TRAITEMENT DES SULFURES DE ZINC PAR ANODES SOLUBLES
275. Avenir du procédé. La méthode d electrolysation avec anodes en sulfure l'emporte [§§ 248 à 251] au point devue de la force nécessaire. En se reportant au tableau § 206, on voit que le zinc est le plus électropositif des métaux que- Ton rencontre dans les sulfures naturels ; nul doute que Ton puisse arriver ainsi à obtenir du zinc bien plus pur que par rélectrolyse des solutions zinciques. Dans le premier cas, en. effet, le zinc doit théoriquement se précipiter le premier, si Toix prend les précations nécessaires ; tandis que dans le second cas, le zinc ne se précipite que sous une force électromotricepar laquelle tous les autres métaux sont précipités en même^ temps que lui. C'est là encore une supériorité, en ce qui concerne les minerais de zinc, de la méthode d'électrolysation. avec anodes en sulfures.
Quant à l'extraction du soufre qui, vu sa dissémination dan^ les résidus, devrait être utilisé sur place, et qui d'ailleurs, dans le cas actuel, devrait être transformé pour la majeure partie peut être, en acide sulfurique devant servir à la formation de la solution, elle ne parait pas être un avantage décisif.
On peut espérer une réduction du déchet, mais, en tenant compte du zinc qui restera dans les résidus de lixiviation et dans les eaux-mères que l'on fera sortir définitivement de la. circulation d'une façon continue, cette réduction sera-t-elle suflfisante pour faire préférer la méthode électrolytique à la méthode ordinaire? Il est permis d'en douter, d'autant plus que sa mise en pratique peut montrer des difficultés imprévues.
Pour les minerais de zinc argentifères, dans lesquels le zinc serait l'accessoire, l'avantage pourra être en sa faveur ; mais-
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la fabrication des anodes avec des minerais contenant une assez forte proportion de gangues et un métal aussi oxydable que le zinc restera toujours un problème difficile. La gangue, l'oxyde et le sulfate interposés rendront la masse anodale peu conductrice. Le fer, presque toujoui^ dans les blendes en notable quantité, passerait dans le bain et se précipiterait en partie à Tétat d'oxyde ferrique, grâce à l'oxygène libéré à l'anode. D'autre part, le sulfate ferreux pourra donner naissance à un dégagement d'hydrogène à la cathode. De là, excès de force et métal pulvérulent. Pour éviter ces inconvénients, il faudra donc produire une circulation continue du liquide des bacs et, pendant son passage d'un bassin à l'autre, en éliminer le fer par la chaux ou l'oxyde de zinc. La nécessité de ces manipulations supplémentaires et la difficulté d'obtenir des anodes suffisamment conductrices, sont des inconvénients sérieux.
276. Conclusion. Si l'on fait entrer en ligne de compte les déboires qui attendent les exploitants d'une industrie nouvelle et la valeur considérable du matériel des usines actuelles, on comprendra facilement que, dans l'état présent, celles-ci n'ont pas intérêt à changer leur manière de travailler.
Quant à ceux qui tenteraient de créer de nouveaux centres de production, outre les difficultés imprévues qui les attendent, ils auraient à compter avec des facteurs contre lesquels la théorie est impuissante. Parmi ces facteurs il faut citer en première ligne, pour la production, la difficulté de se procurer des minerais de zinc, quand on n'est pas client connu de longue date et, pour la vente, la notoriété dont jouissent les marques connues, qui seraient longtemps encore préférées.
En résumé, il semble que les procédés électrolytiques ne sont pas mûrs pour la métallurgie du zinc, pas plus que pour celle du plomb [§ 278], surtout en ce qui regarde les minerais ordinaires non argentifères.