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CHAPITRE IV

CONDENSATKtR ET BOUTEILLE DE LETOE.

J 1. Priacipe éem MeetrIeitéB dlMimalèe*.

Nous avons élutlié, dans le chapitre précédent, les effets d'iiiduction en ne nous occupant que du corps sur lequel elle s’opère. Mais celui qui la produit éprouve lui-uiéme un genre d’influence qui résulte de l'action qu’exerce sur sa propre électricité l'électricité qu’il a développée dans le conducteur raj)proché. Celte double influence mutuelle des deux électricités donne naissance aux phénomènes de l’électricité dissimulée. Nous nous servirons, pour les étudier, d’un appareil composé de deux disques métalliques parfaitement semblables, de 20 à dO centimètres de diamètre, placés verticalement chacun sur un support isolant en verre ; les deux supports sont eux-mêmes fixés par leur extrémité inférieure sur une pièce mobile à coulisse, de telle façon qu’avec une manivelle, ou par tout autre moyen,

on peut éloigner ou rapprocher aussi près que possil)le les deux disques, dont les faces demeurent toujours parfaitement parallèles. Chaque disque porte un électroscope à balles de sureau.

Nous appellerons l’un des disques A ot-i’aulre B (fig. 40). On électrise A et on approche B, dont l'électricité naturelle est aussitél décomposée par l’influence de A, que nous supposerons positif. Ou touche B avec le doigt pour donner issue à son électricité positive; aussitôt l’électroscope de B cesse de diverger, et celui de A n’éprouve plus qu’une divergence très-faible. Mais si l’on éloigne A et B l’un de l’autre en ayant soin de ne pas les toucher, on voit aussitôt les deux électroscopes diverger forte-

CO>DEÎ(SATStiR ET BOITEILLE DE LEYDE. 93

ment; celui de H indique de l'électricité négative, celui de A do la positive. On rapproche de nouveau les deux disques l’un de l’autre; de nouveau la divergence de l’électroscopc de B cesse, et celle de l’électroscope de A diminue. Le même phénomène peut se reproduire plusieurs fois, si l’air est bien sec et les supports bien isolants; car, sans cette précaution, la déperdition de l’électricité dont les disques sont chargés s'opérerait rapidement, et les effets cesseraient bien vite. La disparition de l'électricité totale de B et de la plus grande partie de celle de A n’est qu'apparente, puisqu’il suffit d’éloigner les deux disques l'un de l’autre pour que ces deux électricités reparaissent avec toute 'N leur intensité ; aussi on dit ipi’elles sont dissimulées quand elles J sont dans cet état latent qui résulte de la proximité des disques. / Cet état est attribué à la tendance que les deux électricités auraient à se porter l’une vers l’autre en vertu de leur attraction mutuelle, tendance à laquelle elles ne peuvent obéir à cause de la résistance qu’oppose à leur réunion la couche d’air isolante interposée, mais qui les porte en entier sur les portions des surfaces des deux disques qui sont en regard; elles sont comme neutralisées l’une par l’autre; nous disons comme, parce que si elles étaient en effet neutralisées elles ne reparaîtraient plus séparément quand on éloignerait les deux disques. Le nom d’électricités dissimulées qu’on a donné à cet état, pour le distinguer de celui d’électricités neutralisées, n’exprime, en réalité, qu’un fait qui découle immédiatement du principe du développement de l’électricité par influence. Aussi aurions-nous pu nous borner à le signaler dans le chapitre précédent, si l’importance des deux instruments, dont il est l’origine, ne nous avait pas engagé à leur consacrer un chapitre distinct.

Nous avons dit que tandis que, à l’état dissimulé, la totalité de l’électricité de B n’était plus sensible, une petite partie de celle de A restait apparente. On nonome cette portion Y électricité libre. Klle provient de ce que A n’a pu , à cause de la distance qui le sépare de B, développer par influence dans B une quantité d’électricité négative aussi considérable que celle qu’il possède lui-méme. 11 en résulte que, taudis que cette dernière peut, noalgré la distance et parce qu’elle est la plus forte, dissi-

ÎHi ÉI.KC.TRIClTt STATlylE.

muler toute la négative île B, celle-ci, plus faible, ne peut, à son tour, dissimuler toute la positive de A; il en reste donc sur A une certaine proportion qui n’est pas dissimulée, mais qui sert, avec celle qui l'est, à dissimuler toute l’électricité négative de B. On touche A avec le doigt; aussitiM la petite quantité d’électricité libre qu’il possédait disparaît ; la dissimulée ne s’écoule pcrint dans le.sol, étant retenue par l’action de B; au même instant où l’électroscope de A cesse de diverger, celui de B diverge à son tour, preuve que l’électricité de B n’est plus dissimulée en totalité, ce qui provient de ce que A a perdu une partie de son électricité. Une partie de l’électricité de B est ainsi devenue libre à son tour, sans toutefois qu’il y ait eu diminution dans la quantité totale d’électricité que possédait ce disque, quantité qui continue à dissimuler la même proportion de celle de A. Cette proportion est devenue la totalité depuis qu’on a ôté à A sa partie libre. Si maintenant on touche B, on enlève la partie de l’électricité qui était devenue libre sur ce corps; alors une partie de celle qui était dissimulée sur A par l’action de la totalité de l’électricité de B devient libre : ce double effet se manifeste par l’absence des divergences dans l électroscope de B et l’apparition d'une légère divergence dans celui de A. On peut encore ôter à A cette nouvelle dose d’électricité libre et en faire naître immédiatement une sur B, puis toucher encore B, et ainsi de suite,jusqu’àfequ’ayantainsigradnellement fait passer toute rélectricilé dissimulée de chacun des disques à l’état de liberté par de petites doses successives, on les ait complètement déchargés. C’est ce qu’on appelle la recomposition lente des deux électricités. La recomposition subite est celle qui a lieu quand, en réunissant les deux disques par les deux branches d’un excitateur, on permet aux deux électricités dissimulées de se réunir immédiatement à travers une couche mince d’air, ce qu’elles font en donnant naissance à une étincelle qui jaillit avec beaucoup d’éclat et de bruit.

La dissimulation des électricités est d’autant plus complète que les disques sont plus rapprochés l’un de l’autre, ce qui tient à ce que l’attraction mutuelle des deux électricités devient d’autant plus forte que la distance est plus faible. Mais il faut laisser

CONIIENSA rEIH F.T B1IUTEIU.F. BE LF.YDE. 97

une couche d’air suffisamnienl isolante, et par conséquent sutlisamment épaisse, pour s’opposer à la réunion directe, sous forme d’étincelle, des deux électricités opposées. Aussi la distance à laquelle on peut approcher les deux disques l’un del’autre dépendelle de l’intensité de la charge électrique donnée à A et du degré d'humidité de l'air et par consé(|uent de sa faculté isolante.

Toutefois, on peut obtenir des effets beaucoup plus prononcés en remplaçant la couche d’air par une substance telle que le verre on la résine parfaitement isolante, lors même qu’elle est en lame très-mince. 11 est facile alors d’approcher les disques à une très-petite distance l’un de l’autre, sans que l’on risque d’opérer la neutralisation des deux électricités. Il en résulte que A développe par induction dans B une beaucoup plus grande quantité d’électricité négative ; et à son tour, une beaucoup plus forte proportion de l'électricité de A est dissimulée. Dans l’application, le choix de cette substance i.solante et l’épaisseur à lui donner dépendent du but qu’on se propose. Ce but est double et a donné naissance aux deux appareils connus sous le nom de condensateur et de bouteille de Leyde. Commençons par exposer le principe commun sur lequel ils reposent ; nous passerons ensuite aux différences qui les caractérisent quant au but et par conséquent quant à la forme qu’on leur a donnée.

S 2. Th^rle dn eondeUMtear et de !■ boateille de l<eyde.

Nous avons vu qu’avec une machine électrique, un conducteur ne peut prendre une charge électrique plus forte que celle qui imprime aux différents points de sa surface une réaction électrique égale à celle du plateau. Il en est de même avec toute source d’électricité. La charge varie donc avec la réaction électrique de la source, mais on peut augmenter la quantité totale (l’électricité accumulée sur un conducteur isolé par l’effet d’une même source en étendant la surface de ce conducteur. En effet, comme l’électricité dont est chargé un conducteur peut librement s’y mouvoir, il suffit d’en toucher un point pour qu’elle s’y porte toute, et comme chaque élément de la surface

98 tLF.r.TRlCITÉ STATIQUE.

a la uiêine réoclioa électrique , savoir celle de la source, plus celte surface sera cteadue, plus il y aura d'éléoaeuls ayaut la même réacliou électrique , plus par couséquent sera considérable la somme totale d'électricité. C'est d’après ce principe que Voila avait imaginé un système de conducteurs électriques terminés par desdemi-splieres, et suspendus au moyen de cordqas de soie isolants ; il les mettait eu communication avec le conducteur d’une machine électrique en activité, et il accumulait ainsi par le moyen d'une même machine une quantité d'électricité d’autant plus grande que l’ensemble de ces conducteurs présentait une surface plus considérable : il nommait ces conducteurs conducteurs secondaires. Ce procédé avait l’inconvénicnl d'exiger un développement einhurrassanl de conducteurs, en outre celui de répartir une quantité donnée d’électricité sur une très-grande surface, et de l’exposer par là à une déperdition rapide par le contact de l’air. Le principe des électricités dissimulées a fourni le moyen d’atteindre le même but, tout en évitant les inconvénients que nous venons d'indiquer, et cela en permettant d'accumuler sur une même surface une quantité d’électricité plus considérable que celle dont elle se cliargerait naturellement.

Pour bien concevoir la manière dont on obtient ce résultat, reprenons l’appareil qui nous à servi à démontrer le principe et mettons le disque A en communication avec la source d’électricité. Chacun des points de ce disque prendra une réaction électrique égale à celle de la source ; approchons le disque B et touchons-le avec le doigt. AussiUH, conformément à ce que nous avons vu, la plus grande proportion de l’électricité de A sera dissimulée, il n’y restera qu’une quantité libre qui, se répandant sur toute la surface, y déterminera en chacun de ses points une réaction électrique bien inférieure à la primitive ; mais A, en communication avec la source, pourra y reprendre de l’électricité en quantité suffisante pour que la réaction électrique, en chacun des points de sa surface, devienne de nouveau égale à celle de la source; nouvelle décomposition de l’électricité naturelle de B, nouvelle dis.simulation de celle de A ; à chaque opération la quantité qui demeure libre de-

COJinENSATEliK ET WHiTEILLE DE LEYDE. 99

vient plus grande parce que, conarae elle est une même proportion de 1,'électricité totale pour une ntème distance des deu\ disques, plus la quantité absolue ou totale devient considérable, plus la quantité proportionnelle s'accroît aussi. Lors donc que celte quantité libre est devenue telle, qu’à elle seule elle donne à chacun des points du disque  une réaction électrique égale à celle de la source, alors on est parvenu à Iq limite de l’accumulation possible. Le disipie A contient, dans ce moment, une quantité d’électricité totale composée de deux éléments, savoir : la portion dissimulée et la portion libre dont la réaction est égale à celle de la source et qui serait celle dont le disque se serait chargé, s’il n’avait pas été sous l’influence de B, c’est-à-dire s’il était resté dans les conditions ordinaires.

Ün a donc réussi à condenser dans A une quantité d’électricité beaucoup plus considérable que celle qu’on y aurait accumulée eu le mettant simplement eu communication avec la source. 11 suffit ensuite d’éloigner A de B pour rendre libre la partie dissimulée qui s’ajoute alors à celle qui ne l’est pas et pour obtenir ainsi sur chaque élément de la surface de A, une réaction électrique bien supérieure à celle de la source avec la(juelle pourtant on la charge. Le pouvoir condensant de l’appareil est le rapport qui existe entre la quantité totale d’électricité dont se charge le plateau quand il est sous l’influence de B et celle dont il se charge quand il n’est pas sous celle influence. Pour obtenir ce rapport il suffit de déterminer avec le plan d’épreuve et la balance de torsion, la réaction électrique d’un point de la surface de A quand sous l’influence de fi il n’y a qu’une faible portion de son électricité qui soit libre et quand hors de cette influence, la totalité de l’électricité dont il est chargé est devenue bbre. Ce mode de délerminalioii ne peut pas s’appliquer au cas où l’électricité que l'appareil possède est très-faible, cas le plus important; car la portion qui est libre est trop peu considérable pour que le plan d’épreuve puisse en être sensiblement affecté. Dans ce cas il vaut mieux, quand on a séparé les deux disques, les loucher successivement avec le plan d’épreuve et déterminer ainsi le rapport qui existe entre leurs charges totales. Au moyen de ce rapport et par un calcul

très-simple, on arrive à trouver celui qui existe entre l'électricité totale dont le disque A est chargé et la quantité d’électricité cpi’il conserve à l’état libre quand il est sous l’influence de B; ce qu’on voulait connaître

Le pouvoir condensant est d’autant plus grand, que la couche isolante qui sépare les deux discjues est plus mince ; mais il ne faut pas qu’elle soit assez mince pour que les électricités puissent se réunir à travers cette couche. C’est ici qu’il faut distinguer les deux buts qu’on se propose avec les appareils condensateurs. L’un de ces buts est de chercher à rendre sensibles, par leur action sur l’électroscope, des sources d’électricité dont la réaction serait trop faible pour agir directement sur lui ; il faut donc une couche isolante aussi mince que possible, parce que d’une part il faut que la condensation soit la plus forte possible et que d’autre part on ne risque pas, si la matière de la couche est très-isolante, que les deux électricités soient assez intenses pour vaincre sa résistance ; ce genre d’appareil a pris le nom particulier de condensateur. Le second but est d’accumuler, avec une source donnée aussi puissante que possible, une quantité d’électricité aussi considérable qu’on le peut, afin de produire de grands eifets. Il faut alors que la couche isolante soit assez épaisse et isolante pour opposer un obstacle suffisant à la tendance énergique qu’ont les deux électricités à se réunir. On emploie dans ce cas du verre, parce que sa structure homogène fait qu’on ne court pas le risque qu’il présente, comme une couche mince de ^ernis isolant, des solutions de continuité et parce qu’en même temps il conserve, lors même qu’il est très-mince, sa faculté isolante. Ce second genre d’appareil se nomme , suivant la forme particulière

qu’on lui donne, tableau magique ou bouteille de Leyde.

S 3. CondeanBlear.

Le condensateur a été imaginé par Volta; il a été primitivement formé d’un disque en bois recouvert de taffetas gommé et

' Voyri, pour les d««eioppnnents mathématiques relatifs A l'électricité condensée, la note R.

CO^CDE.NSATEl'B KT BOUTEILLE DE LEYDE. 101

d'un disque métallique muni d’un manche isolant qu'on pose sur le disque en bois. Le plateau métallique est mis en communication avec la source d'électricité; il joue le rôle du disque A, le plateau en bois joue celui du disque B, et le taffetas gommé est la couche isolante mince qui empêche la recomposition immédiate des deux électricités accumulées sur les deux plateaux. Quand le plateau métallique a été chargé on l'enlève et on le porte à l'électroscope qui indique la nature et jusqu'à un certain point l’intensité de l'électricité de la source.

Le condensateur le plus généralement usité est celui à lame £or ainsi nommé, parce qu’il est adapté à un électroscope à lames d'or (üg. 50). Il se compose de deux plateaux métalliques bien dressés de 15 centimètres au moins et de 30 au plus de diamètre. L'un de ces plateaux est vissé sur le prolongement extérieur de la tige métallique de l'électroscope qui porte les feuilles d’or; l’autre est muni d'un manche isolant fixé verticalement à son centre et est placé sur le premier de manière à le recouvrir exactement. Les deux plateaux ont été enduits sur leur surface de contact de plusieurs couches appliquées successivement, d’un vernis trèsliquide formé par la dissolution de la gomme laque dans l’alcool. Ce vernis, en séchant, forme une pellicule dont l'épaisseur n'est pas d'un dixième de millimètre, mais qui est suffisante pour empêcher la recomposition des électricités, lorsque celles-ci ne sont pas très-fortes. Les plateaux sont ainsi presqu'en contact, et la condensation de l'électricité est aussi grande que possible; aussi le pouvoir condensant de ces appareils est-il très-considérable; mais il ne peut supporter que de très-faibles charges qtii sont celles, au reste, qu’il est destiné à recevoir. Il est important que les deux plateaux soient adaptés l'un à l’autre aussi bien que possible et par conséquent que leur surface soit bien plane. La grandeur de ces surfaces a, par cette raison, une limite

Fig. 50.

lOâ £lf.cthicité statique.

qu’il est impossible de dépasser, parce que la construction en deviendrait trop difficile, vu la condition que nous venons d'indiquer; la manœuvre en serait aussi assez pénible, car il faut pouvoir eidever facilement le plateau supérieur et avoir soin de l'enlever perpendiculairement sans exercer contre l'autre un frottement qui serait, par lui-même, une source d’électricité et troublerait par conséquent les résultats. Toutefois ces réserves une fois faites, il est avantageux d’avoir la plus grande surface possible, puisque la quantité d’électricité accumulée est proportionnelle à celte surface. L’expérience a démontré (|u’on ne peut, sans tomber dans les inconvénients que nous venons de signaler, dépasser 30 centimètres de diamètre. Les plateaux sont ordinairement en laiton, et si c’est possible, en laiton doré, afin d’étre protégés contre l’action chimique de l’air humide, des vapeurs et des liquides avec lesquels ils peuvent se trouver en contact. Quelquefois on trouve des signes électriques en séparant les deux plateaux lors même qu’il n’y a eu aucune source électrique en communication avec l’un ou avec l’autre. Celte erreur est due à une petite quantité d’électricité provenant des expériences précédentes qui a pénétré dans les couches de vernis et ne s’en dégage que difficilement. Il faut pour l’enlever placer entre les deux disques une feuille d'étain très-mince et la laisser jusqu’à ce qu’on se soit assuré qu’après avoir été mis en contact immédiat l’un avec l’autre, les plateaux ne dégagent, par le fait seul de leur séparation, aucune trace d’électricité. 11 est essentiel de toujours constater cette absence de signes électriques siH)nlanés avant de faire une expérience.

On met en général, pour plus de commodité, la source d'électricité en communication avec le plateau supérieur du condensateur, qu’on nomme le collecteur, et on touche avec le doigt le plateau inférieur. Quand on sépare les deux plateaux, c’est l’électricité devenue libre du plateau inférieur qui affecte l’éleclroscope; or, il ne faut pas perdre de vue qu’elle est de nature contraire à celle du supérieur, et par conséquent à celle de la source soumise à l’expérience. Avant de recommencer une seconde expérience, il ne faut pas oublier de décharger, en

Diyiii^ec by Googic

COJfDENSATKrR ET BOCTEIILE DE LEÏDE. Hl3

les touchant avec le doigt, les deux plateaux également, et, en général, il Défaut jamais les laisser chargés, surtout quand ils sont en contact, parce que l'électricité qu'ils conservent pénètre dans les couches de vernis d'où nous avons vu qu'il est trèsdifficile de la chasser.

Nous sommes entrés dans des détails minutieux sur le condensateur, parce que c'est un des appareils les plus usuels et en mémo temps les plus délicats de l'électricité ; c’est par son secours que Volta a réussi à montrer qu’une plaque de zinc, tenue à la main et mise en contact avec le plateau supérieur, le chargeait d’électricité négative, expérience qui a été l’origine de la découverte de la pile voltaïque. Quand on fait cette expérience, il faut avoir soin que la plaque de zinc soit bien décapée, surtout dans les points où elle touche le disque. On peut également charger le plateau d’électricité positive en interposant entre le plateau et la plaque de zinc, qu'on tient toujours à la main, une rondelle de drap ou de carton légèrement humectée avec de l'eau salée. Dans les deux cas, il ne faut pas négliger de toucher le plateau inférieur avec une des mains' pendant que de l'autre ou tient la plaque de zinc sur le plateau supérieur.

L’expérience que nous venons de citer et les autres expériences délicates auxquelles sert le condensateur exigent que l'air de la chambre où l’on opère soit aussi sec que possible, ou que du moins l'électroscope et toutes les pièces qui le composent soient bien à l'abri de l'humidité. C'est dans ce but qu'on recouvre le tout d'une cage de verre dans l'intérieur de laquelle on place, pour opérer le dessécliemeut, du chlorure de calcium.

M.Peclet a augmenté encore la sensibilité du condensateur en y ajoutant un troisième plateau interposé entre les deux autres, et il a nommé son appareil condensateur multiplicateur (iig. ol ). Le plateau inférieur est , comme précédemment, vissé sur l'électroscope; le second est muni d'un manche isolant, et il est verni sur ses deux faces ; le troisième, qui n'est verni que sur sa surface inférieure, est percé à son centre d’un trou sur les bords duquel est scellé un tube de verre qui , tout en servant de manche isolant, livre passage au bâton de verre qui forme

le manche isolant du second. On peut donc ainsi supeq>oser facilement les trois plateaux, et enlever successivement le troisième et le second. Pour opérer, on met la source d’électricité en communication avec le troisième, et on touche le second avec le doigt au moyen d'un petit appendice métallique qui part de son rebord ; puis, celui-ci chargé, on enlève le troisième et on touche avec le doigt le premier, l’électricité du second se trouve ainsi presque toute dissimulée ; on le charge de nouveau en replaçant le troisième qui est toujours en communication avec la source, puis on été ce troisième et on retouche le premier, et ainsi de suite jusqu’à ce que l'électricité du second ne puisse plus être dissimulée par le premier. Alors on enlève d’abord le troisième, puis le second, et Fig. 6( . le premier se trouve chargé d’une électricité

libre considérable et de même nature dans ce cas que celle de la source ; car elle est de nature contraire à l’électricité du second plateau, laquelle est elle-même différente de celle du troisième, qui reçoit sa charge directement de la source. 11 est facile de comprendre que cet appareil condense une seconde fois le produit d’une première condensation ; aussi peut-on rendre sensibles les sources d’électricité les plus faibles. Mais il est comme tous les instruments trop délicats, d’un emploi un peu dangereux, et il est en outre d’un maniement assez long et incommode. Il faut donc le réserver pour des cas exceptionnels et ne s’en servir qu’avec les plus grandes précautions. Ajoutons que les plateaux qu’emploie M. Péclet pour construire son condensateur sont faits d'une glace dépolie, qu’ils ont été aplanis avec beaucoup de soin et qu’ils sont recouverts d’une feuille d’or battu, qu’on applique sans enduit en se contentant d’humecter légèrement avec l’haleine la surface du verre.

M. Gaugain a proposé dernièrement un procédé plus simple et d’un usage facile et avantageux; c’est d’avoir deux

CONDEKSATEIE ET BOUTEILLE DE LEYDE. lOo

condensateurs, l'un indépendant de l’électroscope et présentant une grande surface, l’autre n’ayant que de petites dimensions et fixé à l’électroscope. On charge d’abord le premier en le mettant en communication avec la source d’électricité, puis séparant les deux plateaux, on se sert de l’un d’eux pour charger le petit condensateur de l’électroscope. On comprend que ce dernier doit se charger beaucoup plus que lorsqu’il est mis directement en communication avec la source électrique qui a une tension bien moindre. On peut augmenter encore l’eflet en accumulant, sur le plateau du condensateur de l’électroscope, plusieurs charges du grand plateau, au lieu de se borner à une seule.

g 4t. Tablena œairiqBe et boatellle de Lejrde.

Le tableau magique nommé aussi carreau étincelant, se compose d’une lame de verre dont les deux faces sont recouvertes d’une feuille mince d’étain (fig. 52); on a soin de laisser à nu sur chacune des faces de la lame de verre un rebord de 7 ou 8 centimètres de largeur, afin que les électricités contraires accumulées sur les feuilles d’étain ne puissent se réunir immédiatement par les bords de ces feuilles. On met en communication l’une des feuilles d’étain avec la source d’électricité et l’autre avec le sol. Puis lorsqu’elles sont chargées, on peut avec l’excitateur réunir les deux lames métalliques et on obtient une étincelle très-vive. Cet appareil se nomme carreau étincelant, parce qu’on substitue quelquefois à l’une des feuilles métalliques une poussière métallique qu’on fait tenir sur le verre avec de la gomme ; il en résulte que la décharge, quand elle s’opère dans l’obscurité, donne lieu sur la face ainsi recouverte à une brillante lueur provenant des étincelles qui, au moment de la neutralisation des deux électricités, s’échappent entre tous les grains de métal.

La bouteille de Leyde n’est qu’un tableau magique dont on a fait un cylindre ; la couche isolante est aussi du verre ; inaLsau

Fig. 53.

lieu d'èlre une surface plane, elle a la forme cylindrique ou

de bocal (fig. .'>31. Une des feuilles d’élain se trouve en dehors

du bocal; on la nomme armure extérieure de la bouteille de Leyde, l’autre se trouve en dedans; on la nomme l’armure intérieure. Cette dernière reçoitl’électricitéau moyen |- d’une lige métallique terminée extérieurement par un bouton et intérieurement par on pinceau de fils métalliques, qui, divergeanten vertu de leur élasticité, se trouvent ainsi en contact avec le métal de l’armure. La lige est fixée au moyen d’un bouchon do bois ou de liège ((u’elle traverse à frottement juste et qui est lui-méme solidement inséré dans 1e goulot de la bouteille ; une couche épaisse de cire recouvre le bouchon et la partie extérieure du verre qui l’avoisine afin d’empêcher toute réunion possible entre l’électricité de l'armure extérieure et celle de l'armure intérieure ou de la tige qui communique avec elle. Pour charger la bouteille, on la tient à la main par l'armure extérieure, et on présente le bouton au conducteur de la maebine électrique. L’électricité positive de la machine pénètre jusqu’à l'armure intérieure, décompose à travers le verre l'électricité naturelle de l’armure extérieure dont la positive va dans le sol à travers la main et le corps de l'observateur et dont la négative est dissimulée. Pour opérer la décharge, on réunit par un excitateur l'armure extérieure (lig. 33), et le bouton qui communique avec l'armure intérieure. Quand on a déchargé la bouteille, il reste une petite quantité d’électricité libre sur l’armure intérieure ainsi que l’indique uu électroscope.

Si on la soutire avec le doigt après avoir eu soin de placer la Ixiuleille sur un support isolant, elle se manifeslc sous la forme d’une petite étincelle, et une fois qu’elle est partie, les boules de l'électrosi'ope retombent tandis que l'électroscope mis en communication avec

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