CHAPITRE P
Ustensiles employés dans la galvanoplastie.
122. Définition de la galvanoplastie. La galvanoplastie, dans son acception la plus large, est l'ensemble des opérations qui ont pour but de reproduire ou de revêtir un objet par le courant électrique. Elle sert en effet, soit à repi*oduire des gravures typographiques et des œuvres artistiques, soit à recouvrir d'une couche métallique quantité d'objets usuels ou décoratifs.
123. Historique. Jacobi, qui inventa la galvanoplastie en 1839, avait pour but unique la reproduction des médailles et des œuvres d'art par le dépôt sur la surface de ces objets d'un métal non adhérent formant un moule négatif qui servait ensuite pour tirer les épreuves positives.
Peu après (1840), l'argenture fut inventée par Richard Elkington. Actuellement une des branches les plus importantes de la galvanoplastie est le nickelage. Cette dernière industrie, au lieu de rester, comme l'argenture, qui exige une immobilisation de capital considérable, monopolisée par quelques maisons puissantes, telles que MM. Elkington en Angleterre et MM. Christofle & G^® en France, s'est rapidement répandue. Elle n'est pas seulement pratiquée par les nickeleurs de profession; on la trouve dans un grand nombre d'ateliers de
construction où elle sert à revêtir de nickel les pièces de machines.
124. Les deux classes d'appareils employés en galvanoplastie. Les appareils spéciaux employés en galvanoplastie peuvent être divisés en deux classes.
Dans les appareils de la première classe, le bain et le générateur du courant ne font qu'un. Le précipité métallique se produit à Tintérieur de l'élément voltaïque lui-même. C'est le hain simple.
Les appareils de la seconde classe sont complètement indépendants de la source ; ils y sont reliés par des conducteurs métalliques.
Le bain simple (qui n'est rien autre qu'un élément voltaïque) n'est applicable en grand qu'à la précipitation du cuivre de sa solution de sulfate. Il a surtout pour inconvénient d'être forcément de dimensions restreintes et de ne pas permettre de ralentir ou d'accélérer le dépôt en modifiant en conséquence l'intensité du courant. Ici, l'objet à revêtir forme l'électrode positive et est entouré par le liquide contenant le métal à précipiter.
125. Appareil de Jacofoi. S'il s'agit d'obtenir un dépôt de cuivre, par exemple, l'appareil se compose (flg. 3) d'une cuve en bois doublée intérieurement de plomb ou de gutta-percha , dans laquelle se trouve une solution de sulfate de cuivre et une ligne de vases poreux V contenant de l'acide sulfurique dilué et une lame de zinc.
Fig. 3.
Tous ces zincs sont mis en relation avec des barres métalliques B auxquelles on relie les objets à recouvrir, qui doivent naturellement être conducteurs.
La solution est d'ailleurs maintenue à saturation, grâce à
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des sacs de toile contenant des cristaux de sulfate de cuivre et qui s'y trouvent immergés d'une manière permanente.
L'appareil n'est donc autre chose qu'un élément Daniell dont les deux électrodes sont reliées par un conducteur très court et dans lequel on utilise le courant intérieur. Quand on veut recouvrir d'un seul côté des surfaces planes ne présentant pas des saillies trop profondes ni des reliefs trop accentués, on couche cette surface sur le fond du vase et l'on remplace le vase poreux ordinaire en terre dégourdie par un bocal en verre ouvert supérieurement et dont le fond est fermé par une membrane poreuse (morceau de vessie, de peau ou de papier-parchemin) (1). La surface à revêtir est reliée au zinc par un fil conducteur dont la partie en contact avec le liquide est protégée par de la gutta-percha pour éviter qu'elle se recouvre de métal inutilement. Le vase de verre est suspendu de façon à ce que la distance entre la cloison poreuse et la surface à revêtir soit d'au moins 0°*,04.
126. Appareils ordinaires. Les appareils de la seconde classe se composent de bocaux ou de vases imperméables quelconques. Au-dessus du vase courent deux tiges métalliques indépendantes : l'une est reliée au pôle négatif du. générateur d'une part et d'autre part aux objets à revêtir ; l'autre communique d'une part avec la borne positive de la source et d'autre part avec l'anode, qui est généralement une plaque du métal de la solution.
Ainsi, pour les opérations en grand, on se sert (fig. 4) de caisses en bois assemblées extérieurement par des boulons et protégées intérieurement par un revêtement de gutta-percha, ayant conrnie section horizontale i™,80 X (y^.^O et 0°*,90 de hauteur.
Si l'on veut faire de l'argenture^ par exemple, à des distances
(1) Le papier-parchemin se prépare aisément en plongeant de bon papier à impression fort, non collé, pendant un quart de minute à une demi-minute, dans un mélange froid de deux volumes d'acide sulfurique concentré et d'un volume d'eau.
de CF,30 à 0"\60 se trouvent suspendues^des plaques d'argent À et dans les intervalles les objets à argenter.
Fig. 4.
Sur le bord de la cuve, sont disposés deux cadres en cuivre indépendants G G'. Sur les longs côtés de ces cadres sont placées des traverses également en cuivre, auxquelles on suspend, d'une part les anodes en argent formées de plaques d'une largeur égale à celle de la cuve et qui se trouvent ainsi en relation avec la borne positive ; d'autre part, au moyen d'un mince fil de laiton, les objets à argenter qui sont ainsi reliés à la borne négative.
127. Appareils pour revêtir les petits objets. Pour nickeler les petits objets à bon marché, on les enfile sur un fil de cuivre en les séparant par de grosses perles de verre et l'on agite constamment ces colliers pendant l'opération.
Si les pièces sont de très petites dimensions, on les place en couche mince sur une spirale de laiton reliée au pôle négatif, disposée au fond d'un crible en grès à anse plongé dans le bain et que l'on agite constamment. Quand le bain est peu conducteur, comme dans le cas des bains de nickel, on peut tenir l'anse de la passoire d'une main et l'anode de l'autre. Dans ce cas, pour aller plus vite, on chauffe le bain préalablement.
128. Ustensiles accessoires. Quand nous aurons cité les cribles en grès à anse, dont on se sert pour décaper les petits objets et les brosses pour nettoyer les surfaces à métalliser, nous aurons passé en revue les ustensiles spéciaux du galvanoplaste.