CHAPITRE IV
Dorure.
151. Bains pour la dorure. Les menus objets se dorent généralement à chaud et les grandes pièces à froid. Voici les formules de M. Roseleur :
Baiyi poii?^ la dorii7^e à froid.
D'une part :
Or vierge 100 &.
Eau régale.
La solution de chlorure est portée à 2 ut. par addition d'eau. D'autre part :
Cyanure de potassium . . . 200 gr.
Eau 8 Ht.
Les deux solutions sont réunies et le mélange soumis à Tébullition une demi-heure.
Bain pour la dorure à chaud.
D'une part :
Phosphate de soude cristallisé 600 gr.
Eau 8 ut.
D'autre part :
Or vierge 10 gr.
Eau régale. La solution est portée à 1 ut.
On mélange ces deux solutions et l'on ajoute au mélange une solution de :
Cyanure de potassium ... 10 gr.
Bisulfite de soude . , . . 100 «
Eau 1 ut.
— iôO —
On emploie ce bain avec une anode en platine à une tempér rature qui peut varier entre 50 et 80 degrés centigrades. ,
152. Préparation des objets à dorer. Les objets à dorer subissent les mêmes opérations que ceux à argenter, y compris Tamalgamation. Toutefois, les pièces en argent sont dorées directement ; un cuivrage préalable donne pourtant un dépôt plus solide ; c'est dire que les objets en cuivre sont dorés sans intermédiaire.
Quant à ceux en fer ou acier, ils subissent aussi un cuivrage ou un nickelage intermédiaire.
153. Opération. Deux précautions sont nécessaires pour obtenir un bon dépôt :
1. Employer un courant dont la force électromotrice ne dépasse pas 1 voit et l'intensité 10 ampères par mètre carré de surface de cathodes.
2. Remuer soigneusement les objets durant l'opération. Ces précautions sont d'autant plus nécessaires que Topéra-
lion ne dure que quelques minutes.
On ajoute du sel d'or à mesure que le bain s'appauvrit.
154. Finissage des objets dorés. Si l'on veut que lobjet ait une belle couleur d'or, il faut le plonger dans une solution composée de :
Sulfate de cuivre 3 gr.
Vert-de-gris 7 î»
Chlorhydrate d'ammonique . . G '»
Nitrate de potasse .... G -^
Acide acétique 31 •»
Puis le chauffer sur une feuille de cuivre jusqu'à obtenir une coloration noire. Cette coloration, une fois l'objet refroidi, est ensuite enlevée par l'acide sulfurique concentré.
Si l'on veut donner au dépôt une couleur spéciale, il suffit de mélanger convenablement des solutions de cuivre et d'or ou d'argent et d'or. On obtient ce résultat en faisant usage, au début de l'opération et jusqu'à ce que la couleur soit obtenue,
d'anodes en cuivre ou en argent suivant le cas. C'est ainsi que Ton obtient des revêtements d'or rouge, d'or vert, etc.
Ainsi, pour produire l'or vert, on fait passer le courant dans lui bain d'or jaune contenant 5 à -6 pr. d'or par litre en employant une anode en argent pur. Aussitôt que le métal qui se dépose au pôle négatif a pris la couleur verte qu'on veut obtenir, on arrête et l'on remplace l'anode en argent par une anode en or vert (alliage d'or et d'argent). Le bain est fait et peut alors être employé.
L'or rouge s'obtient de la même façon en remplaçant l'argent par le cuivre.
155. Revivification des bains d'or. Onopèrecomme pour les bainis d'argent. Si la solution contient des métaux étrangers tels que le plomb, ce qui est souvent le cas, on fond le cyanure d'or obtenu d'abord avec son poids de litharge. Le résidu est lavé, puis traité par l'acide nitrique qui dissout le plomb.
156. Incrustation d'or et d'argent. La maison Christofle et O^ damasquine le fer, l'acier, le bronze, par des incrustations d'or et d'argent obtenues par voie électrochimique.
Le dessin à reproduire en or ou en argent est fait à la gouache sur la pièce que l'on veut incruster et le métal resté nu recouvert d'un vernis-épargne, inattaquable par les alcalis et par les acides. La pièce ainsi préparée est alors employée comme anode dans un bain d'acide sulfurique faible ; le sel de plomb de la gouache se dissout et le métal sous-jacent est attaqué jusqu'à une profondeur que l'on règle à volonté par la durée de cette opération. Il ne s'agit plus alors que de rincer la pièce et de la passer au bain d'or ou d'argent à froid. Le métal précieux se dépose dans les creux de façon à reproduire le dessin. On enlève le vernis et l'on finit la pièce par un polissage soigné.