EXTRACTION DE L ALUMINIUM ; PROCÉDÉ MINET
285. Creuset- voltamètre. Si Ton en excepte le charbon aggloméré, qui donne une cuve généralement peu conductrice, peu homogène et dans laquelle se déterminent facilement des fissures, aucune substance ne résiste à l'action corrosive du fluor et des fluorures fondus. M. Minet tourne ingénieusement la difficulté en faisant du vase, simple chaudron en fonte, une cathode supplémentaire qui reçoit, par une dérivation, 0,20 du courant total.
La fig. 10 représente la cuve en fonte, établie en dérivation, qui a servi à M. Minet pour faire toutes ses expériences scientifiques et pour produire industriellement de l'aluminium pendant les années 1887, 88, 89 et 90.
Grâce à cet artifice, les parois intérieures de la cuve sont continuellement recouvertes d'une mince Fig- lO.
couche d'aluminium, qui empêche tout contact entre le métal de la cuve et les produits fondus. En réglant convenablement la résistance du shunt, on pourrait même arriver à marcher dans de bonnes conditions sans provoquer la formation d'un dépôt sensible. On établirait ainsi un équilibre exact entre la tendance du fer à se dissoudre et celle de l'aluminium à se déposer {balance électroly tique). On conçoit toutefois qu'un équilibre rigoureux soit difficile à maintenir. Ce ne serait
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qu'au prix d'une surveillance incessante. Aussi est-il préférable de sacrifier une petite partie de raluminium libéré. C'est là, au surplus, le seul moyen d'éviter le passage du fer dans le bain à l'état de fluorure et la libération du fer de ce sel, qui rendrait impur le dépôt d'aluminium. Actuellement, le métal précipité ne contiendrait que 0,002 à 0,005 de fer, bien que le fluorure de fer exige, pour se décomposer, un moindre nombre de calories que le fluorure d'aluminium ; ce qui prouve que le chaudron en fonte est attaqué aussi peu que possible.
Le vase en fonte est d'autre part protégé, par un revêtement en maçonnerie, contre le feu de coke qui le porte au rouge. Le foyer extérieur n'a guère pour mission que d'éviter le refroidissement par l'air extérieur ; le courant snfRi à maintenir le bain fluide.
M. Minet a réussi à opérer dans un appareil dont la cuve en fonte, qui sert dans ce cas de cathode, est garnie intérieurement de charbon aggloméré, très dense, bon conducteur de la chaleur et de l'électricité, résistant à l'action du bain durant 20 à 30 jours sans éprouver aucune fissure. •
L'aluminium s'écoule le long des parois en charbon, au fur et à mesure de sa formation et se rassemble au fond du creuset, d'où il est extrait par un trou de coulée.
La cuve-cathode donne industriellement des résultats supérieurs à ceux de la cuve en dérivation [§ 299].
286. Electrodes. Les électrodes sont en charbon aggloméré analogue au charbon à lumière. Sous la cathode, se trouve disposé un creuset qui reçoit le métal à mesure qu'il s'écoule du charbon négatif.
287. Dimensions du creuset. Le vase d'électrolyse a la forme d'un parallélipipède, dont les arêtes ont 0°^,20 à 0°^,40 de longueur, selon la valeur de l'intensité du courant. Celle-ci a varié de 89 à i430 ampères dans les essais. Pour les grandes intensités, l'anode est doublée et on lui donne des dimensions telles que la résistance du bain est toujours inver-
sèment proportionnelle à Vintensité maxima du courant qui traverse la cuve.