Trieuse Jaspar. Deux électros en fer à cheval
Fig. 34.
sont placés horizontalement en regard {ûg. 34) par leurs pôles
de même nom. Les noyaux en fer doux se réunissent par des cylindres G d'un plus grand diamètre, lesquels représentent ainsi deux surfaces polaires, Tune positive, Tautre négative. Ces deux cylindres, espacés pour permettre le passage des njatières à trier, tournent en sens inverse en faisant 35 tours par minute, à la façon d'un équipage de cylindres broyeurs dont le sens de rotation serait renversé. La matière magnétique, tombant d'une trémie entre les deux cylindres aimantés, est remontée par le mouvement et détachée par des râcloirs fixes convenablement disposés; elle est reçue dans deux trémies, une de chaque côté de l'équipage.
La matière non magnétique est recueillie sous les cylindres.
392. Renseignements numériques sur les trieuses. On trouve peu de renseignements dans les revues sur ce genre d'appareils et toujours ces renseignements sont incomplets.
Le modèle Vavin occupant une surface de 0°*,80X0°*,40 et une hauteur de i"*,60, comprend, le cylindre supérieur 15 aimants et l'inférieur 20 aimants en fer à cheval capables de porter chacune 5 kiïog.; il peut traiter par heure 300 wiog. de limaille.
Le modèle Hilder <& Scott, avec un disque de 1°*,37 de diamètre, passerait 2 tonnes de riblons par jour.
Au trieur Kessler de Mercadal, suivant la teneur du minerai en fer, on fait varier» la vitesse de rotation du cyhndre de 20 à 35 tours par minute; on peut facilement traiter par heure 3,5 tonnes calamine calcinée avec une force motrice d'un quart de cheval seulement. La production du courant (20 ampères, 20 volts) exigc 2 chcvaux de force, soit donc en tout 2^*^ ,5 pour le fonctionnement de l'appareil.
Le séparateur Kessler vaut 2 200 fr.
Le modèle Siemens employé en Espagne, traiterait par jour 20 tonnes de minerai en grain, mais on ne donne ni ses dimensions ni les constantes du courant excitateur.
Voici quelques renseignements sur la trieuse Jaspar, qui fonctionne aux usines à zinc de la Société anpnyme Austro- Belge à Gorphalie (Huy) pour retirer des cendres plombeuses de four à zinc les parties ferrugineuses :
Longueur de chaque branche d'électro 0™,16
Diamèt. des cylindres. . 0™.20 Résist. des électros . . 9oh«ns,4
Longueur 0™,30 Intensité .... SàlOamp.
Ecartement 0",02 Force électrom. ... 65 volts.
Nombre de tours ... 35 Prix 1400 fr.
On trie par heure 500 kil. de cendres qui donnent :
Produit plombeux (à 31 p. c. de Pb et 27.8 p. c. de fer) . . 230 kil. — ferrugineux (à 18 p. c. de Pb et 79 p. c. de fer) . . 270 «
M. Jaspar construit des trieuses de plus grandes dimensions triant 20 tonnes par 10 heures, sur lesquelles il donne les indications suivantes :
Diamèt. du fil . . . 0'»,0025
Résistance 9oh»ns,4
Force él. (bobines en série) 65 volts Force du moteur. . . 2 chev.
Poids du cuivre. . . 60 kil.
Nombre de tours . . 50 »
Intensité ..... 7 amp.
Prix 2500 fr.
393. Calcul d'une trieuse type Edison. Force magnétique sur Vunité de 7nasse d'une particule à trier,
MN (fig. 35) est le pôle de Félectro de hauteur /, AB la verticale suivant laquelle on laisse tomber les grains.
Nous admettons, pour simplifier, que les lignes de force sont toutes horizontales, que le champ magnétique est uniforme dans la région où tombent les grains et se trouve limité par MN, NB, BO, OM.
Les parcelles à trier arrivent en avec une vi- ^^^^^ tesse t^o. Fig. 35.
Si f est la force magnétique à laquelle est soumise Tunité de masse m d'une particule :
— 5ii —
Ces équations intégrées donnent :
mx = yng ^- + 'ini\t; mg = mf-^,
qui représentent une courbe dont Téquation est :
^« — ^ [gx+vo^) + ^^ = 0.
En faisant dans cette équation ^r = Z et y = 'î, on peut la mettre sous la forme suivante, dans laquelle /) est la valeur de /"dans ces conditions :
Supposons nulle la vitesse initiale Vo, Il vient :
Sgl S£
'''^ l^ " r Exemple, Posons : 5 = 10 centimètres.
g = 981 On aura dans ce cas particulier :
f^ = 981 centimètres.
C'est-à-dire que l'accélération due à la force magnétique sur Tunité de masse doit être égale à 981 centimètres.
Intensité de champ magnétique nécessaire. Nous supposons que les particules soient de petites sphères de volume fi.
Placées dans un champ d'intensité /^, chacune d'elles est soumise à une force :
dans laquelle k^ est le coefficient de magnétisation. Si VL n'est pas trop petit, on peut poser
et la valeur de F devient :
An 2^1 dy
L'intensité du champ varie à peu près suivant la fonction
yo étant compté à porter de Télectro et B représentant le
nombre de lignes de force par cent. car. à la surface de
Taimant.
On en tire :
An 2A,'(l-h2/o)'* Prenons yo égal à sa valeur moyenne - :
m étant la masse de la particule et d sa densité : 3 II B* odfy
d*où:/;=-^.V— i^-^.- ^Tr rf (1+1)'
Hauteur de la masse polaire. Introduisant la valeur /, = -y- trouvée plus haut :
D'Où: , = |.rf.^-(i+|)3.^..
Application, Posons : à = 10 centimètres
g = gSi —
ki== 1 (c*est le cas pour le fer).
Il vient : B = 2106,8.
C'est le nombre de lignes de force par cent. car. à la surface de l'aimant.
Autre applicatiion. On donne : ^ == 20 centimètres
^ = 981 rf= 5 — k,= 1 — et B = 4000 unités G. G. S. par centim. carré, <;e qui peut être considéré comme une bonne moyenne pour le nombre de lignes unités C. G. S. dans Tair entre deux pièces polaires.
On trouvera : / = 34centim. 2 = 342 milUmètres.
Largeur du pôle. Elle est naturellement égale à celle de la nappe de matière à trier, laquelle est donnée par la quantité k passer dans un temps donné.
Excitation de Vélectro. Elle peut être produite par une source quelconque, notamment par les dynamos qui servent à Téclairage électrique. La longueur du fil pourra se calculer à raison de 35 mètres par volt fourni par la dynamo. Quant à son diamètre, que Ton fixera de façon à maintenir réchauffement dans les limites ordinaires, il sera généralement compris «ntre 0",002 et 0"",004 pour les trieuses de volume courant, excitées par un courant de 100 voits et 2 à 15 ampères.
Ces données sufllront pour guider le constructeur dans un <îas donné.
Les autres modèles de trieuses se prêtent moins bien au •calcul, mais on peut toujours, par des hypothèses qui n'introduisent que de légères différences, ramener tous les cas à celui qui vient d'être traité.