CREUSETS A COURANT PRIMAIRE
324. Description du creuset électrique Siemens. W. Siemens a fait sur la fusion des métaux par l'arc voltaïque, des essais intéressants dans le four que nous allons décrire :
C'est un creuset ordinaire (flg. 16), en graphite ou autre
Fig. 16.
matière suffisamment réfractaire, entouré d'une enveloppemétallique M. L'espace entre le creuset et l'enveloppe est
rempli de poussier de charbon de bois ou d*un autre corps mauvais conducteur et infusible. Le fond du creuset porte une ouverture traversée par une tige de fer, de platine ou de charbon comprimé et qui constitue le pôle positif. Le couvercle porte également une ouverture par laquelle passe le pôle négatif en charbon. Ce charbon négatif est relié par une lame de cuivre à l'extrémité A d'un balancier dont l'autre extrémité est reliée à un cylindre creux en fer doux. Celui-ci peut se mouvoir verticalement à l'intérieur d'une bobine magnétisante dont la résistance est d'environ 50 ohms. Un poids P, que l'on peut déplacer à volonté sur le bras droit du fléau, permet d'équilibrer plus ou moins la force magnétique qui attire le cylindre de fer doux dans le solénoïde et de maintenir le balancier sous une inclinaison quelconque.
La bobine est placée en dérivation sur les pôles du creuset et, à cause de sa grande résistance, la force avec laquelle elle attire son noyau est sensiblement proportionnelle à la différence de potentiels des pôles ou à la résistance de l'arc. La distance des pôles, c'est-à-dire la longueur ou la résistance de l'arc, est fixée d'abord en donnant au poids P une position convenable. Si la résistance de l'arc augmente, l'attraction magnétique exercée sur le noyau l'emporte et l'électrode négative s'enfonce dans le creuset en réduisant la résistance de l'arc. La série des phénomènes inverse se produit quand la résistance de l'arc descend sous une certaine limite. On conçoit ainsi qu'il y ait toujours équilibre entre les forces antagonistes. Le liquide dans lequel plonge le noyau a pour but de rendre les mouvements moins saccadés et d'éviter les écartements et les rapprochements trop brusques des charbons.
Il est très important que l'arc puisse ainsi se régler automatiquement. D'une part, la résistance de l'arc électrique se modifie considérablement pendant réchauffement graduel de la matière à fondre, surtout au moment de la fusion et le réglage automatique est le seul moyen d'éviter un développe-
Tïient excessif de chaleur dans le générateur d'électricité. Mais -d'un autre côté, l'appareil de réglage doit être sensible, si l'on Teut éviter, lors de la fusion du métal ou de la matière conductrice placée dans le creuset, la diminution rapide de l'intensité du couraïit dérivé de la bobine, la prédominance du «ontre-poids et l'écartement trop violent des électrodes qui en serait la conséquence et qui pourrait amener l'extinction.
Il faut avoir soin aussi de disposer les choses de façon à ce que la matière à fondre forme le pôle positif de l'arc ; c'est en ^flet à ce pôle surtout que se produit la chaleur. Mais, en re- Tanche, les chances d'oxydation sont plus grandes. Aussi, pour opérer la soudure (10°*® partie) met-on le métal à échauffer au pôle négatif.
Le creuset de fusion Siemens primitif a été modifié par •différents inventeurs.
Ces modifications ont un des buts suivants :
1. Rapprochement automatique régulier des charbons et régularisation de la résistance de l'arc.