ACOUSTIQUE : SIMPLE HYPERESTOÉSIE GALVANIQUE
a. La simple hyperesthèsie galvanique de l'acoustique.
Elle se caractérise par une facilité plus ou moins grande d'excitabilité du nerf auditif \ sans aucune modification de la formule normale. West souvent en effet très étonnant de voir avec quelle facilité le nerf auditif réagit dans de pareils cas : avec des courants à peine sensibles, ne touchant presque pas l'aiguille galvanométrique, on obtient la formule complète des réactions de l'acoustique. Même quand l'électrode est placée dans la fosse sus-claviculaire ou sur la nuque, les malades de cette catégorie accusent souvent à l'improviste et sans y être invités, qu'ils entendent sonner dans l'oreille, quand cette électrode est le pôle négatif. Tels sont les cas à l'aide desquels on peut prouver à l'œil le plus faible et au sceptique le plus opiniâtre, l'existence, la précision et la régularité de la réaction galvanique de l'acoustique.
Ainsi une augmentation de la faculté de réaction même avec des forces de courant très faible, est le premier et le plusétonnantcritérium de cette hyperesthèsie galvanique. Celle-ci ne se manifeste pas seulement en ce que des sensations sont éprouvées de très bonne heure à la KaF, mais encore en ce que la sensation de AnO apparaît déjà avec des forces de courant relativement très faibles et tout près de la KaFF.
Plus loin on trouve aussi : que les sensations de son deviennent extrêmement bruyantes et vives et sont d'un timbre et d'un caractère très accentués (sifflement bruyant, frémissement, bruissement, sonnerie de cloches, etc.); en outre que les sensations de son se prolongent extraordinairement longtemps ; qu'elles sont d'une durée bien plus grande qu'à l'ordinaire, de telle sorte que, très promptemenl, le son de KaF persiste pendant toute la durée de la fermeture de la chaîne, bien qu'avec une intensité un peu décroissante (qu'ainsi la réaction de la durée du pùle négatif oc = une durée infinie) et que de même la réaction de l'ouverture du pôle positif qui d'ailleurs n'est que tout à fait momentanée, se change en un tintement bruyant, durant plus ou moins longtemps (quelquefois de 20 à 40 sec.) puis s'éteignant peu à peu.
La formule pour l'hypéresthésie simple de l'acoustique telle qu'on l'obtient déjà avec des courants bien plus faibles que sur le nerf normal (peut-être avec 12, 8, 4 élem., contre 16 pour le normal), celte formule s'exprime par conséquent ainsi :
KaFT'" très forts tintements dans l'oreille
KaDT o° tintements prolongés tant que dure la fermeture de la chaîne
KaO — rien
AnF — rien
AnD — rien
AnOT' > tintements vifs, s'éteignant peu à peu.
Brennera démontré, de plus, pour cette hyperesthèsie, qu'en elle,
212 ÉLECTRODIAGNOSTIC
l'excitabilité secondaire et tertiaire est essentiellement augmentée et que même dans sa façon de se comporter envers des fluctuations simples, positives et négatives, ou sous différents autres rapports, l'augmentation de l'excitabilité se manifeste.
Gomme un degré particulièrement élevé de cette hyperesthésie, on doit admettre ce que Brenner a désigné et décrit sous le nom de réaction paradoxe. Celle-ci se caractérise brièvement en ce que, quand on n'arme et n'explore qu'une seul oreille et que l'on tient l'autre électrode dans la main, au sternum ou ailleurs, dans une position fixe, l'oreille non armée réagit simultanément, tout à fait dans le sens de l'électrode indifférente, comme si elle était armée de cette dernière. Cefait semble paradoxal, seulement parce que Brenner a prouvé que l'oreille ou l'acoustique réagit toujours dans le sens de l'électrode la plus rapprochée ; il faudrait donc dans l'expérience mentionnée s'attendre à ce que l'oreille non armée réagisse aussi dans le sens de l'électrode de l'oreille armée, celle-ci étant bien plus rapprochée que celle que l'on tient à la main ou que l'on place sur le sternum ; or ceci n'est pas le cas, c'est tout le contraire qui arrive. Mais on peut montrer très facilement, sohoma ,ie uLwbution .i„ cou- comme je l'ai dit en temps et lieu, que, dans iïSi^^^lriïiï^ le mode d'exploration, précité, toutes les
du pôle négatif virtuel suivant une , , . . ,
coupe transversale au cou. tramées de courant, qui entrent par une
oreille, sont forcées d'évacuer le crâne en passant par le cou (fig. 2ï> que l'électrode indifférente soit sur la nuque, sur le sternum, dans la main ou sur une jambe. Mais dans toutes ces circonstances, c'est comme si l'électrode indifférente occupait la section transversale du cou. Mais l'oreille non armée est en tout cas plus rapprochée de la section transversale du conque l'oreille armée ; elle est donc obligée de réagir dans le sens de l'électrode indifférente qui se trouve au cou. De la sorte, ce phénomène perd toute apparence paradoxale. Il n'est pas autre chose que l'expression dune excitabilité galvanique de l'acoustique tellement élevée que même les faibles traînées de courant, arrivant à l'oreille non armée sont en état de provoquer dans celle-ci des sensations de son. Il vaudrait peut-être mieux laisser retomber dans le néant l'expression de réaction paradoxe. Pour montrer comment le fait se déroule, citons le cas suivant d'une simple hyperesthésie bilatérale de l'acoustique.
Observation. — Electrode A à 1 oreille g. électrode B à la main.