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Les deux acceptions du mot polarisation

On peut résumer comme suit les deux façons d'entendre la polarisation :

Pour les praticiens, c'est le travail résultant total; pour eux, un bain à polarisation est un bain qui est le siège d'une réaction chimique et par conséquent d'une force contre-électroînotrice.

La polarisation est, dans ce ca^, mesurée par la force électromotrice inve^^se résultante.

Pour les savants, en affectant du signe (+) les sept causes d'absorption, du signe ( — ) les trois causes de production d'énergie, et faisant la S077ime algébrique des dix facteurs dans une électrolyse donnée, on obtient la valeur de la polarisation dans le cas considéré.

On comprendra combien il est difficile de mesurer chacun

de ces dix facteurs. Il est beaucoup plus simple, par une mesure unique, d'en évaluer la résultante. Gela suffit d'ailleurs au praticien. Toutefois on doit chercher à se rendre compte avec toute la précision possible de l'importance de chacun de ces phénomènes pris séparément. On peut arriver à des résultats plus ou moins satisfaisants en allant du simple au composé, c'est-à-dire en faisant des obser\'^ations et des mesures sur les cas les plus faciles, puis en combinant les cas simples de façon à ne laisser chaque fois que le moins possible d'inconnues à déterminer. La voie synthétique serait ici fort précieuse.

M. Bouty indique une manière d'expérimenter qui faciliterait ce genre de recherches [§ 80].

On se figure aisément que la polarisation doit être fort variable, non-seulement d'une électrolyse à l'autre, mais même dans des opérations identiques, pour peu qu'elles présentent quelque différence dans la composition ou la température du bain, dans la composition, la texture, la surface, l'écartement des électrodes, dans la valeur de la force électromotrice etc.

La différence de signification attachée au mot polarisation est fort regrettable et il serait bien à désirer qu'on se mit d'accord pour n'en conserver qu'une. On éviterait ainsi bien des malentendus.

46. Sens du mot polarisation adopté dans cet ouvrage. Nous entendrons par polarisation ce mot pris dans la seconde acception, bien que les praticiens l'emploient souvent avec la première dans les expressions : bain à polarisation et force électromoirice de polarisation.

47. Moyen de réduire la polarisation à son minimum. Souvent un des éléments de la polarisation provient d'une véritable électrolyse marchant parallèlement à l'électrolyse principale. Il faut tâcher d'éviter ce travail secondaire inutile, ce que l'on peut obtenir parfois en abaissant la force électromotrice le plus possible. Il arrive que l'on peut

ainsi permettre à Télectrolyse principale de se produire tout en rendant impossible un travail électrolytique secondaire, parce que la somme d'énergie mise en jeu par le courant n'est pas suffisante.

En d'autres termes, on pourra éviter tout travail électrolytique secondaire exigeant une force électromotrice supérieure à celle demandée par la réaction principale, tandis que l'on se trouvera sans moyen de prévenir tout travail électrolytique secondaire ne réclamant qu'une force électromotrice égale ou inférieure à celle qui est nécessaire pour l'opération que l'on a ^n vue.

48. Valeur de la force électromotrice qui correspond à la marche la plus économique. On voit par là qu'en tout cas, pour avoir la marche la plus économique possible sous ce 7^apporty il sera nécessaire de maintenir la force électromotrice à sa valeur minima strictement nécessah'^e.

Ainsi, dans l'électrolyse du sulfate de cuivre pour en extraire le cuivre métallique, le nombre de calories nécessaire pour la précipitation du métal est 28^,2 par équivalent, ce qui cor-

28 ^ respond à une force électromotrice de -^ = i^^" 22 [§ 28]

si l'on fait usage d'anodes insolubles.

L'électrolyse de l'eau exigeant lvo^*-,5 à peu près, on pourra l'éviter en maintenant la force électromotrice à une valeur minima de lv»»'-,4 ce qui ne sera obtenu toutefois qu'au prix des plus grands soins.

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