C. Modifications de l'excitabilité électrique des nerfs du
cerveau.
1. A mon grand regret, je dois vous avouer ici qu'en ce qui concerne les conditions pathologiques de l'excitabilité électrique de l'œil on n'a fait jusqu'ici sur la rétine et le nerf optique qu'excessivement peu d'explorations et de découvertes bien que peut-être l'œil, mieux que tout autre organe, paraisse par son accessibilité, par la fréquence et l'importance de ses affections nerveuses et par ses rapports intimes avec beaucoup de maladies graves du système nerveux central, et d'autres organes du corps, paraisse, dis-je, mériter d'être l'objet de semblables recherches et pouvoir donner aussi des résultats précieux. On se rend aisément compte qu'il y a là des faits variés, intéressants et importants à découvrir. Rencontre- t-on des modifications qualitatives de la loi optique d'excitation (changements des couleurs, des réactions d'ouverture et de fermeture, etc.) dans des maladies de la rétine ou de l'optique ? Jusqu'à quel point se manifestent des anomalies quantitatives, dans les différentes formes et phases de l'amblyopie?
Il serait intéressant d'établir, si, dans les maladies des milieux transparents de l'œil, l'excitabilité de la rétine et de l'optique est restée intacte ; comment se comportent les sensations lumineuses dans l'hémianopie, dans les scotomes centraux, etc. ? enfin si dans les maladies périphériques de la rétine et de l'optique, il y a encore des sensations lumineuses et galvaniques provoquées par l'excitation des fibres centrales dans le tronc de l'optique ou du tractus optique ou peutêtre du cerveau (certaines parties de l'écorce)? C'est là une question delà plus haute importance physiologique et qui n'est certainement pas sans importance pratique.
De tout cela, on ne connaît malheureusement rien ou du moins très peu de chose. On savait, il est vrai, depuis assez longtemps, que Ja réaction galvanique de l'appareil optique diminue et disparaît, dans l'amaurose, dans l'atrophie des nerfs optiques, etc., mais Neftel, le premier, donna quelques indications détaillées, basées sur la méthode d'exploration de Brenner. II trouva, dans un cas d'hémianopie un