RÉACTION DIFFÉRENTE DU NERF CONTRE LE COURANT FARAD. ET GALVAN
Ainsi augmentation de l'excitabilité pour TAnO.
2° Paralysie a frigore du nerf radial, 8 jours. KaFS avec 21° de deviat. aig. 33" de déviât, aig.
KaDS > « 38° « 37° «
AnFS « 36° « 3o° «
AaOS « 32° « 23° «
Ici donc, abaissement de l'excitabilité pour la KaP et élévation de cette excitabilité pour PAnO.
Mais on ne réussit pas toujours dans les paralysies récentes à démontrer que les choses se passent ainsi, et il faut à cet égard une plus ample exploration et confirmation.
d. Manière différente dont le nerf se comporte envers le courant faradique et le courant galvanique.
Dans les premiers temps qui suivirent la découverte delà DR la plupart des observateurs attribuèrent aussi aux nerfs moteurs la façon différente dont se comportent les muscles envers les courants faradique et galvanique. J'ai d'abord démontré d'iniquement (et l'expérimentation m'a donné raison) que ce n'est pas exact et que, dans la réaction de dégénérescence, le nerf se comporte absolument de la même manière envers les courants faradique et galvanique, ce qui constitue une différence essentielle avec le muscle. Il parut aussi en fait que c'était laie cas dans toutes les circonstances ; du moins dans les innombrables explorations dirigées en ce sens, il ne s'est jamais présenté autre chose chez l'homme en qui se manifestait la DR.
Cependant il existe des faits isolés qui prouvent que cette modification de l'excitabilité électrique, qu'a priori l'on peut regarder comme possible, existe réellement dahs le nerf. J'ai constaté sur un nerf de grenouille écrasé, le premier fait expérimental rentrant dans cette catégorie : inexcitabilité faradique de ce nerf, excitabilité galvanique conservée mais diminuée en présence de courants galvaniques ayant une courte durée. J'ai critiqué moi-même, mon observation 1. c. ; je dois encore aujourd'hui maintenir la critique que j'en ai faite ; la circonstance que Cyon prétende avoir vu quelque chose d'analogue, dans un seul cas, sur un nerf écrasé de lapin, ne peut pas me suffire pour regarder ce fait comme complètement vérifié. Les assertions de Leegaard sur ce point sont pareillement incertaines.
Tout récemment Bernhardt a constateriez l'homme, dans un cas de paralysie cubitale traumatique à une de ses dernières phases, sur le nerf cubital, un notable abaissement de t excitabilité faradique (de 20 à 30 mil.) et une augmentation remarquable de l 'excitabilité galvanique (de 6 à 8 éléments) ; malgré l'absence de la détermination de la
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RC. ce fait parait assez positif pour être enregistré. Mais le cas appartient à la réaction de dégénérescence, malgré l'incompréhensible et réitérée affirmation de l'auteur, qu'aucune DR n'était en question : car d'après l'observation publiée, il y avait dans les muscles innervés par le nerf cubital, une augmentation d'excitabilité galvanique, une prépondérence de la AnFS, une forme de secousse lente et paresseuse, alors que l'excitabilité faradique avait baissé de beaucoup ou même disparu entièrement. Cet état que jusqu'ici n'avait, été relevé par aucun autre observateur, se relie donc aux faits expérimentaux rares, mentionnés ci-dessus. Il serait à désirer que par des observations renouvelées et plus exactes, la présence de la diminution de l'excitabilité en face d'un courant (faradique) de peu de durée et de l'augmentation de l'excitabilité, contre des courants (galvaniques) de longue durée, pût définitivement être aussi établie pour le nerf moteur.
Cette façon de se comporter du muscle, est déjà connue depuis longtemps et a été ramenée à ses principes physiques ; malgré cela Adamkiewicz s'est vu obligé récemment d'établir une réaction des muscles isogalvanique et isofaradique ; mais la base de cette exposition ne me parait pas suffisamment établie sur des faits pour que je puisse m'en occuper d'une manière plus intime. Mais je n'ai pas pu trouver sur quel motif logique se fondait Adamkiewicz pour conclure, d'après ce qu'il avait trouvé dam les muscles, que l'hypothèse, depuis longtemps réduite au néant d'Eulenburg « des énergies spécifiques de l'appareil nerveux moteur, pour l'excitation galvanique, faradique et volontaire » soit exacte. Ou bien n'aurait-on pas encore suffisamment démontré que le nerf et le muscle se comportent tout différemment l'un de l'autre, à cet égard?
e. Période latente d'irritation dans l'excitation faradique
des muscles.
M. Mendelsohn a mesuré, au moyen d'un appareil indiqué par Marey, la période de l'excitation latente sur les muscles de l'homme vivant ; le courant galvanique servait d'excitant.
Il trouva cette période d'une longueur variable, en moyenne 0,006- 0,008 sec. , et dépendante, d'une part, de l'intensité du courant excitant, d'autre part de l'excitabilité et de la contractilité des muscles.
Dans des circonstances pathologiques, on remarqua bien des déviations dans la durée de cette période latente ; elle est ici aussi en raison inverse de l'excitabilité et de la contractibilité des muscles. Sa durée diminue régulièrement dans les muscles contractés ; elle augmente en présence et sous l'action de perturbations trophiquesdans les muscles. Conformément a cela Mendelsohn observa une diminution de la période latente (jusqu'à 0,003 sec), dans des hémiplégies avec
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contracture des muscles, dans la paralysie spinale spastiqnè, dans la chorée,etc.,'par contre une prolongation de celle-ci (dek0, 02 — 0,01 sec). dans des hémiplégies compliquées d'atrophie, dans l'atrophie musculaire progressive, dans la sclérose latérale amyotrophique, dans le tabès à sa période de paralysie et d'atrophie, et de plus dans l'hystérie (0,009—0,015 sec).
C'est ainsi qu'est ouvert à l'exploration électrodiagnostique un nouveau champ qui mérite bien d'être étudié avec un peu plus de soin : il y aurait un grand intérêt à approfondir de plus près la manière dont se comporte la période latente, dans la DR.
f. Les contractions diplégiques.
Sous ce nom, R. Remak a, le premier, attiré l'attention sur de singuliers phénomènes de contraction qui se produisent dans des cas rares, et lorsque les électrodes du courant galvanique sont disposées d'une certaine façon. En effet si l'on place un pôle positif, en forme de bouton, dans une fosse mastoïdienne ou rien que sur la région de la nuque la plus rapprochée, et par contre un pôle négatif large, plat, entre les omoplates ou même encore plus profondément sur l'autre côté de la colonne vertébrale, des mouvements particuliers, plus ou moins vifs et expansifs se manifestent dans le bras, d'un nom différent de celui de l'anode, même quand les électrodes ne sont pas déplacées. Ces secousses manquent, dit-on, quand la position des électrodes est inverse, et même quand on transporte le pôle négatif dans la zone de la nuque, et Remak les appela diplégiques, parce qu'elles sont produites, assuret-on, par la rencontre simultanée de deux points éloignés l'un de l'autre.
Remak considéra les secousses comme réflexes et il regarde comme leur principal point de départ le ganglion cervical supérieur, plus tard l'excitation simultanée de deux ganglions sympathiques. Voilà pourquoi les électrodes doivent être placées loin l'une de l'autre. Avec la strychnine, on peut faciliter l'apparition des contractions diplégiques. Rémak les trouva particulièrement dans l'atrophie musculaire progressive et dans l'arthrite noueuse et il leur attribue, par rapport au traitement galvanique, au moyen de cette disposition diplégique, des cures remarquables dans ces maladies.
Les observateurs ultérieurs ont rarement vu ces phénomènes et ne les ont pas appréciés convenablement. Il semblerait aussi qu'il ne s'est pas toujours agi des mêmes phénomènes. Drissen trouva les contractions diplégiques dans une névrose vasomotrice et dans une parésie des nerfs du bras ; Mor. Meyer, dans une paralysie arsenicale ; Fieber, dans une paralysie saturnine, dans la paralysie apoplecti-
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que, etc.; Eulenburg, dans la paralysie saturnine; Eisenlohr, comme indice delà paralysie bulbaire (maison plaçant les pôles inversement). Moi-même j'ai vu de faibles contractions diplégiques, dans un cas d'atrophie musculaire ; dans un cas de paralysie atrophique des bras, avec troubles de la sensibilité et trophiques de la peau (névrite ? douleurs spinales?), elles ne se manifestèrent nettement, qu'après que le malade eut pris pendant quelque temps de la strychnine ; en disposant les électrodes à droite, il se manifesta dans la main gauche des commotions assez vives (fortes et fibrillaires) ; dans un 3e cas d'une atrophie difficile à expliquer et devenue fixe, des muscles de la main et de l'avant-bras, se manifestèrent des contractions rhythmiques spasmodiques, dans différents doigts et dans les muscles de l'avant-bras, avec une excitation diplégique et sous deux directions de courant; mais une excitation directe du plexus brachial laisse les muscles en repos.
Ce que les différents observateurs conseillent, relativement à la meilleure manière et façon de produire ces commotions, ne concorde que peu avec les indications de Remak. Fieber put aussi provoquer les contractions avec le courant faradique et prétend avoir, en expérimentant sur des lapins, confirmé le fait que Je ganglion le plus élevé du cou est leur point de départ. Mor. Meyer les provoqua, en prenant d'autres points de dépari (creux épigastrique, sternum), tandis qu'Eulenburg les vit se manifester, lors d'une application croisée et même unilatérale sur n'importe quel point de la surface du tronc, avec un courant stable ou lahile ; il rejette la théorie des rapports du sympathique avec ce phénomène, sans rien mettre de meilleur à sa place, lorsqu'il ramène le fait à une exagération de l'irritabilité musculaire et de l'excitabilité des centres réflexes. Bénédikt a vu le phénomène, même sous une direction de courant opposée et avec le courant faradique ; d'après ses observations, les contractions se manifestent toujours du côté où le sympathique est excité et il les trouve surtout dans tous les cas caractérisés par une augmentation de l'excitabilité réflexe de la sensibilité, à la pression du sympathique du cou, voire même dans presque toutes les névroses.
C'est là, comme vous le voyez, une abondance de données contradictoires qui. le plus souvent, n'ont pas l'apparence d'une grande certitude et dont ne ressort pas, avec évidence, l'idée des contractions diplégiques. Elle sont actuellement tombées, à ce qu'il me semble, dans un oubli peut-être immérité; ces données n'ont d'ailleurs pas fourni d'éléments importants ni pour le diagnostic ni pour la thérapeutique. Les brillants succès thérapeutiques, rapportés par Rémak, pourraient bien s'expliquer d'une manière différente.
A ce domaine des phénomènes réflexes, appartiennent aussi sans