‹ Traité d'électrométallurgieChapitre 61 sur 187 · Cuivrage intermédiaire. Procédé Oudry · texte numérisé non relu

Cuivrage intermédiaire. Procédé Oudry

La fonte est recouverte d'abord d'une enveloppe isolante qui est, soit un vernis composé de minium et de matières résineuses avec une couche de plombagine pour rendre la surface conductrice, soit une peinture épaisse formée d'huile chaude et de poudre de cuivre en suspension, que l'on sèche à l'étuve et qui est ensuite brossée avec une brosse métallique et de la poussière de cuivre.

IjSl pièce ainsi recouverte est passée dans un bain galvanique de :

Sulfate de cuivre à saturation Acide hbre . . . 10 p. c.

Les inconvénients de ce procédé sont :

1. La nécessité pour les ouvriers de manipuler des matières toxiques : ceruse, cuivre.

2. L'obligation où l'on est de donner à .la couche de cuivre une épaisseur d'un demi-millimètre et même d'un millimètre et plus, pour obtenir un dépôt d'une certaine solidité.

3. L'impossibilité, vu la couche isolante interposée, de reproduire les finesses de détail.

4. La fréquence des déchirures occasionnées par les chocs, déchirures que l'on doit réparer au moyen d'un ciment composé de résine et de poudre de cuivre à appliquer à chaud.

5. Enfin le prix assez élevé du cuivrage (i fr. à i^'*-,50 par kiiog. des pièces cuivrées).

Il est juste de dire toutefois que le procédé Oudry a été le premier procédé de cuivrage industriel, qu'on lui doit, par exemple, les candélabres et certains monuments publics de la ville de Paris.

C'est par un procédé de cuivrage sur enduits isolants qu'ont été cuivrés à l'usine de Haeren, les candélabres qui sen^entà l'éclairage des nouveaux boulevards de Bruxelles.

159. Cuivrage direct. Procédé Weil. Le bain employé par M. Weil pour cuivrer directement est une liqu^r alcaline composée de :

Sulfate de cuivre,

Tartrade de soude ou de potasse,

Soude caustique.

Cette solution dissout l'oxyde de fer et le décapage se fait ainsi en même temps que le revêtement. On y suspend les objets à l'aide de fils de zinc.

Quant à la manière d'opérer, on peut :

a) Ou bien placer dans la cuve contenant le bain cuivrique des vases poreux remplis d'une lessive de soude caustique, dans laquelle on plonge des lames de zinc que l'on réunit aux pièces à cuivrer par un fil de cuivre.

b) Ou bien supprimer les vases poreux, mais alors, le zinc se dissout dans le bain lui-même, qui doit être ainsi renouvelé assez souvent.

c) Ou bien faire usage des mêmes bains avec une dj^namo. On ajoute au bain de temps en temps une quantité d'oxyde

de cuivre que l'on détermine par un titrage préalable.

160. Cuivrage direct. Procédé Gauduin. Voici ce procédé tel que l'a décrit son auteur :

« Beaucoup d'acides organiques, et principalement les acides r organiques poly basiques , tartrique, oxalique, succinique, « citrique, malique et autres jouissant de propriétés analogues, » combinés aux oxydes de cuivre et aux oxydes alcalins à -» l'état de sels doubles acides, comme dans les bitartrates, les '' bioxalates, les quadroxalates, les bisuccinates, bicitrates, « bimalates alcalins, combinés aux sels de cuivre corresponw dants et avec excès d'acide, quand ils n'attaquent pas trop »♦ fortement le fer, sont plus ou moins propres à donner un

V bon dépôt. Une température de 40 à 60 degrés facilite le «'travail. L'emploi d'un courant électrique fourni par une ^ source d'électricité quelconque est nécessaire, quand on veut w obtenir une forte épaisseur de cuivre. Il est inutile de décrire « la manière d'employer ce courant, ainsi que le décapage »' préalable du fer ou de la fonte, ces opérations n'ayant rien ^ de particulier à ce procédé.

" On peut aussi, au moyen de ces bains, déposer sur le fer, « la fonte et l'acier des alliages de cuivre et d'étain, de cuivre

V et de zinc, de cuivre et d'aluminium (bronze, laiton, bronze « d'aluminium). Il suffit de mêler aux bains de cuivre décrits

V plus haut un bain semblable d'étain, de zinc, d'aluminium « en quantité inversement proportionnelle à la conductibilité " électrique des deux bains et d'opérer avec des anodes solubles »? en bronze, laiton, bronze d'aluminium. On peut aussi arriver » aux mêmes résultats en faisant fonctionner pendant quelque « temps un bain de cuivre avec une anode soluble en bronze, « laiton, bronze d'aluminium ou mieux d'étain, zinc, alumi- « nium, en ayant soin de bien proportionner la tension du « courant électrique à la surface à recouvrir. C'est là une con- » dition essentielle à la réussite de l'opération, car un courant » faible n'affecte que le -sel de cuivre, tandis qu'un courant fort « affecte de préférence les autres métaux. «

Le sel double employé est de l'oxalate double de cuivre ammoniacal, l'ammoniaque permettant d'obtenir des bains plus riches et par conséquent meilleurs conducteurs.

Préparation des objets. Les pièces, avant d'être mises au bain, sont dégraissées à la potasse et décapées à l'acide sulfurique, puis rincées. Les anodes sont en cuivre; pour entretenir le bain, on y ajoute de temps en temps une petite quantité d'une dissolution ammoniacale de cuivre. Grâce à cette précaution, le bain peut servir très longtemps.

Aussitôt que la pièce est recouverte d'une couche de cuivre suffisante pour qu'on n'ait plus à craindre l'attaque du fer par

Tacide sulfurique, on la retire et on la plonge pour terminer dans un bain de

Sulfate de cuivre à 10 p. c. d'acide sulfurique libre, qui est plus économique et permet de marcher avec un courant plus faible tout en donnant un dépôt plus i^pide.

Le procédé Gauduin est exploité par le société du Val d'Osne. Tout le monde a pu admirer les œuvi^es d'art qu'elle avait exposées à Paris en 1878.

Page 1