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ONZIÈME LEÇON

Sommaire : Modifications qualitatives et quantatives plus rares de l'excitabilité électrique :a. augmentation de l'excitabilité secondaire 'réaction convulsible). b. Diminution de l'excitabilité secondaire (réaction d'épuisement), c. Modifications qualitatives de la loi de secousse dans le nerf moteur, d. Manière différente dont le nerf se comporte envers le courant faradique et le courant galvanique, e. Période excitante latente lors de l'excitation faradique des muscles, f Les contractions diplégiques. B. Ëlectro diagnostic des nerfs sensibles. Anomalies de la sensibilité faradocutanée et faradomusculaire.

Modifications qualitatives et quantitatives plus rares de 1 excitabilité électrique.

Dans ce chapitre, je résumerai brièvement ce qui a été occasionnellement observé et admis en fait de formes de réaction électrique, de toute espèce, plus rares, et dépourvues pour le moment encore de signification au point de vue pratique. Ce sont des choses, dont les unes n'ont pas encore obtenu leur naturalisation scientifique, dont l'existence et l'importance sont encore en question et qui jusqu'ici ne justifient d'aucune façon des conclusions diagnostique? dignes d'être mentionnées.

a. Benedikt a désigné, sous le nom de réaction convulsible une modification d'excitabilité quantitative qui consiste en ce qu'après une courte action du courant, il se manifeste des secousses bien plus vives et plus fortes que dans l'état normal et qui peuvent même devenir des secousses convulsives. C'est là probablement ce que Brenner entend par augmentation de F excitabilité secondaire. Brenner entend par excitabilité secondaire ce degré d'excitabilité, exprimable par des nombres, qui est produit par l'influence du courant d'examen lui-même sur les nerfs. Si donc, par exemple, un nerf donne au commencement avec 16 éléments la première KaFS, mais la donne déjà avec 1:2 éléments, après une action un peu prolongée du courant, 16 éléments indiquent l'excitabilité primaire et 12 éléments l'excitabilité secondaire de ce nerf. Plus ces nombres se séparent les uns des autres (ainsi dans l'exemple

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précédent, le deuxième nombre environ à 10. 8, 6 éléments), plus est faible par conséquent le nombre d'éléments agissant plus tard par rapport à la force du courant faradique, plus est forle par conséquent l'excitabilité secondaire, et vice versa. Malheureusement des recherches exactes n'ont pas encore pu indiquer la part que prennent à cette' excitabilité secondaire les modifications de la résistance de conductibilité, par le fait du courant lui-même ; on sait que ces modifications sont très considérables comme je vous l'ai déjà expliqué précédemment ; vous aurez donc ainsi, comme le pense aussi E. Remak, la part du lion dans la fixation de ce phénomène. Brenner lui-même a bien senti cela : aussi n'ajoute-t-il à ses indications qu'une valeur limitée.

Il a cependant, incidemment, des cas qui indiquent une modification réelle d'excitabilité dans ce sens, comme, par exemple, dans certaines psychoses, dans des tumeurs cérébrales (Petrina), dans maintes maladies accompagnées de crampes, dans la chorée, la tétanie, etc., mais ce phénomène n'a pas encore grande valeur pratique.

Bénédikt indique aussi qu'en fermant et en ouvrant la chaîne, au lieu d'une simple secousse, il a produit une crampe chronique, clonus de fermeture et d'ouverture, ce qui ne serait pas sans analogie physiologique. Peut-être faut-il faire rentrer dans cette question la forme spéciale de réaction décrite par d'Artens sous le nom de « palmospasme électrique, » phénomène que, à ce qu'il parait, personne n'a plus observé depuis. Dans un cas d'atrophie musculaire progressive de l'extrémité supérieure droite, se manifesta après l'enlèvement des électrodes d'un courant faradique assez fort ou, à l'ouverture d'un courant galvanique assez fort dans les nerfs du bras, un mouvement violent, ressemblant à une crampe de la partie antérieure du bras et de la main, mouvement composé de mouvements alternatifs de latéralité, d'extension, de flexion etc.; ces crampes durèrent deux minutes et demie, sans que la volonté pût les supprimer. Ce phénomène aurait duré quelques mois.

b. Le contraire de l'anomalie précédente est la diminution de l'excitabilité secondaire, la réaction de l'épuisement (et. peut-être aussi ce que Bénédikt a décrit plus tard sous le nom de Lûckenréaction). Tandis que des nerfs et des muscles sains ne manifestent pas d'épuisement qui vaille la peine d'être mentionné, et sont excités longtemps et souvent par le même excitant une fois actif, il arrive, dans les circonstances pathologiques que la force du courant, active au début, ne soit plus active plus tard et que l'excitabilité secondaire soit alors marquée par une force de courant plus élevée, au lieu de l'être par une force de courant moins élevée. Il s'agit donc ici d'un accroissement négatif d'excitabilité, par l'action du courant, d'une sorte de fatigue rapide et d'épuisement du nerf. Par exemple la contraction

RÉACTION D'Él'UlSEMENT 19!>

minime se manifeste d'abord par 180 millim. de dislance des bobines, quelques temps après seulement par 160 millim.: puis à ce degré encore il n'y a rien et il faut 140 mil. de distance des bobines pour exciter le nerf; ou bien la première KaFS survient, avec 10 élément; en répétant la KaF, la secousse devient de plus en plus faible, pour disparaître finalement et elle ne peut revenir qu'avec 18 ou 20 éléments. Plus est grande la possibilité d'épuisemeni. plus est long aussi le temps nécessaire pour que le nerf ou le muscle reprenne force Brenner).

Cette modification non plus n'a pas été observée souvent; mais en tout cas elle a été plus fréquente que la forme précédente ; elle est aussi bien moins dépendante de sources d'erreurs et plus facile à constater, sans l'aide du galvanomètre (abstraction faite des appareils peu sûrs et épuisablesj. On l'a vue dans les paralysies par maladie des hémisphères cérébraux et par atropbie musculaire progressive (Bénédikt), dans des hémiplégies apoplectiques (Brenner); O. Berger la trouva dans un cas d'hypertrophie musculaire, par une excitation faradique des muscles ; Salomon, dans un cas qui rentre vraisemblablement dans la poliomyélite chronique antérieure, passagèrement pendant l'abaissement lent et insensible de l'excitabilité faradique des muscles, en transition vers la DR, et dans un cas de névralgie sciatique invétérée. Moi-même j'ai constaté une fois le fait pour le courant galvanique, dans un cas de paralysie agitante, alors que l'excitabilité galvanique avait baissé en même temps. Mais cette modification même n'a pu obtenir une importance notable et pratique en diagnostic.

c. Modification qualitative de la loi de secousse dans le

nerf.

Autant les modifications qualitatives de la loi de secousse sont fréquentes dans le muscle, autant elles sont rares dans le nerf ; il n'existe là-dessus que très peu d'observations, encore sont-elles insuffisantes en partie. Brenner déclare, malgré sa longue expérience, n'avoir jamais vu des modifications qualitatives des secousses provenant du nerf.

Leegaard a trouvé une fois expérimentalement AnFS > KaFS et une fois KaOS > AnUS dans une secousse courte, rapide.

Moi-même, dans deux cas, j'ai remarqué sur le nerf cubital, à la suite d'un examen soigneux et rigoureux, l'apparition de la AnFS avant celle de la KaFS, la secousse ayant un caractère purement nerveux (courte et rapide comme l'éclair).

Les deux cas concernaient des maladies chroniques de la moelle épi-

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nière ; l'un était un tabès dorsalis dans lequel, dans les deux cubitaux, avec des forces de courants faibles la AnFS se montra plus tôt et était plus forte que la KaFS (par 6 et 10 éléments) tan dis que, avec des forces de courant, plus élevées (de 12 à 16 élém.), la KaFS l'emporta de plus en plus. Dans l'autre cas la même chose se présenta identiquement ; il s'agissait d'une affection spinale compliquée, (paralysie spastique des jambes, parésie avec exagération des réflexes des bras, troubles de la sensibilité, traces d'ataxie, etc. seulement dans le bras gauche, etc.). Il se produisit seulement dans le cubital gauche une apparition plus précoce et plus énergique de la AnFS, avec des forces de courant faibles, tandis qu'avec des courants plus forts se manifesta l'état normal. Un examen plus précis donna en conséquence :

Avec 10 Elém. AnFS' KaF —

» 12 « AnFS > KaFS.

« 14 » AnFS' > KaFS.

« 16 » AnFS' = KaFS'.

« 18 .» KaFS'' « > AnFS', AnOS.

-> 20 » KaFS" » > AnFS', AnOS, KaOS.

Ces résultats furent constamment obtenus dans des explorations répétées; il faut encore mentionner que la KaOS, se manifesta presque en même temps que la AnOS. Ultérieurement, les même faits, se produisirent dans le nerf radial et médian du bras gauche. Dans les troncs nerveux du bras droit, ainsi que dans les deux péroniers, l'excitabilité galvanique parut qualitativement absolument normale.

Petrina a plusieurs fois constaté une semblable prépondérance de la AnFS dans les tumeurs cérébrales. Dans un autre cas d'affection invétérée, probablement sclérosique, de la moelle cervicale, avec parésie spastique, contracture au bras droit, j'ai trouvé nettement dans le nerf cubital l'AnOS > KaFS ; dans ce nerf, l'AnOS était, en général, la première à se manifester. Chvostek parut avoir observé dans un cas de tétanie un fait semblable, sur les nerfs du bras, l'AnOS cmime la première réaction.

On doit considérer comme une anomalie qualitative de la loi de secousse le fait constaté par Rumpf, à savoir que l'AnOS se manifeste plus tôt et plus aisément, quand les nerfs en question sont détachés de l'organe central. Ce fait découvert expérimentalement a été constaté par Rumpf chez l'homme aussi, dans des cas précis de paralysie motrice récente. Je cite deux de ces cas.

1° Paralysie du nerfradial produite par des béquilles ; 15 jours.

^■ôtê sain Coté malade

KaFS avec 1 1° de deviat. aig. 12° de déviât, aig.

AnFS « 29° « 30° «

AnOS « 35° « 25° «

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