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MANIFESTATION ET FORME DE L ÉLECTHICITÉ

résineuse, négative, en se fondant sur ce principe que de même qu’en ajoutant -j- e à — e on a 0, de même eu donnant à un corps qui a une certaine quantité d'électricité résineuse une quantité égale de vitrée, on a pour résultat zéro d'électricité ; résultat qu'on ne peut traduire matliéinatiqucment qu’en donnant le signe + à la quantité qui représente l’une des électricités, et le signe — à la quantité égale qui représente l’autre. Cette dénomination est complètement indépendante des idées qu’on peut se former sur la nature de l’électricité, car elle repose, non sur une simple hypothèse, mais sur une loi expérimentale.

La neutralisation des deuxélectricités contraires, conséquence de leur attraction, peut avoir lieu suivant différents modes. Elle peut s’opérer à distance dans le cas où ni l'une ni l’autre des deux boules n'est assez mobile pour obéir à l’attraction qui règne entre elles. Deux boules de métal sont placées chacune à l’extrémité d'une tige verticale de verre; l’une est électrisée vitreusement, soit positivement, l'autre résineusement, soit négativement. On rapproche l’un de l’autre les deux supports isolants et par conséquent les deux boules; étant retenues par leurs supports, elles ne peuvent se porter l’une vers l'autre ; mais à une distance plus ou moins grande, suivant la charge électrique qu’elles possèdent, on voit briller entre elles une étincelle instantanée, accompagnée d’un léger pétillement, et, immédiatement après, on peut constater qu’elles ont perdu leur électricité et qu’elles sont à l’état naturel. On n’a, pour s’en assurer, qu’à approcher d’elles la balle d'un pendule électrique; elle n’est plus attirée, tandis qu elle l’était avant que l'étincelle fût partie. L’étincelle a donc été la manifestation de la neutralisation des deux électricités contraires qui, en quittant les corps où elles se trouvaient séparément accumulées, se sont portées l’une vers l’autre à travers l'air en vertu de leur attraction mutuelle, attraction à laquelle les corps électrisés eux-mèines ne pouvaient obéir. Ce mode de neutralisation ne peut avoir lieu qu’autaut que les deux corps électrisés sont placés à une distance l’un de l’autre, peu considérable, distance qui doit varier avec l’intensité de l’électricité dont ils sont chargés et l’état de l’air compris entre eux. Mais, quelle que soit cette distance.

14 NOTIONS phéuminaibes.

on peut neutraliser les électricités contraires en faisant communiquer les deux boules au moyen d’un conducteur isolé, tel , qu’un fil de métal tenu par un manche isolant.

Quand la neutralisaliou s’opère , soit à travers l’air avec étincelle, soit à travers un conducteur, l’électricité est dite être à Vètat dynamique pendant l’instant que dure cette neutralisation. Seulement, dans le cas qui vient de nous occuper, cet état dynami(jue est instantané; on l’appelle aussi décharge électrique. Cette dénomination de dynamique est donnée à l’état de mouvement dans lequel on suppose que se trouvent les deux électricités quand elles se porteilt l’une vers l’autre pour se neutraliser, par opposition à l’état statique ou de repos, dans lequel ces deux électricités se trouvent quand elles sont accumulées séparément sur des corps isolés. Ce dernier état se nomme également tension électrique.

L’état dynamique peut être instantané ou continu. Il est instantané dans le cas précédent, où les deux Iwules métalliipies électrisées sont isoléa's, et par conséquent n’ac(juièrentplus d’électricité une fois (jue celles qu’elles possédaient se sont mutuellement neutralisées. Mais supposons l’une des deux boules en communication avec une source constante d’életricité négative, l’autre avec une source également constante d’éf lectricité positive, les deux électricités se renouvelant constamment à mesure qu’elles se neutralisent, il y aura entre les deux boules une succession continuelle d’étincelles; et si elles communiquent par un conducteur, il y aura à travers ce conducteur une neutralisation non interrompue, soit une réunion continue des deux électricités; c’est ce qu’on nomme Vétat dynamique continu ou courant électrique. L’on dit alors que le corps conducteur qui sert à établir une communication entre les doux boules est traversé par un courant électri<pie.

Les corps qui servent de passage à l’électricité ipiund elle est à l’état dynamique, soit instantané, soit continu, éprouvent par l’effet de ce passage des modifications, les unes temporaires, les autres permanentes qui sont extrêmement rcmarriuables. Nous n’en citerons pour le moment que deux exemples. Si c’est un fil métallique très-fin et d’une longueur peu considérable

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qui serve à transmellre l’électricilédynamique, ce fil s'échauffe, devient incandescent et peut même fondre lorsque les électricités dont il opiire la réunion ont une grande intensité. W le corps à travers lequel la transmission a lieu est de l'eau, cette eau est en partie décomposée, et on voit se dégager ses deux ga* constituants, savoir, l'oxygfene et l’hydrogène. Mais cet effet se manifeste surtout «ptand l'état dynamique est continu, e’esti-dirc quand rélectricité est à l’étal de courant, tandis (jue le premier eflet rpie nous avons mentionné, celui du rérhauffonient, a licti également, bien que l’état dynamique soit iustanlané ou qu'il soit continu.

5 O. Théorie» sur la nainre de l'élerirlclié.

Nous aurions maintenant à étudiei- les propriétés que possède l’électricité, soit quand on la considère à l’étal statique, soit quand on l’envisage à l’état dynamique. Mais, avant de passer à celte élude, il importe de nous faire une idée de ce qtie c’est que l’él««tricité et des opinions qu’on s’est formées h ce .sujet ; la connaissance de ces Uiéories nous est absolument nécessaire, quand oe ne serait que pour nous familiariser avec les expressions consacrées qui en di^ndent en grande partie.

La Ibéorie la plus, généralement admise dans l’état actuel de nos comiaissasc<^s, consiste à regarder ciiacune des électricités, aussi bien la vitrée <pic la résineuse, comme des fluides excessivement subtils et impondérables composés chacun de particules qui se repoussent mutnellenicnt, tandis que les particules de r«n attirent les particules de l'autre. Ces fluides peuvent cbemitier lihretnenl dans les coiqis coiidncteiirs, cl comme leurs jjorticutes tendent à se repousser mutuellement, elles æ portait à la surface de ees corps où elles restent, parce qu’elles rcncfMitrenl l’air qui, étant un corps isolant, ne leur permet pas d'aller plus loin, bans les corps non conducteurs les deux fluides sont génés dans leurs mouvements, ce qu'on attribue à ce qu’ils sont retenus par les particules de ces corps. Ouand les deux fluides se réunissent en vertu de leur attraction mutuelle, ils se neutralisent et forment le fluide neutre ou l’électricité naturelle, dont l'action n'est pas sensible,

1 6 ^OTIONS PHÉLIMINAIHES.

parce que l’ellel des deux fluides contraires se contre-balance. On admet que tout corps renferme de l'électricité naturelle ; d'après cela, électriser un corps c'est décomposer cette électricité, dont une des parties ou l'un des principes reste en excès sur le corps frotté, et l'autre principe reste en excès sur le corps frottant. Cette théorie est celle des deux fluides dite de Symmer.

La théorie de Franklin consiste à n'admettre qu'un seul fluide électri(jue impondérable, très-subtil et dont toutes les particules se repoussent mutuellement. Chaque corps a une capacité déterminée pour ce fluide; lorsqu'il en renferme ce qu'il doit eu avoir naturellement, le corps est à l'état électrique naturel. Électriser un corps vitreusement, c’est lui donner plus d'électricité qu'il n'en renferme naturellement, il est alors à l’état électrique positif; électriser résineusement un corps, c'est lui ôter une partie de son électricité naturelle, il est alors à l'état électrique négatif. Nous avons vu que ces dénominations d'électricité positive et négative qui découlent de la théorie de Franklin peuvent se justifier par des considérations tout à fait indépendantes de toute vue hypothétique.

Nous ne discuterons pas ici le mérite comparatif de ces deux théories; la seconde, telle que Franklin du moins l’a formulée, ne peut être admise; nous verrons plus loin pourquoi. La premièri^quoique sujette à de fortes objections, est cependant, dans l’état actuel de la science, une manière assez commode de se représenter cet agent que nous nommons électricité; c'est sous ce point de vue que nous l’adopterons. 11 est, du reste, bien probable ([ue l’électricité, au lieu de consister en un ou deux fluides spéciaux, n'est que le résultat d’une modification particulière dans l'état des corps; modification’ qui dépend probablement de l’action mutuelle qu’exercent les unes sur les autres les particules pondérables de la matière et le fluide subtil qui les entoure de toutes parts, qu’on désigne sous le nom ÿ éther,, et dont les ondulations constituent la lumière et la chaleur.

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