‹ Traité d'électricité théorique et appliquée. Tome premierChapitre 15 sur 53 · ÉLECTRICITÉ PAR I!«FIIE!«CE · texte numérisé non relu

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importance , parce qu'il sert dans plusieurs pays à accuser la présence d’un nuage électrisé, est le carillon électrique (fig. 48). Une petite boule métallique, fixée à l’extrémité d’un cordon de soie dont l'autre extrémité est attachée à un support horixontal qui fait partie de l'appareil, est suspendue entre un timbre qui communique avec le sol et un timbre semblable qui est mis en communication par son support avec la source d’électricité, par exemple, le conducteur de la machine électrique; la petite balle j’-

oscille entre les deux timbres comme la balle de sureau entre les deux disques et elle fait entendre par ses chocs répétés une suite de sons musicaux. Le même appareil porte quelquefois plusieurs balles de métal semblables à la précédente et pareillement suspendues, ainsi que le nombre de timbres nécessaires pour que les mouvements de va-et-vient puissent s’opérer. Le tout est disposé de façon qu’il y ait alternativement un tiin- Fig. 48.

bre et une boule de métal , et que des deux timbres entre les- ^ quels chaque boule se trouve placée, l'un communique avec le sol et l’autre avec un support isolé destiné à lui transmettre l’électricité.

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Parmi les nombreuses expériences auxquelles le développement de l’électricité par influence donne naissance , nous citerons encore quelques-unes qui ont un intérêt d’applicatimi.

A peu de distance du conducteur d'une machine électrique eu activité , on fait tomber sur un plateau isolé en communication avec un électroscope , des gouttes d’eau provenant d’un récipient métallique que l’on lient à la main ou qu’on fait communiquer avec le sol d’une autre manière. Les gouttes d'eau accusent après leur chute une électricité de nature contraire à

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celle du conducteur. Ce nnlme effet est produit d’une manière encore plus sensible eri dirigeant sur le plateau métallique le jet d’eau d'une fontaine de compression qu’on tient à la main, en ayant soin que le jet passe près du conducteur de la machine. Dans ces expériences, les gouttes d’eau qui sortent du vase ont, avant de se séparer du jet, leur électricité naturelle décomposée par l’influence du conducteur; leur électricité positive est chassée dans le sol, la négative reste dans l’eau et affecte par conséquent l’électroscope. M. le professeur Bailli a obtenu le même résultat en substituant à l’électricité de la machine, l’électricité positive dont l’atmosphère dans les jours sereins est constamment chargée. Il a recueilli dans un récipient isolé et en communication seulement avec un électroscope les gouttes d’eau qui tombaient d’un jet d’eau très-élevé, et il les a trouvées chargées d’électricité négative; c’était un effet d’induction produit par l’électricité positive de l’air. 11 est probable que l’électricité négative que Volta, Trallès et d’autres physiciens ont trouvée dans l’eau qui tombe des cascades naturelles, a la même origine et qu’elle n’est pas due , comme on avait paru le croire , à ce que le globe terrestre lui-même d’où partent ces gouttes serait négatif. Du moins on ne peut pas tirer cette conclusion de l’observation que nous venons de rapporter, puisqu’elle s’explique très-naturellement par la seule intervention de l’électricité positive de l’atmosphère.

Parmi les effets remarquables d’influence que peut exercer l’électricité dont l’air est constamment chargé, nous citerons encore l’observation faite par M. Peltier, qu’il suffît d’élever ou d’abaisser brusquement un électroscope pour le charger d’électricité positive ou négative. C’est probablement à la même cause que doivent être attribués les phénomènes électriques observés récemment par M. Palagi, qui a remarqué qu’il suffit de rapprocher ou d’éloigner l’un de l’autre deux corps, pour les charger d’électricité négative ou positive. Nous reviendrons sur ces expériences en nous occupant de l’électricité atmosphérique.

Un autre effet de l’induction électrique assez remarquable est celui que présentent les corps organisés qui y sont soumis. Galvani a remarqué le premier qu’une grenouille vivante ou tuée

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depuis moins de quatre ou cinq heures, suspendue à quelque distance du conducteur d'une machine électrique, mais sans communication directe avec lui, éprouve de vives commotions quand on charge le conducteur, et encore plus, quand, après qu’il a été électrisé, on le décharge en tirant une étincelle. Ces commotions sont dues, la première à la décomposition de l’électricité naturelle qui se fait dans le corps de l'animal par l’iniluence de l’électricité positive de la machine, la seconde bien plus vive, à la recomposition subite des deux électricités qui s’opère dans la grenouille elle-même quand la cause de l’induction vient à cesser brusquement par la décharge du conducteur de la machine. Les commotions de celte espèce qui impriment au corps de l’animal comme une sorte de convulsion s’appellent choc en retour. En présence d’une puissante machine, un homme éprouve des secousses analogues ; lorsque deux personnes sont placées près du conducteur, si l’une tire des étincelles, l’autre éprouve chaque fois à l’instant même une violente commotion sans ((u’aucune trace d’électricité ne passe entre elle et le conducteur; c’est là encore l’effet du choc en retour; quand nous nous occuperons des effets de la foudre, nous verrons qu’un nuage orageux peut agir de la même manière et foudroyer aussi bien par le choc en retour que par le choc direct.

Indépendamment de cet effet, une personne placée près du conducteur d’une machine électrique éprouve pendant qu’on la charge des sensations extraordinaires au visage et aux mains; ses cheveux se hérissent plus ou moins fortement , une toile d’araignée semble couvrir son visage; ces effets sont tous dus à la décomposition de l’électricité naturelle du corps de l’observateur par l’influence à distance et à l’écoulement des deux électricités séparées, l’une dans le sol, l’autre à travers l’air vers le conducteur électrisé.

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