EFFETS CHIMIQUES DE L*ÉLEGTRIG1TÉ DYNAMIQUE
placés dans le circuit l'un à la suite de Vautre, qu*un seul s'y trouvait ou que tous les deux étaient disposés Tun parallèle à l'autre» on obtenait trois courants dont l'énergie relative peut être représentée par 1, 2 et 4. La résistance des fils était assez grande pour que celle de la pile réunie à celle de l'auge de décomposition ne pût en être qu'une petite fraction. Il résulte du tableau des expériences faites en grand nombre que toujours le poids du dépôt d'argent a été proportionnel à la force et à la durée du courant. Bf . BufF a également mis dans le circuit du couple constant deux auges successives remplies de la même solution d'argent; les deux fils de résistance étaient ajustés bout à bout; les électrodes, au nombre de quatre,* étaient des lames d'argent fin. Le courant est demeuré en activité sans interruption pendant neuf jours environ, soit 12,539 minutes. Au bout de ce temps on a trouvé :
Dans la 1^ auge Dans la 9« auge.
Perte de poids de la lame positive. . . 267">">,0 267"»»,6
Augmentation de la lame négative. . . 266 ^6 267 ^4
La solution d'argent renfermait 25 milligrammes de nitrate d'argent neutre dans un centimètre cube; une solution plus étendue qui renfermait seulement iO milligrammes par centimètre cube fut mise à la suite de la première. Au bout de cinquante et une heure et demie, la lame d'argent négative avait augmenté en poids de 124,66 milligrammes dans la solution la plus concentrée, et de 124,16 dans la plus étendue. Ainsi le fait que la solution soit.plus ou moins étendue n'exerce aucune influence sur la loi électrolytique.
En remplaçant l'une des solutions d'argent par de l'eau pure on obtient au bout de quatre jours, soit 5,470 minutes, une augmentation de 24 milligrammes à la lame négative qui plonge dans la solution d'argent et une couche d'oxyde d*argent sur la lame positive d'argent plongée dans l'eau, qui, enlevée avec soin, détermine une perte de poids de cette lame de 24 milligrammes. Ainsi l'effet de l'électrolysation de l'eau, même par de très-faibles courants, est semblable à celui de l'électrolysation de la solution d'argent, et cependant on aurait
330 TiunsMiâsioii de l'^lkctrioité.
cru à rœil que Teau n'était pas décomposée. Il en est de même
avec Teau légèrement aiguisée par Tacide sulfurique.
Enfin, réIectrolysatioQ du sulfate de cuiTre a présenté à H. Buff un accord parfaitement satisfaisant avec celle du nitrate dargenty pourvu que la solution fût parfaitement pure et dé* pouillée de tout excès d'acide. Il e^t donc bien établi par les ex* périonces de M. BufT qu on peut constater que les courants même les plus faibles, si leur action est sufQsamn^ent prolongée, décomposent les liquides électrolytiques suivant la loi de laction définie de Faraday, et qu'il ne parait pas que, même dans la plus minime proportion, ils traversent ces liquides sans les décomposer.
C'est aussi sur des sels de cuivre, soit purs, soit mélangés avec d'autres, que M, Soret a vérifié la loi de Faraday. Il a commencé par préparer ces sels de manière à les avoir aussi purs et aussi neutres que possible par une série de cristallisations et de dissolutions successives. 11 opérait ses décompositions en plaçant ses solutions dans des tubes et en employant pour électrodes des fils de platine de 1 mil. à 1 mil. { de diamètre. Son courant était produit par des piles de Bunzen de 2 à 5 couples faiblement chargés. Quand il estimait que l'action avait été suffisamment prolongée, il enlevait les électrodes recouverts de cuivre, les plongeait pendant quelque temps dans l'eau distillée pour les laver, puis les desséchait rapidement avec du papier Joseph et les pesait; il dissolvait ensuite le dépôt de cuivre dans l'acide nitrique, et pesait de nouveau les fils de platine pour avoir le poids du cuivre déposé. Il est nécessaire, pour obtenir de bons résultats, que le dépôt de cuivre soit uni et compacte; autrement on risque qu'une partie du cuivre ne se délacbe ou ne s'oxyde. M. Soret n'a pas trouvé d* avantage à employer du cuivre au lieu de platine pour éle(y trode positif, la dissolution de ce cuivre ne se faisant pas tou* jours d*une manière normale, et des expériences délicates ne lui ayant pas indiqué de différences sensibles dans la quantité de cuivre déposé suivant que la dissolution était neubre ou acide *.
> M. Jaeobi, à la ftnitc de nombreuses expérioDces el eo se vervaQt d'éleetrpdef
EFFETS GHOnQUES DE L'ÉtECTRlCiTi DYNAMIQUE. 331
Eo effet, trois expériences ont fouroi les résuUats' suivants:
POID
B DU CUIYEX
Neutre. Acide.
• inexpérience.
0flr.i664
f^ eipérience.
3' expérience.
+o.ooo«
Après avoir vérifié par de nombreux essais que, dans des circonstances identiques, deux dissolutions parfaitement semblables de sulfate de cuivre donnent des dépôts égaux à 2 ou 3 dixièmes de milligrammes près, il a trpuyé qu'il eq était de même pour deux dissolutions. Tune saturée, Tautre étendue. Mais si les deux dissolutions, tout en étant semblables, sont à des températures différentes. Tune à 20**,- Vautre à 100**, par exemple, cette dernière donne un dépôt de cuivre sensiblement moindre, ce qui tient, ainsi qu'on peut s'en assurer directement, h Taction dissolvante du sulfate de cuivre à 100% même neutre, sur le cuivre métallique.
Du nitrate, du phosphate et de l'acétate de cuiyrç ont été miç concurremment avec le sulfate dans le circuit ; chacune de ces dissolutions a donné dans chaque cas le même dépôt de cuivre à l'électrode négatif que le sulfate. Les différences sur des pe-
ea cuivre, avait reiioneé à se servir de la décomposltloi» an sulta(e de euivre pour déterminer Tinteusité du couTant, à cause des nombreuse^ anooialies qqe cettç décomposition lui avait présentées. Ainsi en additionnant les poids de cuivre perdus d'un côté et réduits de l'autre, il avait trouvé dans une série d^expériences^ 7,4962 de cuivre perdu pour 7,1743 de cuivre réduit; ce qui fait une différence de 4,5 pour 100. M. iacobi reconnaît lui-même que cette anomalie tient à ce quQ les expériences ont été faites avec du sulû^te de cuivre du commerce, qui n'est pas pur ; cette explication se trouve amplement justifiée par les résultats qu'a o))tenus M. Soret en employant du sulfate de cuivre chimiquement pur. En effet, dans ce cas, peu importe que la solution devienne acide ou reste neutre, la quantité de enivre déposée à l*électrode négatif devant pour un même courant demeurer la même, qu'elle provienne de l'électrolyse directe on de la réduction par Thy-
332 TRANSMISSIOIf DE L*ÉLEGTRIGITÉ.
sées de 1 à 2, et même à 4 ou 5 décigrammes, étaient en moyenne de 2 dixièmes de milligrammes, tantôt dans un sens, tantôt dans un autre, et n'ont jamais dépassé 4 dixièmes, sauf dans un seul cas où la différence s*est élevée à 6 dixièmes. Il faut seulement ne pas trop prolonger Faction avec le nitrate pour ne pas libérer beaucoup d'acide nitrique, cet acide exerçant bientôt une action dissolvante sur le cuivre déposé, et il faut que l'acétate soit très-concentré, le dépôt de cuivre, sans cela, n'étant pas compacte et les différences étant trop grandes. Le sulfate de cuivre et le sulfate de potasse, mélangés à volumes égaux, forment une dissolution qui donne le même dépôt que le sulfate de cuivre pur. Le bichromate de potasse mélangé avec le sulfate de cuivre ne forme aucun dépôt, mais donne seulement un dégagement de gaz. Le mélange du sulfate de cuivre et du borate de soude donne un dépôt de cuivre, mais ce dépôt est toujours un peu plus considérable que ceux obtenus simultanément dans le sulfate de cuivre pur, et les différences sont trop grandes de 3 à 7 milligrammes pour pouvoir être attribuées à des erreurs d'expériences. Le dépôt n'est d'ailleurs jamais compacte et paraît du reste un peu oxydé, ce qu'il doit à sa forme légèrement spongieuse. Le sulfate de protoxyde de fer mélangé au sulfate de cuivre diminue sensiblement le dépôt du»cuivre, ce qui tient à ce que le cuivre se dissout dans le sulfate de fer au maximum et à ce qu'il se forme toujours une certaine quantité de ce sulfate quand on laisse le sulfate de protoxyde de fer exposé à l'air; formation qui doit être facilitée par le dégagement d'oxygène et d'acide libre qui accompagne l'électrolyse. Le sulfate de manganèse produit le même effet que le sulfate de protoxyde de fer. Le nitrate de cobalt, les sulfates de zinc et de cadmium n'altèrent nullement le poids du dépôt de cuivre, et on ne trouve pas trace dans ce dépôt de cobalt, de zinc et de cadmium, ce qui prouve bien que le cuivre seul se dépose. Voici le tableau des résultats comparatifs obtenus par le passage du même courant dans une dissolution saturée de sulfate de cuivre servant de terme de comparaison, et dans une autre dissolution.
EFFETS CHIM1QI}E8 DE l'ÉLBCTRICITÉ DYNAMIQUE.
NOM DE LA DISSOLUTION comparée
AC SULFATI Dl CCITII.