‹ Traité d'électricité théorique et appliquéeChapitre 52 sur 80 · EFFETS PHYSIOLOGIQUES DE L*ÉLECTRIGITÉ DYNAMIQUE · texte numérisé non relu

EFFETS PHYSIOLOGIQUES DE L*ÉLECTRIGITÉ DYNAMIQUE

arriver à des résultats qui sont passablement exacts. Ainsi on s'assure, en. faisant passer le courant d'une pile de 30 à 40 couples à travers le muscle pectoral d*un pigeon dépouillé de ses nerfs aussi bien que possible, que les fibres musculaires se contractent quand on ferme et qu'on ouvre un circuit, et cela quelle que soit la direction du courant relativement à celle des fibres. Ces contractions cessent pendant le passage du courant, mais elles reparaissent, quoique plus faibles, lorsque après avoir interrompu le circuit, on le rétablit, à moins toutefois que le premier passage n'ait été très-prolongé, dans quel cas les contractions ne peuvent plus se produire.

L'effet que nous venons d'indiquer ne peut être dû qu'à l'action directe du courant sur la fibre musculaire, car, lors même qu'il resterait quelques filets nerveux dans le muscle, comme la matière nerveuse est beaucoup moins conductrice, environ quatre fois moins que la matière musculaire, c'est essentiellement celle-ci qui est traversée par l'électricité '. M. Matteucci, à qui nous devons ces observations, a de plus prouvé directement qu'aucune partie du courant ne passe à travers les petits filaments nerveux quand il parcourt le muscle ; pour cela, il prend le muscle de la jambe d'un lapin ou d'un chien,

■ Pour déterminer la conductibilité relative des nerfs et des muscles» M. Matteucci a pris sur un lapin récemment tué, un morceau assez long du nerf sciatique, une coudie de substance cérébrale, et un morceau de muscle enleyé à la cuisse, n a réduit ces trois substances en trandies de môme épaisseur, autant que possible» et il les a placées à la suite les, unes des autres sur un plan isolant ; puis il a fait passer par cette chaîne de substances animales le courant d'une pile de 12 couples. Il a touché alors avec les extrémités en platine d*un galvanomètre sensible, tantôt Tune, tantôt Tautre des substances animales, les deux fils étant toujours tenus à la même distance^ et il a obtenu ainsi les déviations produites par des courants dérivés tirés dans les mômes circonstances des trois substances nommées, n a encore fait rexpérlence d'une autre manière, en faisant varier la distance des deux fils de platine, de manière à avoir un courant dérivé de même intensité en opérant sur les trois substances. Le courant dérivé, dans le premier cas, est d'autant plus fort que la substance est moins conductrice; aussi est-il plus' faible avec le muscle qu'avec le nerf, et avec le nerf qu'avec la substance cérébrale, d'où il résulte que cette substance conduit un peu moins bien que le nerf, et celoi-ci quatre fois moins bien environ que le muscle.

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morts depuis assez longtemps pour que toute irritabilité musculaire ait disparu, puis il fait dans ce muscle une incision et y a introduit le nerf d'une grenouille galvanoscopiqUe très-sensible (fig. 264), de manièt^ qu'il fût bien recouvert du muscle. Dès que les contractions qui se manifestent dans la grenouille au premier moment ont cessé, il fait passer le courant d'une pile de 20 à 30 couples à travers la masse du muscle en appliquant les électrodes sur différents points de cette masse, et quoique ce Courant énergique traverse le muscle dans toutes les (Ûrections, la grenouille n'éprouve aucune contraction; cependant son nerf est contenu dans ce muscle et en fait presque partie intégrante. Il faut avoir soin d'employer un muscle dont l'irritabilité soit éteinte, car sans cela la grenouille éprouve des contractions, qui sont dues au phénomène de la contraction induite dont nous nous occuperons plus tard.

Revenant à la contraction excitée directement sur les muscles, nous remarquerons encore que, lorsqu'elle a lieu par l'effet de la décharge d'une bouteille de Leyde, elle occasionne dans le muscle une raideur cadavérique persistante accompagnée d'un raccourcissement ; c'est un effet senlblable à celui que Nobili, Masson et Matteucci, ont successivement obtenu en fcdsant passer un eou* rant discontinu à travers le nerf d'un animal, ce qui détermine un véritable tétanos; tétanos qu'on peut faire cesser, soit par le passage d'un courant inverse de celui qui l'a produit, soit en coupant le nerf qui communique avec le membre tétanisé.

Nous terminerons ici ce que nous avons à dire pour le moment sur les efiiets physiologijjues de l'électricité ; nous reviendrons sur bien des points que nous avons omis, tels en particulier que l'influence sur les effets de Télectricité des poisons et narcotiques administrés préalablement aux animaux, ainti que sur l'analyse des sensations que détermine chez les hommes le passage de l'éleclricité dynamique dans diverses parties de leurs organes. Ces sujets, ainsi que d'autres analogues, trouveront naturellement leur place dans le chapitre de la sixième partie de ce traité qui sera consacré aux applications thérapeutiques de l'électricité ; et ils pourront être traités d'une manière beaucoup plus complète alors, parce que nous aurons étudié, ce que

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nous n'avons pas encore fait, les phénomènes relatifs à la production de l'électricité par les actions physiologiques» qui sont désignés sous Je nom à' électricité animale.

Liste des piincipaax travaux relatifs aux sujets traités dans ce chapitre :

Davy. — DécompOBltloil AtctfCKchllnlitne d#s rabstitic^fl organiques. — AnmUe$ de ch. T. LXin, p. 223, 255 et 261.

Gaf-Lutêoc. — Effets de l'électricité sur la fermentation du moût. — JnnaUs de ch. T. lzxvi, p. 257.

Becquerel. — Application des forces éltct^o-cfaltiiqiies à la physiologie végétale. — Annales de ch. et de phy$. T. ui, p. 57.

Matteucei. — Influence de Vélectrldté sur la germination. — Annales de eh. et de ph^s. [nouvelle iéhe). T. n, p. 403. — ftechercUes ^ectro-physiologiques. — Aimales de ch. et phys. (nouvelle série). T. u, p. 403; t. xix, p. 52; U xxm, p. 241. — Trans. phil. de la Soc. roy. de Londres, aqnées 1840, 1647, 1849 et 1850. — Traité des phénomènes électo^physiologiqués des JHÉBtmu — Paris, 1844^ in-8^ avec planches.

Lulrochet et Becquerel. — Influence de rélectriclté sur la circulation du diaft. ^ Ém. miv. (mmbelte sérié). T. tn, h ^^^ U^^^Y

lamri§ne. ^ PréelpItilloB «e l'AïuDiie an p6l6 ptiittf. — liiniit^ <lt «A. etdepb9S.T..xx,p4$T.

Galvani, — Résumé de ses travaux électro-physiologiques. — Annales de ch. et de phys. T. ^xv, p. 58.

Éumbotdt. — fhitathm eausée par lés métaux sur les anImMX. — Aniuiles ito (A. T. xtn, pw 51.

Vre. — BxpérieaMa^leetrlqMs tnr «hé èBd<nrfi« — ÀnmOeê dêeh. Méepkfs. T, xw, p. 331.

Leni. — Conductibilité électrique du corps hudiain. — Archives d^électricité. T. m, p. 534.

Pouillet. — Tdem. — Compte rendu de tAtaâ. des sciences. T. !▼, p. 7»i .

Masmnk -^ Efflsts pttjslotoglqiwi dm cMtants dteoooUfiiM. «^ Aimaim de ck. et depkifs. T, Lxfi, p. 5.

Philipps. — Action du courant remplaçant celle des nerfs. — Annales de ch. et de phys. T. xxii, p. 216.

tolta. — Électricité animale. — Atnales de ch. T. xliti, {)(. 27it, ei t. xxix,

Mmianbd. -*- Mémoires divers rtlatlfia à Tactlmi physioleskpie du eoaraat. — * Amnales 4e ch. et depkjfs. T. u^ p. 225 ; t xuu, p. 320; t. lvi, p. 387,

NobiU, — Idem, — Annales de ch. et de phys. T. xxxvui, p. 225 ; t. xuv, p. 60.

Du Bois-Eeymond. — Idem. — Ann. der phystk pauim. — Vntersuchurtgen ûber thierischeelectricitat. BerRn. 1848. T. I.

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