.
Ces efTels mécanujues une fois bien étudiés, nous pouvons revenir avec plus de connaissance de cause à l'élude même dt^s sons qui accompagnent, soit l'aimantation, soit la transmission des courants.
M. Wcrtheimaconslaté, d'une manière parfaitement précise, Texislcnce d'un son longitudinal dans une barre de fer ou d'acier placée au centre d'hélices traversées par des courants discontinus; ce son, semblable à celui que produit le frottement, est dû, ainsi (jue l'expérience directe le prouve, à des vibrations (jui se l'ont nVllemonl dans le sens de l'axe. Avec des fils subslilut'à aux hantas, les cU'ets sont les mêmes, sauf que, lorsifue la tension diminue, on entend, outre le son longitudinal, un bruit de ferraille tout particulier qui semble courir le long du lil, ainsi (jue d'autres bruits particuliers. Avec les courants transmis, on entend également le son longitudinal, et il demeure le même, à rinlensilé près, que le courant traverse seu-
oenluue paitie de la barre^ ou qu'il la traverse tout entière,
DE L*AIlCAIfTÀTI01f PAR L*ÉLEGTRIG1TÉ DTHAMIQUE. 307
reuTe de Tanalogie qui existe entre Taction du courant raosmis et celle d*une autre force mécanique telle que le frotement ; preuve également que le son n'est pas dû à des vibraions d'une espèce particulière engendrées par le courant. Le on loDgitudinai a lieu aussi dans des barres et dans des fils ; Dais quand on opère avec les iiis, s ils ne sont pas bien tendus, e son longitudinal est accompagné des divers l)ruits dont nous ivoos parlé. Au reste, soit avec des barres, soit avec de^ tils, ou ïDtend chaque fois que le courant est transmis, mais seulement laus les parties où il passe, un bruit sec, une crépitation som- )lable à celle de Télincelle, et qui ne se transforme en un son listinct que dans la portion tendue, si c*est un fil qui est dans e circuit.
Tels sont les faits établis par les recherches de M. Wertheim ; Is sont de nature à confirmer la déduction que j'avais tirée ivant lui, de Tétudc seule des phénomènes sonores, savoir que 'aimantation ou le passage du courant électrique produisent m dérangement moléculaire dans les corps magnétiques, et [ue les sons proviennent des oscillations ({n'éprouvent les paricules des corps autour de leur position cl'équilibre, sous l'inluence des courants, soit extérieurs soit transmis. Mais quelle »t maintenant la nature de ce dérangement moléculaire, et comment peut-il déterminer, soit les cfi'els mécaniques, soit les îfiets sonores que nous avons décrits?
Quand il s'agit de l'action des courants extérieurs, on peut se aire une idée assez exacte de la nature du dérangement moléculaire que l'aimantation détermine. Il n'y a qu'à, pour cela, -ennonter à Texpérience dans la({uelle on place, soit des bouts le fil, soit de la limaille de fer, dans l'intérieur d'une hélice ioDt Taxe est vertical. Aussitôt quon fait passer un courant >ar le fil de cette hélice, les bouts de fil de fer se placent tous îarallèlement à Taxe, c'est-à-dire verticalement, et la limaille $e dispose en petites pyramides allongées dans le sens de l'axe, |ui se détruisent et se reforment rapidement quand le courant est intermittent. L'action de l'hélice sur la limaille consiste donc ï la grouper sous forme de filets parallèles à l'axe, filets que la pesanteur seule empêche d'être aussi longs que Thélice elle-
même. Cette expérience réussit aussi bien avec de la poudre de fer impalpable ({u'avec de la limaille; elle réussit également bien avec la poudre de nickel et de cobalt. Seulement, si le courant qui traverse Vhélice est discontinu , on observe des effets assez différents avec chacun de ces trois métaux, effets qui dépendent, quant à leur nature particulière, du nombre plus ou moins grand d'interruptions qu'éprouve le courant dans un temps donné. Les pyramides de limaille sont à leur maximum de hauteur quand le disque qui les porte est au milieu de Thélice. Elles tournoient sous l'inlluence des courants discontinus, pourvu que la succession de ces courants ne soit pas trop rapide, de manière qu'il n'y en ait pas plus de 60 à 80 par seconde. Avec 160, il n'y a plus d'effet du tout. Ces difTérences tiennent sans doute à ce que le fer, même le plus doux , a encore un peu de force coercitive, et qu'il lui faut un certain temps pour s'aimanter et se désaimanter. En comparant, sous ce rapport, le fer, le nickel et le cobalt, réduits tous en poudre impalpable et préparés par l'hydrogène, on trouve que le nickel manifeste encore des mouvements pour une vitesse de succession des courants à laquelle le fer n'en manifeste plus, et que le cobalt cesse au contraire d'en manifester avant le fer, ce qui est bien d'accord avec ce qu'on sait sur la force coercitive de ces trois métaux.
Voici encore une expérience de M. Grove, qui démontre d'une manière élégante cette tendance des particules des corps magnétiques à se grouper, sous Tinfluence de l'aimantation , dans une direction longitudinale ou axiale. Un tube de verre, fermé à ses deux extrémités par deux plaques de verre, est rempU d'eau, tenant en suspension une poudre fine d'un oxyde magnétique de fer. En regardant à travers ce tube des objets éloignés, on s'aperçoit qu'une proportion considérable de la lumière est interceptée par la dissémination irrégulière des particules solides dans Teau. Mais dès qu'un courant électrique parcourt le fil d'une hélice dont le tube est entouré, les particules de l'oxyde se disposent d'une manière régulière et symétrique, de façon à permettre à la plus grande proportion de la lumière de passer. Les particules ne sont point ici des petits bouts de fll de
HB I.*AQIiIfTATI01f PAR L*ÉL1CTBIGITÉ DYNAMIQUE. 309
fer désagrégés artificiellement d*uQe masse plus considérable, mais du fer précipité chimiquement, et par conséquent dans son état moléculaire naturel , tel qu*il constitue par son agrégation le corps solide.
Cette disposition des particules du fer et des corps magnétiques à se rapprocher dans le sens transversal et à s étendre dans le sens longitudinal, sous Tinfluence d'une aimantation extérieure qui tient probablement à la forme des molécules élémentaires et à la manière dont elles sont polarisées, est maintenant établie d'une manière irréfragable par des preuves directes et purement mécaniques.
n est facile de voir qu'elle rend compte, de la manière la plus claire, de la production du son dans une barre ou dans un fil de fer soumis à Tinfluence du courant intermittent de Thélice. Les particules luttant avec la cohésion se disposent dans le sens longitudinal quand le courant agit^ et reviennent à leur position primitive dès qu'il cesse; il en résulte une série d'oscillations isochrones avec l'intermittence du courant. Tous ces effets sont beaucoup plus prononcés dans le fer doux que dans l'acier ou le fer écroui , parce que les particules du fer doux sont beaucoup plus mobiles autour de leur positioQ d'équilibre.
J'ai également observé que, soit le fer, soit l'acier, lorsqu'ils sont déjà aimantés d'une manière permanente par le courant transmis à travers une seconde hélice ou par l'action d'un aimant ordinaire, éprouvent des vibrations moins fortes quand le courant discontinu tend à les aimanter dans le sens où ils le sont déjà, et plus fortes dans le cas contraire. Il est évident que, dans le premier cas, les particules ont déjà, d'une manière permanente, à peu près la position que l'action extérieure à laquelle elles sont soumises tend à leur imprimer, tandis que, dans le second cas, elles en sont plus éloignées qu'elles ne le sont dans leur état naturel. Il doit donc en résulter pour elles des oscillations bien plus fortes autour de leur position d'équilibre dans le second cas, et bien moins fortes dans le premier, (juc lorsqu'elles se trouvent dans leur position naturelle au moment où le courant discontinu vient à exercer son action.
310 lIAGXiTISME KT ÉLÏXITBO-DTXAHIQDI.
Les effets du courant transmis sont dus à une action du même ordre, mais agissant dans un sens différent. Pour bien analyser cette action, il faut étudier la distribution de la limaille de fer autour d'un fil de for ou d'un métal quelconque traversé par un fort courant électrique. Cette limaille se place toujours de façon à former des lignes perpendiculaires à la direction du courant, et par consc(iuent parallèles entre elles. C'est ce qu'on aperçoit très-bien en encastrant le fil conducteur dans une rainure pratiquée dans une planchette de bois recouverte d'une feuille de papier sur laquelle est la limaille. Celle-ci se dispose transversalement au-dessus du fil , quelle que soit la manière dont il est contourné, en formant de petits filets de 3 à 4 millimètres de longueur, qui pré^utent à leurs deux extrémités des pôles opposés. Quand le fil conducteur est libre, ces filets, au lieu de rester rectilignes, se rejoignent par les deux bouts et enveloppent la surface du fil en formant autour d'elle une courbe fermée comme une espèce d'envcloppi» composée d*anneaux qui se recouvrent et sont serrés les uns contre les autres. Or l'arrangement que les particules de limaille de fer affectent autour d'un fil conducteur quelconque, aussi bien de fer que de tout autre métal, lorsqu'il transmet un courant, les molécules de la surface même d'un fil de fer doux traversé lui-même par un courant doivent l'affecter également sous l'influence du courant transmis par la masse entière du fil. C'est d'ailleurs ce que démontrent également les effets mécaniques étudiés par MM. Joule et Bealson. Il en résulte donc que, lorsque le courant transmis est intermittent, les particules de la surface du fil de fer oscillent entre la position transversale et leur position naturelle, ot qu'il y a, par constViuent, production de vibrations. Ces (oscillations doivent être d'autaut plus faciles, et par ani.sé(juent les vibrations d'autant plus fortes, que le fer est plus doux; avec le for érroui , et surtout avec l'acier, il y a une plus grande résistanctî à vaincre, aussi l'effet est-il moins sensible. Si le fil qui transmet le courant discontinu est lui-même traversé par un courant dirigé dans h» même sens que le discontinu, le mouvement oscillatoire doit être annulé, ou du moins diminué notablement, puisque la transmission du courant cou-
DE L*AI]U1«TAT101f PAR l'ÉLECTBICITÉ DTXiMIQrE. 311
timi imprime d*une manière permanente aux particules la po* sition que tend à leur donner d'une manière temporaire le passaige du courant discontinu. Aussi le son y dans ce cas, disparaît complètement ou diminue notablement. Si le fil est d'acier ou de fer bien écroui^ le courant continu favorise au contraire, par sa présence, Taction oscillatrice du courant discontinu , parce qu'il dérange les particules de leur position normale, sans pouvoir néanmoins leur imprimer complètement la direction transversale, à cause de la trop grande résistance qu'elles offrent A an déplacement qui , dans le fer doux , s'opère très-facilement. Les deux courants réunis produisent ce qu'un seul ne pourrait bire ou ferait moins bien, et le son est alors renforcé, ainsi que le prouve l'expérience.
J*ai trouvé, à l'appui de l'explication que je viens de donner, qu*un iil de cuivre recouvert d'une enveloppe mince de fer qui lui est conliguë donne naissance aux mêmes effets, à l'intensité près 9 lorsque le courant discontinu le traverse, que s'il est en« Uèrementde fer; Le son est seulement moins musical, il ressemble à celui que M. Wertheim a désigné sous le nom de bruit de ferraille. Comme on pourrait attribuer ce résultat à ce qu'une partie du courant traverse l'enveloppe de fer elle-même, au lieu de circuler exclusivement à travers le fil de cuivre, j'isole ce dernier au moyen d'une couche de soie ou de cire, de façon que le cylindre de tôle qui l'entoure ne puisse communiquer métalliquement avec le cuivre. L'effet est exactement le même que dans le cas précédent; c'est-à-dire que le courant discontinu qui traverse le iil de cuivre détermine dans l'enveloppe de fer une série de vibrations, ce qui prouve qu'on peut admettre que le même effet est produit sur la surface d'un fil de fer qui luimême transmet le courant. Quant à l'enveloppe, on peut conslater facilement qu'elle éprouve une aimantation transversale quand le fil de cuivre est dans le circuit voltaîque; car si on y ménage une petite fente longitudinale, on voit que la limaille de fer y est attirée sur les deux bords qui ont d'ailleurs une polarité opposée.
L'explication détaillée que nous venons de donner des phénomènes moléculaires qui accompagnent dans les corps magné-
312 Mifi!fÉTISIlE ET ÉLEGTRIMyrVAllIOlIl.
tiques Taction des courants, soit extérieurs, soit transmis, trouve une nouvelle confirmation dans l'observation de plusieurs faits de différents genres. Ainsi j'ai remarqué que Taimautation permanente imprimée soit par TacUon d'une hélice enveloppante, soit par l'influence d'un fort électro-aimant à une tige de fer doux, augmente d'une manière très-prononcée rinleusité des sons que cette tige i-end quand elle est traversée par un courant discontinu. Ce renforcement tient en effet évidemment à la lutte qui s'établit entre la direction longitudioalp i[n»? rinllucnoe de raiinantation imprime aux particules du fer et la directiûu transvei'sale que le passage du courant tend i leur donner. Les oscillations des particules doivent avoir nécessairemont plus d'amplitude, puisqu'elles ont lieu entre des positions plus extrêmes. L'effet est plus prononcé avec des tiges de fer doux qu'avec celles d'acier, et surtout d'acier trempé. M. Bt-atsun e>t arrivé à un résultat semblable par une tout autre méthiMle. Il a observé que si un courant continu traverse un lil, et si en même temps il est soumis à l'action d'une hélife dans laquelle passe un courant discontinu, ce fil éprouve une sérii* fl'expaiisions »*t de contractions qui deviennent inappréciables si le courant continu cesse d'être transmis, lors même que riiélice ctintinut* à agir de la même manière. L'auteur en tiïv la même roiit-lusion «pie j'avais déduite des eflels sonores; savoir, (fue l'artiun de l'hélice imprime aux parlirules du fer un rUii opposé à celui que produit l'action du courant transmis, et que lune de ees actions a la tendance à intervertir dan? IfS particules rarrantrement que Tauti-e tend à établir.
\'i\ fait assez curieux, c'est que l'aimantation semble imprimer aux particules du fer doux un arrangement semblable à celui qu'elles pr»ssèdent dans l'acier trempé, même avant qu'il soit aimanté. T.r <|ui confirme l'exactitude de cette remarque, c'est que le son ipic le for doux aimanté rend sous l'action ducimrant transmis, non-seulement est plus fort que lorsqu'il n'y a pas d'aimantation, mais acquiert aussi un ton sec particulier i|ui le fait ressendjler à celui que rend l'acier sans être aimanté. L'influence si remarquable de la tension qui, au delà d'une certaine limite, diminue dans les fils de fer doux leur aptitude
BB l'àUUIITATIOIC PAR L*ÉLEGTRIGITÉ DYNAMIQUE. 313
à rendre des sodS| est encore une conséquence de notre explication. En eSét, les molécules éprouvent par Teffet de la tension un dérangement permanent dans leur position normale, et se tronvaot par conséquent gênées dans leurs mouvements, ne peuvent plus exécuter au même degré, sous Vaclion de causes extérieures ou intérieures, les mouvements oscillatoires, et par conséquent les vibrations qui constituent le son.
Deux faits d*un genre tout différent de ceux qui précèdent viennent encore montrer que raimantation du fer est toujours accompagnée d'un changement moléculaire dans sa masse. Le premier de ces faits a été découvert par M. Grove; il consiste en ce qu'une armature de fer doux éprouve une élévation de température de plusieurs degrés, quand on Taimanle et qu'on la désaimante plusieurs fois de suite au moyen d'un électro-aimant ou d'un aimant ordinaire qu'on met en rotation devant elle. Le cobalt et le nickel présentent le même phénomène, mais à un degré un peu moindre; tandis que les métaux non magnétiques, placés exactement dans les mêmes circonstances, ne présentent pas la moindre trace d'effets caloriliques. Cette expérience ne peut s'expliquer qu'en admettant que le dégagement de la chaleur provient dos changements moléculaires qui accompagnent l'aimantation et la désaimantation. Le second fail, qui n'est pas moins important, est dû à M. Maggi, de Vérone, qui a démontré qu'une plaque circulaire d'un fer doux parfaitement homogène conduit la chaleur avec plus de facilité dans une direction que dans l'autre, quand elle est aimantée par un puissant électroaimanty tandis que dans son état naturel sa conduclibilité est la même dans toutes les directions. La plaque est recouverte d'un enduit mince de cire fondue avec de l'huile, et la chaleur lui arrive à son centre par un tuyau qui la traverse et dans l'intérieur duquel chemine de la vapeur d'eau bouillante. La plaque est posée horizontalement sur les deux pôles d'un fort électro-aimant; plusieurs carions isolants empêchent le contact entre elle et le fer de rélectro-aimant. Tant qu'elle demeure dans son état naturel, les courbes qui limitent la cire fondue prennent la ligure circulaire, ce qui indique une conductibilité uniforme pour la chaleur dans tous les sens. Mais, dès
314 MAGHÉTlgME ET ÉLECTRO-imfAMH)inB.
que 1 electro-aimant est aimanté, les courbes se déforment et s*aUoDgent toujours dans une direction perpendiculaire à la ligne qui joint les pôles magnétiques ^ ce qui prouve que k conductibilité est meilleure dans le sens perpendiculaire à Taxe magnétique que dans le sens de l'axe; résultat qui s'accorde avec le fait que nous avons établi que les particules du fer se rapprochent par Teffct de Taimanlation dans le sens perpendiculaire à la longueur de Taimant, et s*éloignent dans le sensde cette longueur, qui est toujours Taxe magnétique.
Dans la théorie d'Ampère comme dans celle de Coulomb, nous avons admis que, soit les courants électriques, soit les deux magnélismes, préexistent dans les particules des corps magnétiques, et que l'aimantation consiste à imprimer à ces couranti une direction uniforme ou à séparer les deux magnétismes en donnant à chacun d'eux une direction déterminée. Les phénomènes moléculaires que nous venons d'étudier sont de nature à nous faire présumer que, si l'on admet la théorie de Coulomb, les particules ont toujours une polarité magnétique, et que l'aimantation consiste à leur donner un arrangement qui mette en évidence cette propriété dont elles sont douées et non à la développer chez elles. Dans la théorie d'Ampère, il faut admettre que les courants ont dans chaque particule une direction invariable, de sorte que ce ne sont pas les courants, mais les particules elles-mêmes qui, par l'action d'une force extérieure, doivent prcMidre la nouvelle position qui constitue l'aimantation.
S o. Iiifluenre de« actions mol^calalres sar ralmmaUtlM produite par l'électricité dynaml^ae.
I/intimc liaison qui parait exister entre l'arrangement dej parlicnles des corps cl leur magnétisme ne découle passeulenu*nt des phénomènes qui démontrent l'inlluence de l'aimantation sur l'état moléculaire, mais aussi de ceux qui coustateni riiilhieuc'e des forces moléculaires sur l'aimantation. Noos avons déjà vu, dans le chapitre I"', que la chaleur, la teosioii et les actions qui changent la position relative des particules,
DE l'AIIIÂMTATION PAR L* ÉLECTRICITÉ DYNAMIQUE. 315
modifient la capacité magnétique des corps. M. Lagehrjelm a disenréque le fer, et surtout le fer doux, devient fortement magnétique par la rupture; et nous savons que Ins forces mécaniques peuvent faciliter Taimantalion, et en particulier celle cjui est produite par le globe terrestre. M. Matlcucci a trouvé que la tension , la percussion et les actions mécaniques , non-seulement facilitent Taimantation produite sur le fer doux par une hélice que traverse un fort courant, mais qu'elles contribuent aussi, quand le courant a cessé de passer, à détruire le magnétisme d*une manière irès-rapide. Le même physicien a également observé que la torsion augmentait, quand elle ne dépassait pas certaines limites, Taimantation opérée sur des aiguilles d'acier par des décharges de la bouteille de Leyde.
M. Marianini, qui a fait de nombreuses et intéressantes recherches sur Taimantation, est parvenu à des résultats curieux sur Taptitude que des barreaux de fer peuvent acquérir à être plus facilement aimantés dans un sens que dans l'autre, et même à être peu ou beaucoup aimantés par l'influence delà même cause. Quand un barreau de fer a été aimanté par un courant instantané qui circule autour de lui et qu'il a perdu celle aimantation par l'action d'un courant contraire, il est plus apte à être de nouveau aimanté dans le premier sens «lue dans le second. On peut, par des courants contraires, lui donner de même plus d'aptitude à étie aimanté dans le second sens que dans le premier. L'augmentation d'aptitude (pi'il acquiert à être aimanté dans un sens est égale à la perte d'aptitude qu'il •éprouve à être aimanté dans l'autre. Mais, en réitérant sur un même barreau l'action des courants, l'accroissement d'aptitude dans un sens et la diminution correspondante dans l'autre deviennent toujours de plus en plus faibles. Les modilications d*aptitude pour acquérir l'aimantation sont accompagnées de modifications dans l'aptitude à perdre cette aimantation, mais dans ce sens que celte dernière est inverse de la première.
Voulant pénétrer plus avant dans l'étude des effets que nous venons de rappeler, M. Marianhii a soumis du fer à diverses actions physiques et mécaniques. 11 s'est assuré préalablement que ni TélévaticNa de température, ni surtout le refroidissement
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qui la suit, ni la percussioD, ni la torsion, ni un choc violenti ni aucune action mécanique, mcmc la plus énergique, ne peuvent déterminer par elles-mêmes une aimantation; la décharge d'une bouteille de Leyde, à travers un barreau de fer, ne l'aimante pas davantage. Mais ces diverses opérations, incapable! d'aimanter, peuvent toutes servir à détruire la polarité des corps aimantés; la quantité de force magnétique qu'ils perdent ainsi» lorsque leur aptitude n'a point été altérée, est d'autant plus grande que raimautation a été plus faible. Mais si, après avoir éprouvé Tune de ces actions, le barreau a conservé encore un peu de magnétisme, il ne pourra plus le perdre par cette action ni par une autre semblable.
Ce qu'il y a d'assez remarquable, c'est que, lorsqu'on a détruit Taimantation d'un barreau en l'aimantant en sens contraire par une suite de courants instantanés, et de telle façon que son magnétisnio soit nul, on peut lui rendre son premier magnétisme au moyen d'un choc violent, en le laissant tomber sur le pavé d'une hauteur de deux mètres, par exemple. Plus est grande la hauteur de la chute, plus le magnétisme qu'il récupère est fort. Ainsi, un barreau qui faisait dévier une aiguille de 60° ayant été amené, par une suite de décharges, à ne plus exercer qu'une déviation de 0", en donna une de 14' en tombant d'une hauteur de 4 mètres, de 15'' 30 en tombant d'une hauteur de 5 mètres, et de 21' en tombant d'une liauteur de 2 mètres. Sa polarité nouvelle était la même que la primitive.
Lors môme qu'en détruisant l'aimantation primitive du bar-reau on a été justju'à lui en imprimer une nouvelle en sens contraire, on trouve ([n'en le laissant tomber sur le pave on lui rend la première qu'il possédait. M. Ma rianini serait disposé à croire, d'ajirès cette expérienc(5 et d'autres semblables, que le barre(ui iivait gardé sa première aimantation , tout en en prenant une contraire, ([ui neutralise reflet de la première ou le dépasse, et ([uc le choc ne ferait que détruire la seconde en tout ou partie, ctî ([ui permettrait à la première de reparaître. La ilexion, le frottement, la chaleur ou une décharge électrique qui traverse directement le fer, peuvent remplacer le choc, en
DE L* AIMANTATION PAR l'ÉLECTRIGITÉ DYNAMIQUE. 317
particulier, quand il s*agit de fils de fer fins. L* acier donne les mêmes résultats que le fer.
M. Marianini, pour expliquer les résultats de ses expériences, admet une différence entre ce qu'il nomme la polarité et le mal fniiisme. Ainsi le même aimant, quoique privé de polarité, peut i- très-bieD conserver encore du magnétisme, lorsqu'aimanté à la P fais en deux sens contraires, avec une force égale, il ne manil feste aucune action extérieure. 11 faut alors supposer que deux '^ systèmes magnétiques contraires se faisant équilibre peuvent r exister dans le fer, et que des forces extérieures, telles qu'un t courant ou une action mécanique, n'agissent pas avec la même énergie sur les deux systèmes opposés. Cette opinion, qui ne ! nous parait pas reposer sur des faits encore assez nombreux , n'a rien cependant d^inadmissible; rien ne s'oppose, en effet, à ce qae, dans le môme barreau , un certain nombre de particules soient disposées de façon à produire une aimantation dans un certain sens, et, d'autres, de façon à produinî une aimantation en sens contraire; que, par exemple, les particules intérieures so trouvent, à cet égard, avoir une disposition opposée à celles de la surface, et que telle action extérieure agisse proportionnellement avec plus de force sur les unes que sur les autres. Ce point aurait besoin d'être éclairci par des observations ultérieures, et notamment par des expériences comparativ«»nient faites sur des barreaux de différentes formes et de dimensions diverses, sur des cylindres creux et pleins, par exemple.
Mais s'il règne encore quelque doute sur les conclusions que M. Marianini a tirées de ses expériences, il n'y en a pas sur la nouvelle preuve qu'elles apportent en faveur de la liaison entre les phénomènes magnéticjues et les pliénomcnes moléculaires. Les différents degrés d'aptitude qu'acquiert le fer, sous l'empire de certaines actions, à être plus facilement aimanté dans un sens que dans l'autre, sont tout à fait en harmonie avec la disposition que revêtent les particules des corps à s'arranger plus facUement dans une certaine direction que dans une autre. Cette perte de l'aptitude, après la répétition multipliée d'actions conlraireSy correspond avec l'indifférence à s'îirranger, d'une manière ou d'une autre, que iinissent par présenter les parti-
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cules des corps après avoir éprouvé des dérangements ne breux en divers sens '. Enfin, les effets remarquables du cl de la flexion, de la chaleur, en un mot de toutes ces actions changent la position relative des particules, viennent à Tap du rapport que nous avons cherché à établir.
M. Werlheim vient encore récemment de démontrer V tion toute spéciale qu*exerce la torsion sur des tiges et des de fer dans le phénomène de Taimantation, en forçant les i lécules matérielles à se disposer en spirales, et en donnant ai à la matière elle-même la forme qu'Ampère a assignée auxci rants moléculaires. Il a trouvé que la torsion produit des ef magnétiques temporaires lorsqu'elle est temporaire, et pen nents lorsqu'elle est permanente; et ces effets ne peuvent i reproduits par aucun autre moded'aclion des forces mécaniqn L'aimantation, dans les expériences de >I. Wertheim, était p duite par un courant électrique circulant dans une hélice d la tige de fer doux occupait l'axe ; et on pouvait constater Y fluence que la torsion et la déiorsiou exerçaient sur le mag tisme de ce fer par un procédé très-délicat fondé sur le dével pement d'un courantd induction dans une seconde hélice dont deux extrémités communi([uaient avec le lil d'un galvanomèi nonsrevicndronssur ce point dans le chapitrecinquièniecoDsa à l'intluclion. Toutefois nous pouvons déjà dire ici que, par procédé, M. Wertheim s'est assuré qu'une barre de feraimaa à saturation se désaimante parlicllomcnt au moment où e éprouve une torsion lenq>oraire, et se réainiante au moment la détorsion. Si, au contraire, la barre de fer lou un faisce de tils de fer i a été aimantée sous l'empire d'une forte torsi permanente par le courant terrestre ou le courant de Tliélic toute torsion ou délorsion temporaire (jui agit sur elle dans sens do sa torsion permanente produit une aimantation; tou torsion ou délorsion (|ui agit en sens contraire produit ui désaimantiilion. Ainsi, dans lo premier cas, l'aimantation Ji; existante est augmentée; dans le second elle est diminuée.
» On vu i\ un cxfiiijilo rnnaniiwilïlc dans la fraiîllilé qufî présente lo ferqox H a ét(* pendant lonulcmps sHiiimis à des viiiratiODS rapides et fréquentes, con danft les essieux des locomotîTcs.
DE l'ADIIANTÂTION PAR l'ÉLEGTRIGIII DYNAMIQUE. 319
L*aimaDtatioD semble donc intimement liée avec Tarrangemeol des molécules, ce qui est favorable à Tidée sur laquelle nous reviendrons, que ces molécules sont originellement aimantées et que Taimantalion ne consiste qu'à les disposer de façon que leurs magnélismes, qui dans Tétat naturel se dissimulent mutuellement, deviennent sensibles.
S 6. Considérât! ODS sur les électro-aimants.
Après avoir étudié tous les phénomènes qui accompagnent elles actions qui facilitent l'aimantation opérée par les courants électriques, nous devrions revenir sur les propriétés des électro-aimants, analyser les causes qui inllueut sur leur intensité et les lois qui la régissent, et décrire les formes diverses qu'on Icnr a données. Ainsi nous aurions à exposer les lois des électro-aimants de Lenz et Jacobi, les recherches de M. Feitzlich mr la pénétration de Taimantation dans le fer doux, celles le M. Dub sur la force attractive des électro-aimants, celles de M. Poggendorfl' sur les propriétés des électro-aimants fermés, c'est-ànlire dont les pôles sont réunis par une armure, et enfin celles toutes récentes de M. Nicklès, sur les électro-aimants circulaires. Mais, outre que Tétude approfondie de ce sujet exige des connaissances que nous n'avons pas encore, il nous a paru que ces questions présentant surtout un intérêt d'application, il y avait avantage à renvoyer leur examen au diapitre de notre sixième partie, où nous nous occuperons des applications électro-magnétiques.
Les principaux trovaux dont ii est question dans ce chapitre sont :
Araço. — Aimantation pnr Ies« rourunts et ies décharges électriques. — Anmiade chimie et de physique. T. xv fl820). p. 82, d^ et 393.
iktvy. — Aimantation d'une aiguille d'aeier. JiiOl, univ, T. xvn. p. 191 .
i\obili. — Aimantation par une spiraU' plate. Jiihl, univ. T. xxvn, p. 17 4.
Savary. — Aimantation. Annnics de vh. et de phys. T. xxxiv (1827), p. 5.
Âbria. — Aimantation par h;s courants. Annales de chimie et de physique, l^, série, t. l(l84l;. p. 385.
Delesse. — Magnétisme des roches. — Archives des se. phys, T. x, p, 207.
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320 MAGNÉTISME ET ÉLEGTRO-BTMAMIQUB.
Alexandre. — Influence de la chaleur sur l'aimantation par les courants. — Archives de Vélectricité, T. m, p. 668.
Froment, — Instrument magnétique à lame vibrante. — {Bibl. univ.). Archires des sciences physiques, T. iv, p. 29 i.
Nicklès, — Construction des électro-aimants. — Annales de chimie et de physique (3™* série). T. xxx\ii, p. 309.
Page, — Son produit par Taimantation. Bibliothèque universelle (nourtllt série), T. ii (1839), p. 398.
Delezeune. — Idem. T. \vi (1841), p. 406.
Liphaus et Quetelet, — Aimantation du fer par les courants. —- (Aitiui/» de chimie et de physique, T. l (1832), p. 331.
Marrian. — Son par l'aimantation. — Archiver de Vélectricité. T. v, p. 1%^
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De la Rive. — Sons produits dans le fer par raimantation cl les courants trimmis et phénomènes moléculaires. Annales de ch. et de phys. (3"** série). T. x^i p. 93 et t. XXVI, 1 58. — Archives de V électricité, T. v, p. 200. — (Bihl, iMic.)i Archives des se, phys, T. ix, p. 193 et 266.
Wertîieim, — Suns produits par Taimantatlon et influence des actions moli* culaircs. — Annales de ch, et de phys, (3"' série). T. xxni, p. 302. — Compta rendus de VAc, des se, T. xxin. p. 336, et {Bibl, univ,). Arch. des se, pkfi* T. XXI, p. 223.
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Joule. — Innucnce de l'aimantation sur les dimensions du fer. ^{Bibl. tmis,]. Archives des sciences physiques T. iv, p. 398 et t. v. p. 61.
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